Mary Midgley (1919-2018) est une philosophe morale britannique, connue pour ses travaux en éthique animale et sa critique du réductionnisme scientifique. Elle défend une vision de l'être humain comme animal moral inscrit dans la nature.
Mary Midgley(1919 — 2018)
Mary Midgley
Royaume-Uni
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1919 à Londres, elle étudie la philosophie à Oxford pendant la Seconde Guerre mondiale
- Publie son premier livre, « Beast and Man » (1978), à près de 60 ans, ouvrage fondateur de sa réflexion sur la nature humaine et animale
- Critique virulente du « gène égoïste » de Richard Dawkins et du réductionnisme scientifique
- Figure majeure de l'éthique animale et de la philosophie morale du XXe siècle
- Décède en 2018 à l'âge de 99 ans, active intellectuellement jusqu'à la fin
Œuvres & réalisations
Son premier livre, qui situe l'être humain comme un animal parmi les autres et fonde sa réflexion sur la nature humaine et l'éthique.
Ouvrage majeur d'éthique animale interrogeant la frontière morale entre humains et autres animaux.
Essai sur la nature du mal moral, qu'elle refuse d'expliquer par une force extérieure et rattache à des tendances humaines ordinaires.
Critique de l'usage de la théorie de l'évolution comme un système de croyances totalisant.
Dénonciation du scientisme, c'est-à-dire de la science transformée en quête de salut ou en religion de substitution.
Réflexion sur la liberté humaine et la responsabilité morale à la lumière de l'évolution.
Analyse du rôle des métaphores et des images (comme la « machine » ou le « gène égoïste ») dans la pensée scientifique.
Autobiographie retraçant son parcours, ses études à Oxford et sa vocation tardive d'écrivaine.
Anecdotes
Mary Midgley publia son tout premier livre, Beast and Man, à l'âge de 59 ans seulement. Elle disait n'avoir écrit aucun ouvrage avant cet âge parce qu'elle n'avait pas encore eu, selon elle, quelque chose de vraiment clair à dire. Devenue ensuite l'une des philosophes les plus prolifiques de Grande-Bretagne, elle écrivit jusqu'à plus de 90 ans.
Étudiante à Oxford pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fit partie d'un cercle remarquable de quatre jeunes femmes philosophes — avec Elizabeth Anscombe, Philippa Foot et la romancière Iris Murdoch. Elle expliquait que le départ de nombreux étudiants masculins au front avait laissé aux femmes un espace inhabituel pour penser et discuter librement.
En 1979, elle s'attaqua frontalement à Richard Dawkins et à son livre Le Gène égoïste dans un article au titre cinglant, « Gene-Juggling » (« Jongler avec les gènes »). Elle l'accusait de transformer la biologie en une fable morale et de prêter des intentions aux gènes. Ce débat, parfois très vif, dura des décennies.
Mary Midgley se méfiait des grandes théories qui prétendent tout expliquer. Elle comparait souvent les idées et les concepts à des outils : selon elle, il faut savoir quel outil convient à quelle tâche, plutôt que de croire qu'un seul marteau réglera tous les problèmes.
Toute sa carrière d'enseignante se déroula à l'université de Newcastle, loin du prestige d'Oxford ou de Cambridge. Elle y voyait un avantage : être à l'écart des modes intellectuelles lui permettait, disait-elle, de penser plus librement et de garder les pieds sur terre.
Sources primaires
Nous ne sommes pas des anges déchus, mais des primates évolués. Comprendre notre animalité n'est pas rabaisser l'homme, mais le situer honnêtement dans la nature.
Parler de gènes « égoïstes » revient à confondre une métaphore avec une explication. Les gènes ne peuvent pas plus être égoïstes qu'ils ne peuvent être stupides ou ambitieux.
La frontière que nous traçons autour de l'espèce humaine pour décider qui mérite considération morale est bien moins nette qu'on ne le prétend.
Je n'ai écrit aucun livre avant d'avoir presque soixante ans, et je suis contente d'avoir attendu, car avant cela je ne pense pas avoir eu quoi que ce soit de clair à dire.
Lieux clés
Ville de naissance de Mary Scrutton en 1919, dans une famille liée à l'Église anglicane.
Collège où elle étudia les lettres classiques et la philosophie pendant la guerre, aux côtés d'autres futures grandes philosophes.
Établissement où elle enseigna la philosophie à partir des années 1960 et qui resta le centre de sa vie intellectuelle.
Ville du nord-est de l'Angleterre où elle vécut la majeure partie de sa vie, écrivit son œuvre et mourut en 2018.
Objets typiques

Outil de travail de la philosophe, sur lequel elle rédigea ses essais avant l'ère de l'ordinateur. Elle écrivit l'essentiel de son œuvre après 60 ans, à un rythme soutenu.

Support de diffusion de ses idées, destiné autant au grand public qu'aux universitaires. Midgley revendiquait une philosophie claire et accessible.

Périodique savant comme la revue Philosophy, où elle publia ses articles polémiques. C'est dans ce cadre que parut sa charge contre Dawkins.

Instrument d'écriture manuscrite pour les brouillons, notes et correspondance. Midgley entretenait une riche correspondance et prenait des notes constantes.

Support d'enseignement utilisé dans les amphithéâtres et salles de cours de Newcastle. Elle y exposait des arguments à des générations d'étudiants.

Objet du quotidien britannique, central dans les longues discussions philosophiques entre amis et collègues. Le rituel du thé accompagnait ses débats d'idées.
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Vie quotidienne
Matin
Comme beaucoup d'universitaires, Mary Midgley consacrait ses matinées à la lecture et à l'écriture, souvent à la machine. Après sa retraite de l'enseignement, ces heures du matin devinrent le cœur de son intense activité d'autrice.
Après-midi
Durant sa carrière, ses après-midi étaient rythmés par les cours, les séminaires et les discussions avec étudiants et collègues à Newcastle. Elle aimait débattre vivement, mais toujours avec humour et clarté.
Soir
Les soirées se passaient en famille avec son mari, le philosophe Geoffrey Midgley, et leurs fils, ou en conversations prolongées entre amis. La philosophie n'était pas pour elle une activité coupée de la vie ordinaire.
Alimentation
Son alimentation était celle d'une famille britannique de la classe moyenne du XXe siècle : repas simples, pain, légumes, viande, et l'incontournable thé partagé au fil des discussions. Sensible à la cause animale, elle réfléchissait au statut moral des animaux que nous mangeons.
Vêtements
Elle portait les vêtements sobres et pratiques d'une universitaire britannique de son temps : jupes, cardigans de laine et tenues confortables, sans souci d'élégance ostentatoire.
Habitat
Elle vivait dans une maison ordinaire de Newcastle upon Tyne, remplie de livres, où se mêlaient vie familiale et travail intellectuel. Ce cadre modeste, loin des grandes universités prestigieuses, lui convenait.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Beast and Man: The Roots of Human Nature
1978
Animals and Why They Matter
1983
Wickedness: A Philosophical Essay
1984
Evolution as a Religion
1985
Science as Salvation
1992
The Ethical Primate
1994
The Myths We Live By
2003






