Portrait de Molière

Molière

Molière

1622 — 1673

royaume de France

LettresDramaturgeTemps modernesXVIIe siècle (époque moderne, règne de Louis XIV)

Molière (1622-1673) est le plus grand auteur dramatique français du XVIIe siècle. Fondateur de sa propre compagnie théâtrale, il a créé des comédies de génie qui critiquent les travers de la société de son temps.

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Citations célèbres

« Le devoir de la comédie est de corriger les vices des hommes. »
« Les gens de qualité savent tout sans avoir jamais rien appris. »

Faits marquants

  • 1643 : Fonde l'Illustre Théâtre avec ses compagnons
  • 1659 : Rencontre Louis XIV et devient auteur-acteur à la cour royale
  • 1664 : Création de Tartuffe, pièce controversée qui scandalise la Cour et l'Église
  • 1666 : Création du Misanthrope, sa plus grande œuvre dramatique
  • 1673 : Meurt le 17 février peu après la représentation du Malade imaginaire

Œuvres & réalisations

Les Précieuses ridicules (1659)

Première grande comédie parisienne de Molière, elle se moque des jeunes bourgeoises qui singent les raffinements de l'aristocratie. Son succès immédiat lance la carrière du dramaturge à Paris.

L'École des femmes (1662)

Comédie en cinq actes qui remet en question l'éducation des femmes et la tyrannie masculine. La pièce provoque une vive querelle littéraire et affirme Molière comme dramaturge de premier plan.

Tartuffe ou l'Imposteur (1664 (autorisé en 1669))

Chef-d'œuvre de la comédie de caractère, la pièce dénonce l'hypocrisie religieuse à travers le personnage du faux dévot Tartuffe. Elle reste l'une des pièces les plus jouées au monde.

Dom Juan ou le Festin de Pierre (1665)

Comédie audacieuse mettant en scène un libertin cynique qui défie Dieu et la société. La pièce fut rapidement censurée mais témoigne de l'ambition philosophique de Molière.

Le Misanthrope (1666)

Portrait complexe d'Alceste, homme épris de sincérité absolue dans une société fondée sur l'hypocrisie. Considérée comme la pièce la plus profonde de Molière, elle mêle comédie et réflexion morale.

L'Avare (1668)

Comédie inspirée de Plaute, centrée sur Harpagon, vieil avare obsédé par sa cassette. Le personnage est devenu l'incarnation universelle de l'avarice dans la culture française.

Le Bourgeois gentilhomme (1670)

Comédie-ballet créée pour Louis XIV, elle ridiculise Monsieur Jourdain, bourgeois qui veut à tout prix imiter la noblesse. Elle offre aussi une satire acide de la vanité sociale.

Le Malade imaginaire (1673)

Dernière pièce de Molière, elle raille la médecine et les hypochondriaques à travers Argan. Molière y mourut symboliquement en jouant le rôle-titre lors de la quatrième représentation.

Anecdotes

Molière est mort sur scène — ou presque. Le 17 février 1673, il joue le rôle du malade imaginaire Argan alors qu'il est lui-même gravement malade. Pris d'un malaise pendant la représentation, il parvient à terminer le spectacle, mais décède quelques heures plus tard chez lui, victime d'une hémorragie pulmonaire.

Parce qu'il était comédien, Molière faillit être enterré comme un chien. L'Église refusait la sépulture chrétienne aux acteurs qui ne reniaient pas leur métier avant de mourir. Louis XIV dut intervenir personnellement auprès de l'archevêque de Paris pour obtenir qu'il soit inhumé discrètement, de nuit, dans le cimetière Saint-Joseph.

Molière a épousé en 1662 Armande Béjart, une jeune femme de vingt ans sa cadette, qui était soit la fille soit la sœur de sa comédienne et ancienne compagne Madeleine Béjart. Ce mariage scandalisa la société parisienne et alimenta les rumeurs les plus malveillantes sur sa vie privée.

Louis XIV lui-même fut le parrain du premier fils de Molière en 1664, signe de la faveur royale exceptionnelle dont jouissait le dramaturge. Cette protection du roi lui permit de faire jouer Tartuffe malgré l'interdiction des dévots, qui avaient obtenu la suppression de la pièce pendant cinq ans.

