Dilma Rousseff(1947 — ?)

Dilma Rousseff

Brésil

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PolitiqueÉconomieÉconomisteXXIe siècleBrésil contemporain — démocratie retrouvée, émergence des pays du Sud (BRICS), gouvernements progressistes en Amérique latine

Économiste et femme politique brésilienne, elle devient en 2011 la première femme présidente du Brésil. Issue du Parti des Travailleurs (PT), elle est destituée par impeachment en 2016 dans un contexte de crise économique et politique.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Dilma Rousseff fut la première femme présidente du Brésil, en poste de 2011 à 2016. Issue du Parti des Travailleurs (PT), elle incarna l'essor des pays émergents et des gouvernements progressistes en Amérique latine. Son importance tient à son parcours : ancienne militante torturée sous la dictature, elle devint l'architecte de grands programmes sociaux et d'infrastructures. Moins qu'une simple femme politique, elle symbolise la lutte pour la démocratie et l'émancipation féminine dans un pays marqué par les inégalités.

Citations célèbres

« Je ne suis pas la présidente des élites ou des marchés financiers, je suis la présidente de la classe moyenne et des pauvres.»

Faits marquants

  • 1947 : naissance à Belo Horizonte, Brésil
  • Années 1960-1970 : militante contre la dictature militaire brésilienne, emprisonnée et torturée (1970-1972)
  • 2011 : élue 36e présidente du Brésil, première femme à occuper ce poste
  • 2014 : réélue présidente pour un second mandat
  • 2016 : destituée par la Chambre des députés puis le Sénat (impeachment) pour manipulation budgétaire
  • 2023 : nommée présidente de la Nouvelle Banque de Développement (banque des BRICS)

Œuvres & réalisations

Programme d'Accélération de la Croissance (PAC) (2007-2016)

Vaste programme d'investissements publics dans les infrastructures brésiliennes (logement, transport, énergie, assainissement), piloté par Dilma Rousseff bien avant sa présidence. Elle en fut la principale architecte et superviseure, gagnant le surnom de « mère du PAC ».

Programme Minha Casa Minha Vida (Ma maison, ma vie) (2009-2016)

Ambitieux programme de construction de logements sociaux développé sous la présidence de Dilma Rousseff. Il permit la construction de plus de 2,7 millions de logements pour les familles à faibles revenus, réduisant significativement le déficit de logements au Brésil.

Programme Mais Médicos (Plus de médecins) (2013)

Initiative lancée par Dilma Rousseff pour envoyer des médecins dans les zones rurales et défavorisées du Brésil, faisant notamment appel à des milliers de médecins cubains. Le programme améliora significativement l'accès aux soins pour des millions de Brésiliens éloignés des centres urbains.

Politique du Pré-Sal (pétrole sous-marin) (2010-2016)

Cadre législatif défendu par Dilma Rousseff pour exploiter les gigantesques réserves pétrolières découvertes sous une couche de sel au fond de l'Atlantique. Elle prôna un modèle donnant à Petrobras et à l'État brésilien un rôle central dans cette exploitation stratégique.

Création de la Commission nationale de la Vérité (2012-2014)

Dilma Rousseff créa et soutint cette commission chargée d'enquêter sur les crimes de la dictature militaire (1964-1985), dont elle fut elle-même victime. Le rapport final documenta 434 cas de morts et disparitions et nomma les responsables, ouvrant une page de réconciliation mémorielle.

Discours à l'ONU sur la souveraineté numérique (24 septembre 2013)

Lors de l'Assemblée générale des Nations Unies, Dilma Rousseff dénonça l'espionnage de ses communications par la NSA américaine, révélé par Edward Snowden. Ce discours eut un retentissement mondial et fit du Brésil un défenseur de la souveraineté numérique des États.

Anecdotes

Arrêtée en 1970 par la dictature militaire brésilienne, Dilma Rousseff subit des mois de torture dans des centres de détention secrets. Malgré les sévices, elle refusa de donner les noms de ses camarades militants, une résistance qui lui valut une réputation de courage exceptionnel parmi les opposants au régime.

