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Obè àti Oúnjẹ — le socle-et-soupe yoruba
Le repas yoruba ne se découpe pas en entrée-plat-dessert. Il s'organise autour d'un 'socle' féculent qu'on avale sans mâcher (igname pilée, pâte de céréale) qu'on trempe dans une obè, une soupe-sauce riche en huile de palme, graines moulues et produits de la mer. Autour gravitent les offrandes (oúnjẹ funfun, mets blancs) déposées aux orisha et les libations versées à terre avant que les vivants ne boivent. Pour Olokun, orisha des abysses, la mer fournit l'essentiel : poissons, crustacés, sel, et l'eau elle-même devient matière sacrée.
Signature : Epo pupa — l'huile de palme rouge
Pressée du fruit du palmier à huile, l'epo pupa colore les soupes yoruba d'un rouge profond et leur donne un goût gras, légèrement fumé. Avec elle viennent deux complices invisibles : l'iru (graines de néré fermentées, puissamment umami) et l'ede gbígbẹ (crevettes ou écrevisses séchées et moulues), qui signent presque tous les plats salés de la côte. Pour Olokun, ce rouge évoque le corail des profondeurs autant que la richesse qu'il dispense.

Olokun à table

5 recettes d’époque