Molière débuta sa carrière avec un cuisant échec à Paris en 1645 avec l'Illustre-Théâtre, compagnie qu'il avait fondée avec les Béjart. Criblé de dettes, il fut même emprisonné brièvement au Châtelet. Il passa ensuite treize ans à parcourir la province avant de revenir triomphalement à Paris en 1658.

Sources primaires

L'Avare (acte I, scène 3) (1668)
HARPAGON : Que diable allait-il faire dans cette galère ? […] La peste soit de l'avarice et des avaricieux !
Tartuffe ou l'Imposteur (acte I, scène 5) (1664 (version définitive 1669))
CLÉANTE : […] Il est de faux dévots ainsi que de faux braves ; Et comme on ne voit pas qu'où l'honneur les conduit Les vrais braves soient ceux qui font beaucoup de bruit, Les bons et vrais dévots, qu'on doit suivre à la trace, Ne sont pas ceux aussi qui font tant de grimace.
Dom Juan ou le Festin de Pierre (acte III, scène 1) (1665)
DOM JUAN : […] Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit.
Le Misanthrope (acte I, scène 1) (1666)
ALCESTE : Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur, On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.
Préface des Précieuses ridicules (1660)
Si l'on prend la peine d'examiner de bonne foi ma comédie, on trouvera peut-être qu'elle ne sort point assez des bornes de la satire honnête et permise.

Lieux clés

Le Palais-Royal, Paris

Théâtre où la troupe de Molière s'installa en 1661 et où furent créées la plupart de ses grandes pièces. C'est le cœur de son activité parisienne jusqu'à sa mort.

Château de Versailles

Lieu de nombreuses créations de comédies-ballets commandées par Louis XIV, dont Le Bourgeois gentilhomme (1670) et Les Fâcheux (1661). La faveur royale s'exprimait notamment par ces grandes fêtes.

Maison natale de Molière, rue Saint-Honoré, Paris

Jean-Baptiste Poquelin naît en 1622 dans la maison familiale du quartier des Halles, au cœur du Paris commerçant. Ce milieu bourgeois et artisan forgea son regard acéré sur la société.

Pézenas (Hérault)

Ville du Languedoc où Molière et sa troupe séjournèrent à plusieurs reprises pendant leurs tournées en province (1650-1657). On y conserve le fauteuil du barbier chez qui Molière aurait observé les gens du peuple.

Cimetière Saint-Joseph (emplacement actuel : Père-Lachaise), Paris

Molière y fut inhumé discrètement de nuit en février 1673. Ses restes furent transférés au Père-Lachaise en 1817, où sa tombe est encore visible aujourd'hui.

Objets typiques

Le masque de comédie

Héritage de la commedia dell'arte italienne, le masque symbolise le jeu et le travestissement. Molière s'en est affranchi en développant un jeu de visage expressif, propre à la comédie française.

La plume d'oie et l'encrier

Instruments essentiels du dramaturge, ils servaient à rédiger les pièces, souvent dans l'urgence des commandes royales. Molière écrivait parfois en quelques semaines des comédies-ballets pour les fêtes de Versailles.

Le costume de scène baroque

Habit brodé, perruque poudrée et souliers à boucle constituaient la tenue des acteurs du XVIIe siècle. Molière jouait lui-même ses propres pièces et soignait particulièrement les costumes pour renforcer le comique de caractère.

Le chandelier de théâtre

Les salles de spectacle du XVIIe siècle étaient éclairées à la chandelle, ce qui créait une atmosphère chaude mais enfumée. La gestion de l'éclairage influençait le rythme et l'atmosphère des représentations.

Le livre de comptes de la troupe

Molière était à la fois auteur, acteur et directeur de troupe ; il gérait les finances, les cachets et les contrats. La comptabilité de la troupe du Palais-Royal nous a conservé des archives précieuses sur la vie théâtrale de l'époque.

Le carrosse

Moyen de transport indispensable pour se rendre à Versailles lors des représentations commandées par Louis XIV. Molière et ses comédiens parcouraient régulièrement la route entre Paris et la cour royale.