Le 1er janvier 2011, Dilma Rousseff fut investie présidente du Brésil, devenant la première femme à accéder à ce poste dans l'histoire du pays. Dans son discours d'investiture, elle déclara vouloir « ouvrir les portes pour que d'autres femmes puissent suivre », une phrase devenue symbole de l'émancipation politique féminine en Amérique latine.

En septembre 2013, Dilma Rousseff prit la parole en première à l'Assemblée générale des Nations Unies pour dénoncer les programmes d'espionnage de la NSA américaine qui avaient ciblé ses communications personnelles, révélés par Edward Snowden. Ce discours fit sensation sur la scène internationale et contraignit les États-Unis à des explications diplomatiques.

Lors de son procès en destitution en 2016, Dilma Rousseff plaida sa cause pendant plusieurs heures devant le Sénat brésilien, accusant ses adversaires de perpétrer un « coup d'État institutionnel ». Bien que destituée, elle conserva ses droits politiques, ce qui lui permit de rester une figure active de l'opposition.

En 2023, après des années d'éloignement de la scène internationale, Dilma Rousseff fut nommée présidente de la Nouvelle Banque de Développement des BRICS à Shanghai. Ce retour symbolisa pour ses partisans la reconnaissance de son parcours malgré une destitution qu'ils avaient toujours contestée.

Sources primaires

Discours d'investiture présidentielle de Dilma Rousseff (1er janvier 2011)
Venho para abrir portas para que outras mulheres, no futuro, também possam segui-las. E quero que cada brasileira se sinta representada por mim no Palácio do Planalto.
Discours de Dilma Rousseff à l'Assemblée générale des Nations Unies (24 septembre 2013)
Sem o respeito à soberania, não há base para as relações entre as nações. As revelações de uma interceptação das comunicações brasileiras, de empresas e da Presidenta da República em especial, provocaram a indignação e o repúdio da opinião pública brasileira.
Rapport de la Commission nationale de la Vérité (Comissão Nacional da Verdade) (10 décembre 2014)
Dilma Vana Rousseff foi detida em janeiro de 1970 e mantida sob custódia do DOPS-SP e DOI/CODI, onde foi submetida a práticas de tortura documentadas por sobreviventes e investigadores.
Discours de défense de Dilma Rousseff devant le Sénat fédéral (29 août 2016)
Não cometi crime de responsabilidade. Não mereço, portanto, ser submetida a este processo. O que está em julgamento aqui não é apenas o meu mandato, mas a democracia brasileira.

Lieux clés

Belo Horizonte, Brésil

Ville natale de Dilma Rousseff, née le 14 décembre 1947 dans la capitale du Minas Gerais. C'est là qu'elle fit ses études secondaires et développa ses premières convictions politiques contre la dictature.

Porto Alegre, Brésil

Ville du sud du Brésil où Dilma Rousseff construisit l'essentiel de sa carrière politique, devenant secrétaire à l'Énergie du Rio Grande do Sul, puis secrétaire générale du gouvernement de l'État avant d'être repérée par Lula.

Palácio do Planalto, Brasília

Siège du gouvernement fédéral brésilien, chef-d'œuvre architectural d'Oscar Niemeyer, où Dilma Rousseff exerça la présidence de 2011 à 2016. C'est de ce palais qu'elle dirigea le pays et d'où elle fut finalement écartée par l'impeachment.

Centre de détention DOI-CODI, São Paulo

Lieu de détention et de torture de Dilma Rousseff entre 1970 et 1972, utilisé par la dictature militaire pour interroger les opposants politiques. Il est devenu un symbole des violations des droits humains au Brésil et un lieu de mémoire.

Sénat fédéral, Brasília

C'est dans cette enceinte que se déroula le procès en impeachment de Dilma Rousseff en 2016. Le 31 août, les sénateurs votèrent à 61 voix contre 20 sa destitution, mettant fin à son mandat présidentiel dans un contexte de crise politique profonde.

Shanghai, Chine (siège de la NBD-BRICS)

Depuis 2023, Dilma Rousseff préside la Nouvelle Banque de Développement des BRICS dont le siège est à Shanghai. Ce poste marque son retour sur la scène internationale et incarne l'ambition des pays émergents de créer leurs propres institutions financières.

Voir aussi