Général et homme politique romain, sept fois consul. Vainqueur de Jugurtha et des invasions cimbres et teutonnes, il réforma profondément l'armée romaine en ouvrant le recrutement aux citoyens les plus pauvres.
Marius(157 av. J.-C. — 85 av. J.-C.)
Caius Marius
Rome antique
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né vers 157 av. J.-C. à Arpinum, mort en 86 av. J.-C. à Rome
- Élu consul pour la première fois en 107 av. J.-C., il sera consul à sept reprises
- Met fin à la guerre de Jugurtha (105 av. J.-C.)
- Écrase les Teutons à Aix (102 av. J.-C.) puis les Cimbres à Verceil (101 av. J.-C.)
- Réforme militaire ouvrant la légion aux prolétaires (capite censi) et professionnalisant l'armée
Œuvres & réalisations
Ouverture du recrutement aux citoyens sans fortune (capite censi) et professionnalisation des légions. Cette réforme transforma durablement Rome et lia les soldats à leurs généraux.
Fin de la longue guerre de Numidie par la capture du roi Jugurtha. Marius en tira un immense prestige politique.
Marius fit de l'aigle d'argent l'emblème unique et sacré de chaque légion, renforçant la discipline et l'identité des troupes.
Écrasement de l'invasion teutonne près d'Aix-en-Provence. Cette victoire sauva la Provence romaine d'une catastrophe.
Anéantissement des Cimbres dans la plaine du Pô, écartant définitivement la menace germanique. Marius fut acclamé comme sauveur de Rome.
Uniformisation de l'armement fourni par l'État et entraînement intensif des légionnaires, dont la sarcina (paquetage individuel).
Marius fut élu consul sept fois, dont cinq fois consécutivement, un record absolu sous la République romaine.
Anecdotes
On surnommait Marius « le troisième fondateur de Rome » après Romulus et Camille, car il avait sauvé la cité des invasions germaniques. Pourtant, ce héros venait d'une famille modeste d'Arpinum : il était un « homme nouveau » (homo novus), sans ancêtre consul, ce qui était rarissime dans une Rome dominée par la noblesse.
Avant la bataille décisive contre les Teutons à Aix-en-Provence en 102 av. J.-C., Marius fit volontairement camper ses soldats face à l'immense armée ennemie qui défilait pendant six jours entiers. Il voulait que ses hommes s'habituent à la vue et aux cris terrifiants des Germains pour ne plus en avoir peur le jour du combat.
Marius transforma l'armée romaine en autorisant les citoyens les plus pauvres, les capite censi, à s'engager. Désormais l'État fournissait l'équipement. Comme les soldats portaient eux-mêmes tout leur matériel pour alléger les convois, on les surnomma en plaisantant « les mulets de Marius ».
Vieilli et tombé en disgrâce, Marius dut fuir ses ennemis et se cacha un temps dans les marais de Minturnes. Selon la tradition, un soldat envoyé pour le tuer fut si impressionné par le regard et la voix du vieux général qu'il s'enfuit sans oser frapper.
La rivalité entre Marius et son ancien lieutenant Sylla dégénéra en guerre civile, la première de l'histoire romaine. En 87 av. J.-C., Marius reprit Rome par la force et se fit élire consul pour la septième fois, accomplissant une vieille prophétie, mais il mourut quelques jours après son entrée en fonction.
Sources primaires
Comme il était d'une naissance obscure et qu'il devait tout à son courage, on l'appelait un homme nouveau. Sa vie entière fut un combat contre la noblesse de Rome.
Marius déclara au peuple : « Je ne puis, pour garantir ma loyauté, montrer ni les portraits de mes ancêtres, ni les triomphes et les consulats des miens, mais, s'il le faut, des lances, un étendard, des décorations militaires et des cicatrices reçues par-devant. »
La plaine de Verceil fut couverte de morts ; on dit que plus de cent mille Barbares furent tués ou faits prisonniers, et Marius reçut les honneurs du triomphe le plus éclatant.
Marius fut un homme dont on ne saurait dire s'il fut plus grand à la guerre ou plus funeste durant la paix : autant il sauva l'État par les armes, autant il le déchira par ses fureurs.
Lieux clés
Petite cité du Latium où naquit Marius, également patrie de Cicéron. Symbole de ses origines provinciales et modestes.
Théâtre de la guerre contre le roi Jugurtha, où Marius gagna sa réputation de grand général.
Lieu de la victoire écrasante de Marius sur les Teutons en 102 av. J.-C., qui sauva la Gaule et l'Italie de l'invasion.
Site de la bataille décisive contre les Cimbres en 101 av. J.-C., anéantis par les légions de Marius.
Ville côtière du Latium dans les marais de laquelle Marius se cacha lors de sa fuite devant Sylla en 88 av. J.-C.
Centre de sa carrière politique, où il fut sept fois consul et où il mourut en 86 av. J.-C. au début de son dernier mandat.
Objets typiques

