Omar ibn al-Khattâb(586 — 644)

Omar ibn al-Khattâb

califat Rachidun

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PolitiqueMonarqueChef militaireReligieux/seMoyen ÂgeHaut Moyen Âge, période des premières conquêtes islamiques (VIIe siècle)

Compagnon proche du prophète Mahomet, Omar ibn al-Khattâb devint le deuxième calife de l'islam (634-644). Son règne marqua une expansion foudroyante de l'empire musulman, de la Perse à l'Égypte.

Questions fréquentes

Omar ibn al-Khattâb (586-644) fut le deuxième calife de l'islam, de 634 à 644. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il transforma une petite communauté en un empire s'étendant de la Perse à l'Égypte. Avant sa conversion vers 616, il était un farouche opposant du prophète Mahomet, mais son ralliement marqua un tournant décisif : selon la tradition, Mahomet aurait prié pour que l'un des deux Omar embrasse l'islam. Son surnom Al-Fârûq, « celui qui distingue le vrai du faux », illustre sa réputation de juge intègre et rigoureux.

Faits marquants

  • Né vers 586 à La Mecque, dans la tribu des Quraychites
  • Converti à l'islam vers 616, il devient l'un des plus proches compagnons de Mahomet
  • Élu deuxième calife en 634, à la mort d'Abou Bakr
  • Sous son règne (634-644), l'empire musulman conquiert la Syrie, l'Irak, la Perse et l'Égypte
  • Assassiné en 644 par un esclave perse, Abu Lulu

Œuvres & réalisations

Création du Diwan (registre des pensions) (Vers 636-638)

Omar institua un registre d'État versant des pensions régulières à tous les combattants musulmans et à leurs familles selon leur ancienneté dans l'islam. Cette innovation administrative constitua l'un des premiers systèmes de protection sociale organisé de l'histoire.

Établissement du calendrier hégirien (638)

Omar standardisa le calendrier islamique lunaire en prenant pour point de départ l'an de l'Hégire (622). Ce calendrier est encore utilisé aujourd'hui dans le monde musulman pour fixer les dates des fêtes religieuses comme le Ramadan.

Organisation administrative des provinces conquises (634-644)

Omar divisa l'empire en provinces (Amsar) avec des gouverneurs nommés, des juges (qadis) indépendants et un système fiscal codifié (kharaj pour les terres, jizya pour les non-musulmans). Cette structure administrative durable inspira les empires suivants.

Traité de capitulation de Jérusalem (Al-'Uhda al-'Umariyya) (638)

Document fondateur garantissant la sécurité des personnes, des biens et des lieux de culte chrétiens de Jérusalem. Ce texte est considéré comme l'un des premiers traités de tolérance religieuse de l'histoire médiévale.

Fondation des villes garnisons (Amsar) : Koufa et Bassora (636-638)

Omar fit construire des villes militaires planifiées en Irak pour servir de bases aux armées et de centres de rayonnement de l'islam. Koufa et Bassora devinrent rapidement des métropoles intellectuelles et commerciales majeures du monde islamique.

Anecdotes

Omar ibn al-Khattâb était réputé pour sa justice sans compromis, y compris envers sa propre famille. Lorsqu'il apprit que son fils avait commis une faute grave, il ordonna lui-même qu'il soit châtié selon la loi islamique, refusant tout passe-droit. Cette rigueur lui valut le surnom d'Al-Fârûq, « celui qui distingue le vrai du faux ».

Lors de la conquête de Jérusalem en 638, Omar entra dans la ville non pas en conquérant triomphal, mais simplement vêtu, à pied, tenant lui-même la bride de son chameau tandis que son serviteur était monté. Ce geste d'humilité frappa profondément les habitants et le patriarche Sophrone, qui lui remit personnellement les clés de la ville.

Omar était connu pour ses rondes nocturnes incognito dans les rues de Médine, cherchant à s'assurer que personne ne souffrait de la faim ou de l'injustice. On raconte qu'il découvrit ainsi une femme seule avec ses enfants affamés et porta lui-même de la nourriture depuis les réserves publiques pour les secourir.

Avant sa conversion à l'islam vers 616, Omar était l'un des adversaires les plus farouches du prophète Mahomet. Sa conversion, soudaine et totale, fut vécue comme un tournant majeur : selon la tradition islamique, Mahomet aurait dit qu'il avait prié pour que l'un des deux grands Omars (ibn al-Khattâb ou Amr ibn Hishâm) embrasse l'islam, tant leur ralliement renforcerait la communauté naissante.

Sources primaires

Futuh al-Buldan (Conquêtes des contrées) — Ahmad al-Balâdhurî (IXe siècle (compilé vers 892, d'après sources du VIIe siècle))
Omar écrivit aux commandants de ses armées : 'N'avancez pas sans consulter les habitants, ne brûlez pas les récoltes, ne tuez pas le bétail, respectez les gens du Livre dans leurs lieux de culte.'
Traité de capitulation de Jérusalem (Assurance d'Omar — Al-'Uhda al-'Umariyya) (638)
Il accorde à ses habitants la sécurité de leurs personnes et de leurs biens, de leurs églises et de leurs croix... leurs églises ne seront ni habitées ni détruites, et il ne sera porté aucun préjudice à leur religion.
Al-Tabaqat al-Kubra — Ibn Sa'd (IXe siècle (compilé vers 845))
Omar portait un vêtement rapiécé en douze endroits. Il mangeait du pain d'orge avec du sel et de l'huile, et disait : 'Comment pourrais-je manger de la viande alors que des sujets souffrent de la faim ?'
Tarikh al-Rusul wa al-Muluk (Annales) — Al-Tabarî (Xe siècle (compilé vers 915, d'après sources antérieures))
En l'an 18 de l'hégire, l'année de la cendre, Omar vint en personne en Syrie pour organiser le ravitaillement. Il distribua lui-même les vivres aux populations touchées par la famine et la peste.

Lieux clés

La Mecque (Makkah al-Mukarrama)

Ville natale d'Omar ibn al-Khattâb, centre religieux de l'Arabie préislamique et berceau de l'islam. C'est là qu'il grandit, s'opposa à Mahomet, puis se convertit, bouleversant l'histoire de la communauté musulmane naissante.

Médine (Al-Madina al-Munawwara)

Capitale du califat sous Omar, ville où il résida, gouverna et fut assassiné en 644. C'est à Médine qu'il mit en place les grandes réformes administratives de l'empire islamique et qu'il repose dans la mosquée du Prophète.

Jérusalem (Al-Quds)

Ville sainte des trois monothéismes, conquise en 638. Omar y signa personnellement le célèbre traité de capitulation garantissant la protection des habitants chrétiens et juifs, établissant un précédent de tolérance religieuse remarqué par les historiens.

Ctésiphon (Al-Madâ'in)

Ancienne capitale de l'empire sassanide de Perse, prise en 637 par les armées musulmanes lors de la bataille de Qadisiyya. Sa chute symbolise l'effondrement de la Perse zoroastrienne et l'extension de l'empire islamique vers l'est.

Plaine du Yarmouk (Syrie)

Lieu de la bataille décisive de 636 où les armées d'Omar écrasèrent les Byzantins, ouvrant la voie à la conquête de la Syrie, de la Palestine et du Liban. Cette victoire redessina durablement la carte du Moyen-Orient.

Voir aussi