Mathilde Krim(1926 — 2018)

Mathilde Krim

États-Unis

6 min de lecture

SciencesSociétéXXe siècleXXe siècle — Guerre froide, essor de la biologie moléculaire et émergence de l'épidémie de sida dans les années 1980

Mathilde Krim était une chercheuse en biologie médicale spécialiste de la virologie et du cancer. Elle est surtout connue pour son combat pionnier contre le sida, ayant fondé une fondation de recherche devenue amfAR dans les années 1980.

Questions fréquentes

Mathilde Krim (1926-2018) était une chercheuse en virologie et en cancérologie, mais ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a été une pionnière de la lutte contre le sida à une époque où la maladie suscitait panique et rejet. En 1983, elle fonde l'AIDS Medical Foundation, qui fusionne en 1985 avec amfAR (American Foundation for AIDS Research). Moins connue pour ses travaux scientifiques que pour son combat humanitaire, elle a utilisé son réseau – notamment son mariage avec Arthur Krim, magnat d'Hollywood – pour mobiliser des célébrités comme Elizabeth Taylor et lever des fonds. Son héritage, c'est d'avoir transformé la recherche sur le VIH et d'avoir imposé le respect des malades.

Faits marquants

  • Née en 1926 à Côme (Italie), elle obtient un doctorat en biologie à l'Université de Genève en 1953
  • Elle mène des recherches sur le cancer et l'interféron, notamment au Sloan Kettering Institute à New York
  • En 1983 elle fonde l'AIDS Medical Foundation, qui fusionne en 1985 pour devenir l'amfAR (American Foundation for AIDS Research), co-présidée avec Elizabeth Taylor
  • Elle reçoit la Presidential Medal of Freedom (Médaille présidentielle de la Liberté) en 2000 pour son engagement
  • Elle meurt le 15 janvier 2018 aux États-Unis

Œuvres & réalisations

Détermination prénatale du sexe fœtal par cytogénétique (vers 1955-1956)

Participation à une avancée pionnière du diagnostic prénatal à l'Institut Weizmann, ouvrant la voie à l'amniocentèse moderne.

Recherches sur l'interféron et le cancer (années 1960-1970)

Travaux au Sloan-Kettering sur cette protéine antivirale, étudiée comme arme possible contre les tumeurs.

Fondation de l'AIDS Medical Foundation (1983)

Première structure qu'elle crée pour financer la recherche sur le sida et défendre les malades contre la peur et le rejet.

Création d'amfAR (1985)

Fusion donnant naissance à la grande fondation américaine de recherche sur le sida, qu'elle préside et incarne mondialement.

Direction d'ouvrages scientifiques sur l'interféron (années 1970-1980)

Édition de travaux de référence diffusant les connaissances sur cette molécule auprès de la communauté scientifique.

Campagnes contre la discrimination des malades du sida (années 1980-1990)

Plaidoyer public pour l'éducation, la prévention et le respect des séropositifs, contre les appels à la mise à l'écart.

Anecdotes

Jeune femme à Genève, Mathilde Krim est bouleversée par les images des camps de concentration découvertes après la Seconde Guerre mondiale. Elle se convertit au judaïsme et rejoint l'Irgoun, une organisation clandestine sioniste pour laquelle elle aurait participé à des passages d'armes vers la Palestine. Ce passé militant illustre une jeunesse engagée bien avant ses combats scientifiques.

À l'Institut Weizmann en Israël, dans les années 1950, elle fait partie d'une équipe pionnière qui parvient à déterminer le sexe d'un fœtus à partir de cellules prélevées dans le liquide amniotique. C'est l'une des premières avancées du diagnostic prénatal, une technique encore utilisée aujourd'hui.

Son mariage avec Arthur Krim, dirigeant d'un grand studio de cinéma hollywoodien et conseiller de présidents américains, lui ouvre les portes du pouvoir et du show-business. Elle utilisera ce réseau pour convaincre des stars comme Elizabeth Taylor de soutenir publiquement la lutte contre le sida, à une époque où la maladie faisait peur.

En 1983, alors que le sida provoque une panique mondiale et que certains réclament la mise à l'écart des malades, Mathilde Krim fonde une fondation de recherche et s'oppose fermement à toute discrimination. Elle répétait que l'épidémie était double : celle du virus, mais aussi celle de la peur et du rejet.

En 2000, le président Bill Clinton lui remet la Médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction civile américaine, pour son rôle de pionnière dans la recherche et la défense des malades du sida.

Sources primaires

Morbidity and Mortality Weekly Report, Centers for Disease Control (5 juin 1981)
Signalement de cas inhabituels de pneumonie à Pneumocystis chez de jeunes hommes auparavant en bonne santé — premier rapport officiel de ce qui deviendra le sida, qui mobilisera Mathilde Krim dès les années suivantes.
Acte de fondation de l'AIDS Medical Foundation (future amfAR) (1983)
Création d'une fondation destinée à financer la recherche sur le sida et à informer le public, fondée par Mathilde Krim pour répondre au manque de moyens et lutter contre la stigmatisation des malades.
Citation de la Médaille présidentielle de la Liberté (Maison-Blanche) (2000)
La distinction salue une pionnière de la recherche médicale et une infatigable défenseuse des personnes atteintes du sida, qui a contribué à mobiliser la science et l'opinion publique contre l'épidémie.

Lieux clés

Côme, Italie

Ville où naît Mathilde Galland en 1926 avant que sa famille ne s'installe en Suisse.

Université de Genève, Suisse

Lieu de ses études et de son doctorat en biologie, point de départ de sa carrière scientifique.

Institut Weizmann, Rehovot, Israël

Centre de recherche où elle participe aux premiers travaux de détermination prénatale du sexe fœtal.

Memorial Sloan-Kettering, New York

Institut où elle mène ses recherches sur l'interféron et le cancer après son installation aux États-Unis.

Kings Point, New York

Localité de l'État de New York où elle s'éteint en 2018.

Voir aussi