Javelot lourd du légionnaire romain, dont la pointe se tordait à l'impact pour rester plantée dans le bouclier ennemi. Selon Plutarque, Marius modifia le pilum pour qu'il se brise plus facilement.

Épée courte à double tranchant, arme principale du légionnaire au corps à corps. Sa maniabilité en faisait une arme redoutable dans les formations serrées.

Enseigne d'argent en forme d'aigle, emblème sacré de chaque légion. C'est Marius qui imposa l'aigle comme symbole unique des légions, renforçant leur cohésion et leur fierté.

Paquetage porté à dos d'homme contenant outils, vivres et matériel de camp. Imposé par les réformes de Marius, il valut aux soldats le surnom de « mulets de Marius ».

Armure de mailles métalliques protégeant le torse du soldat. Fournie par l'État après la réforme, elle équipa des hommes trop pauvres pour s'armer eux-mêmes.

Toge bordée de pourpre, vêtement officiel des magistrats supérieurs comme le consul. Marius la porta sept fois, un record dans l'histoire romaine.

Faisceau de verges entourant une hache, porté par les licteurs qui escortaient le consul. Ils symbolisaient le pouvoir de contrainte et de justice du magistrat.
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Vie quotidienne
Matin
En campagne, Marius se levait avant l'aube pour inspecter le camp fortifié et passer ses troupes en revue. Réputé pour son endurance, il partageait souvent les travaux et les repas frugaux de ses soldats afin de gagner leur fidélité.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux exercices militaires, aux marches forcées et à la construction d'ouvrages comme le canal qu'il fit creuser près du Rhône. À Rome, il recevait clients et alliés politiques et préparait les séances du Sénat ou les votes du peuple.
Soir
Le soir, sous la tente du général (le praetorium), Marius tenait conseil avec ses officiers pour planifier les opérations. Moins à l'aise dans les raffinements de l'aristocratie, il préférait la compagnie rude des hommes de guerre aux banquets élégants.
Alimentation
L'alimentation des légionnaires reposait sur le blé transformé en bouillie (puls) ou en galette, le lard, le fromage, les légumes secs et le vin coupé d'eau (posca). Marius se vantait de manger la même nourriture que ses soldats pour mieux les commander.
Vêtements
Au combat, Marius portait la cuirasse, le casque à crête et le manteau rouge (paludamentum) des généraux. Dans la vie civile à Rome, il revêtait la toge bordée de pourpre du consul, signe de sa haute magistrature.
Habitat
En campagne, il vivait sous la tente dans un camp romain méthodiquement fortifié, retranché derrière fossé et palissade. À Rome, il possédait une riche demeure (domus) acquise grâce à son butin militaire et à sa longue carrière.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Réforme de l'armée romaine
107 av. J.-C.
Victoire sur Jugurtha
105 av. J.-C.
Création de l'aigle comme enseigne légionnaire
vers 104 av. J.-C.
Victoire d'Aquae Sextiae sur les Teutons
102 av. J.-C.
Victoire de Verceil sur les Cimbres
101 av. J.-C.
Standardisation de l'équipement et de l'entraînement
vers 104-102 av. J.-C.
Sept consulats
107-86 av. J.-C.