Programmes scolaires

Cycle 3 (CM1-6e)Français
Cycle 4 (5e-3e)Français
LycéeFrançais
LycéeFrançaisLa comédie au XVIIe siècle
LycéeFrançaisLa satire des mœurs dans le théâtre classique
LycéeFrançaisLes règles du théâtre classique (unités, vraisemblance)
LycéeFrançaisLa critique sociale par la littérature
LycéeFrançaisL'influence de la Cour royale sur la création artistique
LycéeFrançaisLes conflits entre l'Église et la liberté de création

Vocabulaire & tags

Vocabulaire clé

comédie de mœurssatirehypocrisievraisemblance dramatiquecomique de caractèredramaturgetrois unités du théâtre classique

Tags

Mouvement

MolièreDramaturgeAbsolutismecomédie de mœurssatirehypocrisievraisemblance dramatiquecomique de caractèretrois unités du théâtre classiqueXVIIe siècle (époque moderne, règne de Louis XIV)

Vie quotidienne

Matin

Molière se levait relativement tard, à l'image des gens de théâtre dont la vie est rythmée par les soirées. Il consacrait une partie de la matinée à l'écriture et à la révision de ses textes, souvent assis dans son cabinet avec une plume et de l'encre. Il recevait aussi des visites de comédiens, de musiciens ou de commanditaires royaux.

Après-midi

L'après-midi était dominé par les répétitions au Palais-Royal, où Molière dirigeait sa troupe d'une main ferme mais bienveillante. Il jouait lui-même les rôles comiques principaux et travaillait les détails de la mise en scène, des costumes et des effets musicaux. Des représentations avaient lieu trois fois par semaine devant un public populaire mêlé de bourgeois et d'aristocrates.

Soir

Les soirs de spectacle, Molière se préparait dans sa loge avant de monter sur scène devant plusieurs centaines de spectateurs. Après la représentation, il recevait parfois des visiteurs illustres dans les coulisses ou soupait avec des membres de sa troupe. Certains soirs, il était convié à Versailles pour des fêtes royales où ses pièces étaient données en grande pompe.

Alimentation

La table au XVIIe siècle parisien comprenait du pain, des soupes épaisses, des viandes rôties (porc, volaille, gibier) et des légumes bouillis. Le vin ordinaire était la boisson quotidienne, le chocolat et le café commençaient à apparaître dans les maisons bourgeoises. Les contraintes financières des débuts de la troupe avaient habitué Molière à une relative frugalité, bien que ses succès tardifs lui aient permis une vie plus aisée.

Vêtements

En ville, Molière portait le justaucorps, veste ajustée à basques, avec culotte de drap, bas de soie et souliers à boucle — tenue de bourgeois aisé. Un col de dentelle ou une cravate de mousseline complétait l'ensemble, avec une perruque bouclée selon la mode du règne de Louis XIV. Sur scène, les costumes étaient bien plus somptueux : velours brodé, plumes, masques et accessoires contribuaient à caractériser visuellement chaque personnage.

Habitat

À Paris, Molière vivait à proximité du Palais-Royal, dans un appartement confortable mais sans ostentation. La maison abritait également des membres de sa famille et parfois de sa troupe. Après ses succès des années 1660, il put s'installer plus commodément, mais il continua à gérer de près les finances de sa compagnie.

Frise contextuelle

1622Naissance de Jean-Baptiste Poquelin à Paris, fils d'un tapissier du roi.
1643Fondation de l'Illustre-Théâtre avec Madeleine Béjart ; Poquelin prend le pseudonyme de Molière.
1648Début de la Fronde, révolte parlementaire et princière contre Mazarin et la régence d'Anne d'Autriche.
1659Succès des Précieuses ridicules à Paris : Molière et sa troupe s'imposent dans la capitale.
1661Louis XIV commence son règne personnel après la mort de Mazarin ; début de la construction de Versailles.
1662Mariage de Molière avec Armande Béjart ; création de L'École des femmes, grand succès mais vives polémiques.
1664Première représentation de Tartuffe à Versailles, aussitôt interdite par les dévots et le Parlement.
1665La troupe de Molière devient la Troupe du Roi ; création de Dom Juan, retirée après quinze représentations.
1666Création du Misanthrope et du Médecin malgré lui ; Molière est gravement malade (tuberculose).
1668Création de L'Avare et du Grand Divertissement royal de Versailles (George Dandin).
1669Tartuffe est enfin autorisé à être joué publiquement ; triomphe immédiat.
1670Création du Bourgeois gentilhomme à Chambord, comédie-ballet avec Lully.
1673Mort de Molière le 17 février, lors de la quatrième représentation du Malade imaginaire.

