Olof Palme(1927 — 1986)

Olof Palme

Suède

6 min de lecture

PolitiqueXXe siècleSuède de la seconde moitié du XXe siècle, apogée du modèle social-démocrate scandinave et contexte de la guerre froide

Homme d'État social-démocrate suédois, Premier ministre de Suède à deux reprises. Figure majeure de la gauche européenne et du tiers-mondisme, il fut assassiné en pleine rue à Stockholm en 1986, un crime longtemps resté irrésolu.

Questions fréquentes

Olof Palme (1927-1986) fut deux fois Premier ministre de la Suède, de 1969 à 1976 puis de 1982 à sa mort. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarna l'apogée du modèle social-démocrate scandinave, combinant économie de marché et État-providence très développé. Ce qui le rend singulier, c'est son engagement tiers-mondiste : il critiqua violemment la guerre du Vietnam, soutint les mouvements anti-apartheid et proposa une doctrine de « sécurité commune » face au nucléaire. Moins un simple chef de gouvernement qu'un symbole international de la gauche réformatrice, son assassinat en 1986 choqua le monde entier.

Faits marquants

  • Premier ministre de Suède une première fois de 1969 à 1976
  • Revient au pouvoir comme Premier ministre de 1982 à 1986
  • Critique virulent de la guerre du Viêt Nam et de l'apartheid, défenseur du désarmement et du dialogue Nord-Sud
  • Assassiné par balle dans une rue de Stockholm le 28 février 1986
  • Enquête classée en 2020, désignant Stig Engström comme suspect probable sans procès

Œuvres & réalisations

Réforme constitutionnelle de 1974 (1974)

Sous son gouvernement, la Suède adopte une nouvelle constitution qui retire au roi tout pouvoir politique, faisant de la monarchie un symbole.

Extension de l'État-providence suédois (années 1970)

Développement majeur des congés parentaux, de l'égalité hommes-femmes, de l'éducation gratuite et de la protection sociale, modèle scandinave devenu référence mondiale.

Médiation ONU dans la guerre Iran-Irak (1980-1986)

Palme mène, comme envoyé spécial des Nations unies, de nombreuses missions diplomatiques pour tenter de mettre fin au conflit.

Rapport « Common Security » (Commission Palme) (1982)

Doctrine de la sécurité commune qui influença les débats sur le désarmement nucléaire et la détente entre les blocs.

Engagement contre la guerre du Vietnam (1968-1972)

Position publique et constante contre l'intervention américaine, faisant de la Suède une voix critique au sein du monde occidental.

Soutien à la lutte contre l'apartheid et au tiers-monde (années 1970-1980)

Palme appuya les mouvements de libération en Afrique australe et l'aide au développement, incarnant le tiers-mondisme social-démocrate.

Anecdotes

En 1968, alors qu'il n'était pas encore Premier ministre, Olof Palme défila dans les rues de Stockholm aux côtés de l'ambassadeur du Nord-Vietnam pour protester contre la guerre menée par les États-Unis. Ce geste provoqua un véritable froid diplomatique : Washington rappela son ambassadeur et les relations entre les deux pays restèrent glaciales pendant des années.

Palme menait une vie remarquablement simple pour un chef de gouvernement. Le soir de son assassinat, le 28 février 1986, il rentrait du cinéma à pied avec son épouse Lisbeth, sans aucun garde du corps, après avoir vu un film comique suédois. C'est dans une rue ordinaire de Stockholm qu'il fut abattu d'une balle dans le dos.

Issu d'une famille bourgeoise et conservatrice, Palme était un aristocrate qui choisit le camp des travailleurs. Polyglotte, diplômé d'une université américaine, il passa du statut de fils de la haute bourgeoisie à celui de figure mondiale de la gauche, ce qui lui valut une haine farouche d'une partie de la droite suédoise.

L'enquête sur son meurtre devint la plus longue et la plus coûteuse de l'histoire criminelle suédoise. Pendant plus de trente ans, des milliers de pistes furent explorées sans résultat. En 2020, le procureur désigna comme coupable probable Stig Engström, dit « l'homme de Skandia », mais celui-ci s'étant suicidé en 2000, l'affaire fut classée sans procès.

En 1980, Palme fut nommé médiateur des Nations unies dans le conflit entre l'Iran et l'Irak. Il effectua de nombreuses navettes diplomatiques entre Téhéran et Bagdad pour tenter d'arrêter cette guerre meurtrière, illustrant son engagement constant pour la paix et le dialogue international.

Sources primaires

Discours de Palme sur les bombardements de Hanoï (« discours de Noël ») (23 décembre 1972)
Olof Palme compara les bombardements américains sur le Nord-Vietnam à une liste d'atrocités historiques, dénonçant « une forme de torture » infligée à un peuple. Ces propos déclenchèrent une crise diplomatique majeure avec les États-Unis.
Rapport de la Commission indépendante sur le désarmement et la sécurité (Commission Palme), « Common Security » (1982)
Le rapport défend l'idée de « sécurité commune » : les nations ne peuvent atteindre la sécurité les unes contre les autres, mais seulement les unes avec les autres, en particulier face au risque nucléaire.
Déclaration de Palme sur l'apartheid devant la Conférence mondiale contre l'apartheid (1986)
Palme qualifia l'apartheid de système « particulièrement odieux et inhumain », appelant la communauté internationale à des sanctions contre le régime sud-africain.
Programme de la social-démocratie suédoise sous Palme (années 1970)
Le mouvement affirme vouloir étendre la démocratie de la sphère politique à la vie économique et au monde du travail, par la réforme et non la révolution.

Lieux clés

Stockholm (Suède)

Capitale de la Suède où Palme est né, a fait carrière politique et a été assassiné. Cœur du pouvoir social-démocrate suédois.

Carrefour de Sveavägen et Tunnelgatan, Stockholm

Lieu de l'assassinat de Palme le 28 février 1986, aujourd'hui marqué par une plaque commémorative.

Kenyon College, Ohio (États-Unis)

Université américaine où le jeune Palme obtint son diplôme, une expérience qui forgea son regard critique sur les inégalités du capitalisme.

Riksdag (Parlement suédois), Stockholm

Siège du pouvoir législatif où Palme exerça ses fonctions de Premier ministre et défendit ses réformes sociales.

Adolf Fredriks kyrkogård, Stockholm

Cimetière de l'église Adolf Fredrik, situé à proximité du lieu du meurtre, où Olof Palme est inhumé.

Voir aussi