Ingénieur et inventeur allemand (1848-1896), Otto Lilienthal est le premier homme à réaliser des vols planés répétés et contrôlés. Ses expériences avec les planeurs ont posé les bases scientifiques de l'aviation moderne.
Otto Lilienthal(1848 — 1896)
Otto Lilienthal
royaume de Prusse
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Opfer müssen gebracht werden. (Des sacrifices doivent être consentis.)»
Faits marquants
- 1848 : Naissance à Anklam en Prusse
- 1889 : Publication de 'Der Vogelflug als Grundlage der Fliegekunst', ouvrage de référence sur l'aérodynamique
- 1891 : Premier vol plané réussi à bord d'un planeur de sa conception
- 1891-1896 : Réalisation de plus de 2 000 vols planés
- 1896 : Mort à la suite d'un accident de planeur, ses travaux inspirent directement les frères Wright
Œuvres & réalisations
Traité scientifique fondamental dans lequel Lilienthal publie ses tables de coefficients de portance mesurées sur des profils d'ailes courbées. Traduit en anglais dès 1911, cet ouvrage fut la bible des pionniers de l'aviation, dont les frères Wright.
Planeur monoplan à profil cambré, résultat de plusieurs années d'optimisation, que Lilienthal commercialisa à une douzaine d'exemplaires. Il représente le premier appareil de vol plané produit en série et vendu à des tiers.
Biplan expérimental conçu pour augmenter la surface portante sans allonger l'envergure. Lilienthal l'essaya avec succès en 1895, anticipant les configurations qui seraient adoptées par les premiers avions motorisés.
Premier brevet allemand portant spécifiquement sur un planeur à profil cambré. Ce dépôt officialisa la priorité de Lilienthal sur le principe de l'aile courbée comme solution technique au vol plané humain.
Articles de vulgarisation dans lesquels Lilienthal rendait compte de ses expériences à un public cultivé non spécialisé. Ces publications, illustrées de photographies, diffusèrent ses travaux bien au-delà du cercle des ingénieurs.
Anecdotes
Avant de construire ses premiers planeurs, Otto Lilienthal passa des années à observer les cigognes et les hirondelles voler autour de sa ville natale d'Anklam. Il remplissait des carnets entiers de croquis d'ailes, mesurant les angles et les courbes des plumes, convaincu que la nature avait déjà résolu le problème du vol.
Pour s'entraîner sans dépendre de collines naturelles, Lilienthal fit construire en 1894 une butte artificielle de quinze mètres de haut dans la banlieue berlinoise de Lichterfelde, le Fliegeberg. Il pouvait ainsi s'élancer face au vent quelle que soit sa direction, accumulant des centaines de vols depuis ce monticule qu'il avait lui-même conçu.
Le 9 août 1896, une rafale de vent fit soudainement cabrer son planeur à une dizaine de mètres d'altitude. Lilienthal s'écrasa au sol et se brisa la colonne vertébrale. Transporté à Berlin, il mourut le lendemain. Ses dernières paroles, rapportées par son frère Gustav, auraient été : « Des sacrifices doivent être faits. »
Les frères Wright reconnaissaient ouvertement leur dette envers Lilienthal. En lisant ses travaux sur les profils d'ailes et ses tables de coefficients de portance, ils disposèrent d'une base scientifique solide pour construire leur Flyer. Sans les données publiées par l'ingénieur allemand, leur premier vol motorisé de 1903 aurait sans doute été repoussé de plusieurs années.
Lilienthal ne se contentait pas de voler : il gérait une usine à Berlin qui fabriquait des moteurs à vapeur de petite taille. C'est ce commerce qui finançait ses recherches aéronautiques. Il vendit même une douzaine de planeurs à d'autres expérimentateurs à travers l'Europe, faisant de lui le premier constructeur aéronautique en série de l'histoire.
Sources primaires
Die Kenntnis des Vogelfluges ist die Grundlage der Flugkunst. [...] Wer fliegen will, muss den Vogelflug studieren.
L'appareil est constitué d'une surface portante en forme d'aile courbée, fabriquée en osier recouvert de coton, permettant à un homme de se suspendre par les bras et de planer sur de courtes distances.
I am fully convinced that flight is very near at hand, and that we need a great deal more experimental work before we can succeed with power-driven machines.
Ich habe in diesem Sommer mehr als 200 Gleitflüge ausgeführt und dabei die Gewissheit gewonnen, dass ein geübter Mensch sich in der Luft zu halten und zu manövrieren vermag.
Lieux clés
Ville natale de Lilienthal, où il observa dès l'enfance les vols de cigognes le long des rives de la Peene. Cette expérience fondatrice orienta toute sa vie vers l'étude du vol animal.
Site des premiers vols planés contrôlés de Lilienthal en 1891, depuis une colline naturelle de 10 mètres. C'est ici qu'il prouva pour la première fois qu'un homme pouvait voler de manière répétée et maîtrisée.
Butte artificielle de 15 mètres construite par Lilienthal en 1894 dans sa banlieue résidentielle. Lieu de plusieurs centaines de vols d'entraînement, il est aujourd'hui classé monument historique.
Site du dernier vol de Lilienthal, le 9 août 1896. Une rafale de vent fit décrocher son planeur à environ 15 mètres d'altitude ; il s'écrasa au sol et mourut le lendemain à Berlin.
Atelier industriel où Lilienthal fabriquait et vendait des petits moteurs à vapeur. Les bénéfices de cette activité finançaient intégralement ses recherches aéronautiques et la construction de ses planeurs.
Objets typiques