Vocabulaire d'époque

ParterrePartie basse de la salle de théâtre où les spectateurs restaient debout. C'était la place la moins chère, occupée par le peuple et les étudiants, souvent les plus bruyants et les plus exigeants.
JustaucorpsVêtement masculin ajusté porté au XVIIe siècle, couvrant le torse jusqu'aux hanches. Il remplaça le pourpoint et devint la pièce centrale de la mode sous Louis XIV.
DévotPersonne affichant une piété ostensible et rigoureuse. Au XVIIe siècle, la Compagnie du Saint-Sacrement regroupait des dévots influents qui firent interdire Tartuffe pendant cinq ans.
Comédie-balletGenre théâtral inventé par Molière et Lully, mêlant comédie parlée, musique et danse. Ces spectacles étaient commandés par Louis XIV pour les grandes fêtes de la cour.
PréciositéMouvement culturel du XVIIe siècle promouvant un langage raffiné, des sentiments épurés et des manières distinguées. Molière s'en moqua dans Les Précieuses ridicules.
Honnête hommeIdéal social du XVIIe siècle désignant un homme cultivé, mesuré, sociable et maître de lui-même. Cet idéal est souvent mis en scène positivement dans les pièces de Molière face aux excès des autres caractères.
CassettePetite caisse en bois ferrée servant à conserver argent et objets précieux. Dans L'Avare, la cassette d'Harpagon est l'objet central de la pièce et le symbole de son obsession.
Baladin / bateleurTerme péjoratif désignant un comédien ambulant ou un bouffon. Au XVIIe siècle, les comédiens étaient souvent méprisés et l'Église leur refusait la sépulture chrétienne.
MarquisTitre de noblesse intermédiaire entre le comte et le duc. Dans les comédies de Molière, les marquis sont souvent tournés en ridicule pour leur vanité, leur sottise et leur affectation.
Comédie de mœursGenre théâtral qui peint et critique les comportements et les travers de la société contemporaine. Molière en est le maître incontesté en France, avec Tartuffe, Le Misanthrope ou L'Avare.

Galerie

Édouard Pingret - Portrait eines Literaten in seinem Salon, 1834

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Musée Ingres-Bourdelle - Portrait d'homme - Claude Lefebvre -Joconde06070000345

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Portrait of Molière (1622-1673)

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Atelier de Pierre Mignard - Portrait d'Olympe Mancini

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Mahlknecht statue of Corneille at the Graslin Opera Nantes 2

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Monument à Molière, Pézenas

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L'art : la sculpture contemporaine et l'oeuvre d'Alfred Pina

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The stones of Paris in history and letters

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Style visuel

Esthétique baroque du Grand Siècle : lumière de chandelles, velours grenat et or, costumes brodés, jeu expressif des visages sur la scène du Palais-Royal.

#8B1A1A
#C9A84C
#F5F0E8
#2C4A2E
#1A1008
Prompt IA
17th century French Baroque theatre painting style, inspired by the court of Louis XIV. Rich warm candlelight illuminating velvet curtains in deep crimson and gold. Characters in elaborate period costumes — lace collars, brocade justaucorps, powdered wigs, black domino masks. Stage perspective with painted flats and chandeliers of candles. Color palette of deep burgundy, golden amber, ivory, forest green and shadow black. Chiaroscuro lighting reminiscent of Le Nain brothers and Philippe de Champaigne. Crowded theatrical hall with animated gestures and expressive faces caught mid-performance.

Ambiance sonore

L'atmosphère sonore du Palais-Royal : rires du parterre, clavecin, chandelles qui crépitent et rumeur de la rue parisienne du Grand Siècle.

Prompt IA
Ambient sounds of a 17th century Parisian theatre: wooden stage creaking under actors' feet, candlelight flickering and wax dripping, audience murmuring and laughing in a packed hall, harpsichord and string instruments tuning backstage, distant street noise from Paris outside — carriage wheels on cobblestones, street vendors calling, church bells ringing. Occasional burst of laughter from the parterre, applause, the rustle of silk and taffeta costumes, a prompter whispering lines offstage.

Source du portrait

Wikimedia Commons — domaine public — Pierre Mignard I — 1658