Ngozi Okonjo-Iweala(1954 — ?)

Ngozi Okonjo-Iweala

Nigeria

6 min de lecture

ÉconomiePolitiqueXXIe siècleDébut du XXIe siècle, mondialisation économique et gouvernance commerciale internationale

Économiste et femme politique nigériane, deux fois ministre des Finances du Nigeria et directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce depuis 2021. Elle est la première femme et la première personne africaine à diriger l'OMC.

Questions fréquentes

Ngozi Okonjo-Iweala est une économiste et femme politique nigériane, née en 1954, qui est devenue en 2021 la première femme et la première Africaine à diriger l'Organisation mondiale du commerce. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle symbolise une double avancée : celle des femmes aux plus hauts postes de la gouvernance économique mondiale, et celle de l'Afrique comme acteur à part entière dans les négociations commerciales. Auparavant, elle avait déjà marqué l'histoire comme ministre des Finances du Nigeria, en obtenant l'effacement de 18 milliards de dollars de dette. Son parcours montre qu'on peut lutter contre la corruption et réformer une économie tout en restant fidèle à ses racines.

Faits marquants

  • Née le 13 juin 1954 à Ogwashi-Ukwu (Nigeria)
  • Carrière de 25 ans à la Banque mondiale, dont directrice générale (2007-2011)
  • Ministre des Finances du Nigeria (2003-2006, puis 2011-2015)
  • Première femme et première personne africaine nommée directrice générale de l'OMC en mars 2021
  • Reconduite pour un second mandat à la tête de l'OMC en 2024

Œuvres & réalisations

Effacement de la dette nigériane (Club de Paris) (2005-2006)

Négociation d'une remise de 18 milliards de dollars, libérant des fonds pour les services publics du Nigeria.

Réformes anti-corruption et transparence budgétaire (2003-2015)

Publication des recettes pétrolières partagées entre États, une première qui réduisit le détournement de fonds.

Reforming the Unreformable: Lessons from Nigeria (livre) (2012)

Récit de ses réformes économiques, devenu une référence sur la gouvernance en Afrique.

Fighting Corruption Is Dangerous (livre) (2018)

Témoignage sur les dangers personnels du combat contre la corruption au sommet de l'État.

Direction générale de l'OMC (depuis 2021)

Première femme et première Africaine à ce poste ; relance des négociations commerciales mondiales après la pandémie.

Accords de la 12e conférence ministérielle de l'OMC (2022)

Obtention d'un accord historique limitant les subventions à la pêche et de mesures sur les vaccins COVID-19.

Coprésidence d'initiatives mondiales pour les vaccins (COVAX, Gavi) (2020-2021)

Mobilisation de financements pour un accès plus équitable des pays pauvres aux vaccins.

Anecdotes

En 2011, alors qu'elle était ministre des Finances du Nigeria, des hommes armés enlevèrent sa mère âgée de 82 ans pour faire pression sur Ngozi Okonjo-Iweala et la pousser à renoncer à ses réformes contre la corruption pétrolière. Elle refusa de céder et sa mère fut libérée quelques jours plus tard. Cet épisode montre les risques réels que prenaient ceux qui s'attaquaient aux réseaux frauduleux.

Quand elle dirigeait l'économie nigériane, elle obtint en 2005-2006 un accord historique pour effacer 18 milliards de dollars de dette du Nigeria auprès du Club de Paris, les pays créanciers. C'était la première fois qu'un grand pays africain négociait une telle remise, et cela libéra de l'argent pour les écoles et les hôpitaux.

Le 1er mars 2021, Ngozi Okonjo-Iweala devint la première femme et la première personne du continent africain à diriger l'Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis sa création en 1995. Sa nomination avait été retardée plusieurs mois car un seul pays, les États-Unis, s'y opposait, avant de changer d'avis.

Enfant, elle vécut la guerre civile du Biafra (1967-1970) au Nigeria : sa famille perdit presque tout, et elle vit sa petite sœur, malade et affamée, sauvée de justesse dans un dispensaire surpeuplé. Elle a raconté que cette expérience de la pauvreté et de la faim a forgé sa volonté de servir les plus démunis.

Elle est connue pour son foulard noué sur la tête (le gele nigérian) et a écrit plusieurs livres, dont un intitulé « Combattre la corruption, c'est dangereux », racontant sans détour les menaces reçues pendant ses fonctions ministérielles.

Sources primaires

Discours de Ngozi Okonjo-Iweala à sa prise de fonction à l'OMC (1er mars 2021)
Une OMC forte est vitale si nous voulons nous remettre pleinement et rapidement des dégâts causés par la pandémie de COVID-19.
Fighting Corruption Is Dangerous: The Story Behind the Headlines (livre de N. Okonjo-Iweala, MIT Press) (2018)
Combattre la corruption est dangereux. Mais ne pas la combattre l'est encore davantage, car elle vole l'avenir des plus pauvres.
Reforming the Unreformable: Lessons from Nigeria (livre de N. Okonjo-Iweala, MIT Press) (2012)
Réformer une économie réputée irréformable exige courage, transparence et la patience d'expliquer aux citoyens à quoi sert chaque réforme.
Conférence TED « Comment aider l'Afrique ? Faites du commerce avec elle » (2007)
L'aide est importante, mais c'est le commerce et l'investissement qui sortiront durablement l'Afrique de la pauvreté.

Lieux clés

Ogwashi-Ukwu (État du Delta, Nigeria)

Ville du sud-est du Nigeria où elle est née en 1954 et où sa famille a des racines royales igbo.

Université Harvard (Cambridge, États-Unis)

Université où elle obtient son diplôme d'économie en 1976.

Massachusetts Institute of Technology (MIT)

Institut où elle décroche son doctorat en économie régionale et développement en 1981.

Abuja (Nigeria)

Capitale du Nigeria où elle exerce ses fonctions de ministre des Finances et mène ses réformes.

Banque mondiale (Washington, États-Unis)

Institution où elle travaille pendant 25 ans et devient directrice générale en 2007.

Siège de l'OMC (Genève, Suisse)

Centre William Rappard au bord du lac Léman, où elle dirige l'Organisation mondiale du commerce depuis 2021.

Voir aussi