Planeur monoplan à aile fixe fabriqué en lattes d'osier recouvertes de toile de coton, pesant environ 20 kg. C'est l'appareil avec lequel Lilienthal réalisa la grande majorité de ses 2 000 vols planés entre 1891 et 1896.

Petit instrument de mesure de la vitesse du vent que Lilienthal emportait systématiquement sur le terrain. Les données qu'il collectait lui permettaient de choisir les conditions optimales de vol et d'affiner ses calculs de portance.

Cahiers quadrillés dans lesquels Lilienthal consignait après chaque vol la vitesse du vent, la durée, la distance parcourue et ses impressions de pilotage. Ces notes constituaient la base empirique de ses publications scientifiques.

Dans son atelier berlinois, Lilienthal utilisait une table à dessin pour concevoir les plans de ses ailes, en calculant les courbes de profil inspirées des ailes de cigognes. Chaque version du planeur faisait l'objet de dessins techniques précis.

Système de sangles en cuir épais permettant au pilote de se suspendre par les épaules et les poignets à la structure de l'aile. Lilienthal contrôlait sa trajectoire en déplaçant son centre de gravité en agitant les jambes et le bassin.

En 1895, Lilienthal expérimenta un petit moteur alimenté au dioxyde de carbone pour animer mécaniquement les extrémités de ses ailes. Ce dispositif, jamais abouti, montrait sa volonté de passer du planeur à l'appareil motorisé.
Programmes scolaires
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Vie quotidienne
Matin
Lilienthal commençait sa journée tôt, vers six heures, en consultant les relevés météorologiques et en observant les girouettes depuis sa fenêtre. Si le vent était favorable (entre 5 et 10 m/s), il informait son frère Gustav et préparait le planeur démonté dans sa charrette. Le trajet jusqu'au Fliegeberg prenait moins d'une heure en calèche.
Après-midi
Lorsque les conditions le permettaient, il effectuait plusieurs séries de vols planés depuis la butte, dont chacun durait entre quelques secondes et une trentaine de secondes. Entre deux sauts, il notait ses observations, ajustait les sangles ou les baguettes d'osier, et discutait avec les curieux et les journalistes qui venaient souvent l'observer. Les jours sans vent, il travaillait à son bureau sur les plans de la prochaine version du planeur.
Soir
Le soir, de retour dans son atelier-logement de Lichterfelde, Lilienthal consignait les données du jour dans ses carnets et répondait à son courrier, de plus en plus abondant à mesure que sa réputation grandissait. Il lisait également les travaux d'autres expérimentateurs, notamment américains et français, et répondait parfois à leurs lettres en anglais ou en français.
Alimentation
Lilienthal appartenait à la bourgeoisie industrielle berlinoise et mangeait à la manière de son milieu : pain de seigle, charcuteries, pommes de terre, viandes en sauce et légumes de saison. Il était par ailleurs convaincu, comme beaucoup d'hygiénistes de l'époque, des bienfaits de l'air frais et de l'exercice physique, et il appliquait ces principes à sa propre vie.
Vêtements
Au quotidien, Lilienthal portait le costume sombre à trois pièces typique d'un ingénieur-entrepreneur prussien de la fin du XIXe siècle. Pour voler, il enfilait un costume de flanelle plus ample, sans cravate, et fixait son harnais en cuir par-dessus. Sur les photographies de vol, on le voit souvent en casquette plate, les jambes ballantes sous l'armature de l'aile.
Habitat
Il habitait une maison bourgeoise à Berlin-Lichterfelde, quartier résidentiel récemment relié au centre de Berlin par le premier tramway électrique d'Europe. La maison disposait d'un grand atelier au rez-de-chaussée, attenant à une cour où le planeur était assemblé et vérifié avant chaque sortie.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Der Vogelflug als Grundlage der Fliegekunst
1889
Normalsegelapparat (planeur standard)
1891–1896
Doppeldecker (biplan expérimental)
1895
Brevet n° 77916 — Appareil pour le vol plané à aile courbée
1893
Série d'articles dans la revue Prometheus
1894–1896






