Philosophe allemand, figure majeure de la phénoménologie. Il fonde une éthique des valeurs (éthique matérielle) et contribue à l'essor de l'anthropologie philosophique et de la sociologie de la connaissance.
Max Scheler(1874 — 1928)
Max Scheler
Allemagne
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1874 à Munich, mort en 1928 à Francfort-sur-le-Main
- Publie 'Le Formalisme en éthique et l'éthique matériale des valeurs' (1913-1916), critique de l'éthique kantienne
- Auteur de 'Nature et formes de la sympathie' (1913) et de 'L'Homme du ressentiment'
- Développe dans 'La Situation de l'homme dans le monde' (1928) les bases de l'anthropologie philosophique
- Figure centrale du mouvement phénoménologique aux côtés de Husserl
Œuvres & réalisations
Analyse célèbre, dans le sillage de Nietzsche, de la manière dont la rancune refoulée déforme les valeurs morales. Un texte encore très lu en philosophie et en sociologie.
Son œuvre majeure, qui fonde une morale sur la hiérarchie objective des valeurs, en opposition au formalisme de Kant. Un pilier de l'éthique phénoménologique.
Étude phénoménologique des sentiments partagés, de l'amour et de l'empathie. Scheler y montre comment nous accédons directement à la vie affective d'autrui.
Recueil de textes patriotiques écrits au début du conflit, que Scheler renia ensuite. Témoignage de l'engagement des intellectuels dans la Grande Guerre.
Grand ouvrage de sa période catholique, consacré à la religion et au renouveau spirituel de l'après-guerre. Un sommet de sa philosophie de l'esprit.
Ouvrage fondateur de la sociologie de la connaissance, qui étudie comment la société conditionne les formes de savoir. Scheler y distingue savoir technique, culturel et spirituel.
Court texte testamentaire qui fonde l'anthropologie philosophique moderne. Scheler y définit l'homme par l'esprit, capable de dire « non » à ses pulsions.
Anecdotes
Max Scheler avait une réputation de séducteur et de bohème qui scandalisait l'université allemande. En 1910, un divorce retentissant et des plaintes le forcèrent à quitter sa chaire à Munich : pendant plusieurs années, il vécut comme philosophe indépendant, donnant des conférences pour gagner sa vie.
Pendant la Première Guerre mondiale, Scheler fut d'abord un patriote enthousiaste et écrivit des textes exaltant le « génie de la guerre ». Mais il changea progressivement d'avis et devint, dans les dernières années du conflit, un partisan de la réconciliation et de la paix entre les peuples.
Élevé dans une famille juive par sa mère, Scheler se convertit au catholicisme dans sa jeunesse, devenant l'un des grands penseurs catholiques de son temps. Puis, vers la fin de sa vie, il s'éloigna de l'Église et abandonna le théisme pour une vision plus panthéiste de Dieu, ce qui désola ses admirateurs catholiques.
On surnommait Scheler le « Nietzsche catholique » tant son intelligence brillait dans la conversation. Le philosophe José Ortega y Gasset le décrivit après sa mort comme « le premier homme du paradis philosophique », saluant sa capacité à voir des idées neuves partout où il regardait.
Scheler mourut brutalement d'une crise cardiaque en 1928, à seulement 54 ans, peu après avoir accepté un poste prestigieux à l'université de Francfort. Il laissait derrière lui d'innombrables projets inachevés, car il pensait et parlait plus vite qu'il n'écrivait.
Sources primaires
Toutes les valeurs morales possibles sont fondées dans l'évidence de l'ordre hiérarchique qui règne entre les modalités des valeurs elles-mêmes.
Comprendre la vie affective d'autrui, ce n'est pas raisonner par analogie à partir de soi : c'est saisir immédiatement, dans l'expression, le sentiment de l'autre.
Le ressentiment est un empoisonnement durable de l'âme, qui naît du refoulement systématique de certains mouvements affectifs et émotions.
L'homme est l'être qui peut dire non, l'ascète de la vie, capable de s'opposer aux pulsions les plus puissantes par la force de l'esprit.
Lieux clés
Ville natale de Scheler et premier grand foyer de son enseignement, au cœur de la Bavière catholique. C'est là qu'il rejoignit le cercle phénoménologique avant de perdre sa chaire.
Université où Scheler étudia et soutint sa thèse sous la direction du philosophe Rudolf Eucken. Il y fit ses premières armes de jeune universitaire.
Scheler y obtint une chaire en 1919 dans la nouvelle université de la République de Weimar. Il y développa l'anthropologie philosophique et la sociologie du savoir.
Ville suisse où Scheler fut envoyé en mission diplomatique pendant la Première Guerre mondiale. Ces voyages nourrirent sa réflexion sur la paix entre les peuples.
Scheler venait d'y accepter une chaire prestigieuse lorsqu'il mourut brutalement en 1928. La ville devint son dernier lieu de vie.
Objets typiques

Scheler accumulait des milliers de pages de notes manuscrites, débordant d'idées qu'il n'eut jamais le temps de mettre en forme. Une grande partie de son œuvre fut publiée après sa mort à partir de ces papiers.

L'outil quotidien du philosophe pour noircir ses cahiers de réflexions sur les valeurs et la sympathie. L'écriture à la main restait la norme dans l'université allemande du début du XXe siècle.

L'estrade depuis laquelle le professeur allemand donnait ses cours magistraux. Scheler, orateur fascinant, électrisait ses auditoires bien plus par la parole que par l'écrit.

Comme beaucoup d'intellectuels de son époque, Scheler était un grand fumeur, le cigare accompagnant ses interminables conversations philosophiques dans les cafés.

Le livre fondateur de la phénoménologie, qui orienta toute la pensée de Scheler. Il y trouva la méthode pour décrire les phénomènes affectifs et les valeurs.

L'annuaire de phénoménologie dirigé par Husserl où Scheler publia ses grands textes d'éthique. Ces revues savantes diffusaient les débats entre philosophes allemands.
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Vie quotidienne
Matin
Scheler, noctambule et désordonné, n'était guère matinal. Ses matinées se passaient souvent à lire et à griffonner des notes, son esprit fourmillant d'idées plus vite qu'il ne pouvait les coucher sur le papier.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux cours magistraux à l'université, où son éloquence éblouissante attirait des salles combles. Il improvisait brillamment, suivant le fil de sa pensée devant les étudiants captivés.
Soir
Le soir, Scheler aimait discuter pendant des heures dans les cafés et les salons, un cigare à la main. Ces conversations passionnées, où il déployait son génie oral, valaient pour lui de véritables séances de travail.
Alimentation
Il partageait l'alimentation bourgeoise de l'Allemagne de son temps : pain, charcuterie, plats de viande et de pommes de terre. Les cafés, où il passait tant de temps, fournissaient café, pâtisseries et tabac.
Vêtements
Scheler portait le costume sombre trois-pièces de l'universitaire allemand : veste, gilet, col dur et cravate. Cette tenue stricte tranchait avec sa vie privée mouvementée et bohème.
Habitat
Il vécut dans des appartements bourgeois des grandes villes allemandes, à Munich, Cologne puis Francfort. Sa vie souvent instable et ses changements de poste le firent déménager à plusieurs reprises.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
L'Homme du ressentiment (Das Ressentiment im Aufbau der Moralen)
1912
Le formalisme en éthique et l'éthique matériale des valeurs
1913-1916
Nature et formes de la sympathie
1913
Le génie de la guerre et la guerre allemande
1915
De l'éternel dans l'homme (Vom Ewigen im Menschen)
1921
Les formes du savoir et la société
1926
La situation de l'homme dans le monde
1928






