Nicolas Ier de Russie(1796 — 1855)
Nicolas Ier de Russie
Empire russe
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Nicolas Ier (1796-1855) fut empereur de Russie, roi de Pologne et grand-duc de Finlande à partir de 1825. Souverain autocrate et conservateur, il réprima la révolte décembriste à son avènement et incarna une monarchie réactionnaire fondée sur l'ordre, l'orthodoxie et la nationalité.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Accède au trône en 1825 et écrase aussitôt la révolte des décembristes
- Met en place une censure stricte et la police politique de la Troisième Section
- Réprime dans le sang l'insurrection polonaise de 1830-1831
- Surnommé le 'gendarme de l'Europe' après son intervention contre la révolution hongroise en 1849
- Meurt en 1855 pendant la guerre de Crimée (1853-1856), qui révèle le retard de la Russie
Œuvres & réalisations
Premier acte de son règne : l'écrasement des officiers libéraux fonda durablement sa politique répressive et autocratique.
Mise en place d'une police politique secrète chargée de la surveillance, de la censure et de la traque des opposants.
Vaste codification du droit russe dirigée par Speranski, qui organisa pour la première fois l'ensemble des lois de l'Empire.
Idéologie officielle de l'État formulée par le ministre Ouvarov, fondement de la politique conservatrice du règne.
Écrasement du soulèvement de Pologne et suppression de l'autonomie du royaume, rattaché plus étroitement à la Russie.
Envoi de l'armée russe pour écraser la révolution hongroise au profit de l'Autriche, valant à Nicolas le surnom de « gendarme de l'Europe ».
Inauguration de la première grande ligne ferroviaire reliant les deux capitales, modernisation rare sous un règne par ailleurs conservateur.
Anecdotes
Nicolas Ier n'était pas censé devenir tsar : il était le troisième fils de Paul Ier. Mais son frère aîné Alexandre Ier mourut sans héritier en 1825, et l'autre frère, Constantin, renonça secrètement au trône. Cette confusion sur la succession déclencha la révolte des décembristes le jour même de son accession.
Le 14 décembre 1825, des officiers libéraux refusèrent de prêter serment à Nicolas et rassemblèrent leurs troupes sur la place du Sénat à Saint-Pétersbourg. Le nouveau tsar fit tirer au canon sur les insurgés. Cinq meneurs furent pendus et des centaines déportés en Sibérie : Nicolas resta marqué à vie par cette peur de la révolution.
Nicolas Ier était obsédé par l'ordre militaire et la discipline. On raconte qu'il aimait inspecter personnellement ses régiments et corrigeait le moindre bouton mal aligné. Son surnom dans toute l'Europe était « le gendarme de l'Europe », car il envoyait son armée écraser les révolutions, comme en Hongrie en 1849.
Le tsar fit créer la « Troisième Section », une police secrète chargée de surveiller les opposants et la presse. La censure était si stricte que des écrivains célèbres comme Pouchkine furent placés sous la surveillance personnelle de Nicolas, qui se faisait lui-même le censeur de leurs textes.
Nicolas Ier mourut en 1855 en pleine guerre de Crimée, alors que la Russie subissait de lourdes défaites face à la France et au Royaume-Uni. Certains historiens estiment qu'humilié par ces revers, il se laissa mourir d'une pneumonie en refusant de se soigner.
Sources primaires
Orthodoxie, Autocratie, Nationalité : telles sont les trois bases fondamentales sur lesquelles repose le salut et la force de la Russie.
Les conjurés ayant attenté à la personne sacrée de l'Empereur et à l'ordre de l'État sont condamnés, les cinq principaux à la peine de mort, les autres aux travaux forcés et à l'exil en Sibérie.
La Russie est gouvernée par une discipline de camp ; tout y est silence, mais un silence qui ressemble à celui de la tombe plutôt qu'à celui de la paix.
L'Empereur Nicolas avait une prestance imposante ; son regard d'acier commandait l'obéissance et nul n'osait soutenir longtemps ses yeux.
Lieux clés
Capitale de l'Empire et résidence principale du tsar. C'est là, sur la place du Sénat, que se déroula la révolte décembriste de 1825.
Résidence officielle des tsars, siège du pouvoir impérial à Saint-Pétersbourg. Nicolas Ier y gouvernait et y recevait la cour.
Lieu du soulèvement décembriste du 14 décembre 1825, écrasé par l'artillerie sur ordre de Nicolas Ier dès son avènement.
Résidence d'été impériale près de Saint-Pétersbourg, où la famille du tsar séjournait loin de la capitale.
Port militaire de Crimée assiégé lors de la guerre de Crimée, symbole des revers militaires russes à la fin du règne.
Capitale du royaume de Pologne, sous domination russe. L'insurrection de 1830-1831 y fut sévèrement réprimée par Nicolas Ier.






