Pakhet

Pachet

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MythologieAvant J.-C.Égypte antique, attestée à partir du Moyen Empire (vers 2000 av. J.-C.) et particulièrement vénérée sous le Nouvel Empire

Pakhet (« celle qui griffe ») est une déesse-lionne de la mythologie égyptienne, divinité de la chasse associée au désert et aux ouadis. Figure protectrice à la nature guerrière, elle fut assimilée par les Grecs à Artémis lors de la période ptolémaïque.

Questions fréquentes

Pakhet (qui signifie « celle qui griffe ») est une déesse-lionne de la chasse, vénérée en Égypte antique dès le Moyen Empire (vers 2000 av. J.-C.). Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle incarne une figure ambivalente : d'un côté, elle protège le pharaon et chasse les forces du chaos dans les ouadis désertiques ; de l'autre, sa nature guerrière peut se retourner contre ceux qui l'offensent. Elle fait partie de la famille des déesses-lionnes comme Sekhmet et Bastet, mais se distingue par son lien spécifique avec les ravins nocturnes et la chasse sauvage.

Faits marquants

  • Déesse-lionne du désert dont le nom signifie « celle qui griffe » ou « la déchireuse »
  • Attestée dès le Moyen Empire égyptien (vers 2000 av. J.-C.) dans les Textes des sarcophages
  • Possède un temple rupestre, le Speos Artemidos, creusé près de Beni Hassan sous le règne d'Hatchepsout (vers 1470 av. J.-C.)
  • Assimilée à la déesse grecque Artémis durant la période ptolémaïque (à partir du IIIe siècle av. J.-C.)
  • Divinité de la chasse liée aux ouadis, associée aux déesses-lionnes comme Sekhmet et Bastet

Œuvres & réalisations

Le Spéos Artémidos (vers 1470 av. J.-C.)

Temple rupestre dédié à Pakhet, chef-d'œuvre de l'architecture taillée dans la roche commandé par Hatchepsout. Lieu central de son culte.

L'inscription dédicatoire d'Hatchepsout (vers 1470 av. J.-C.)

Long texte gravé à l'entrée du sanctuaire, célébrant la restauration de l'Égypte et la dévotion à Pakhet ; précieuse source historique sur les Hyksôs.

Le « petit Spéos » voisin (Nouvel Empire)

Second sanctuaire rupestre proche, lié au culte des divinités locales, témoignant de l'importance religieuse de la région.

Assimilation à Artémis (période ptolémaïque)

Identification de Pakhet à la déesse grecque Artémis, exemple marquant du syncrétisme religieux gréco-égyptien.

Représentations iconographiques (Moyen et Nouvel Empire)

Image durable de la femme à tête de lionne coiffée du disque solaire, intégrée au répertoire des déesses protectrices.

Anecdotes

Le nom de Pakhet signifie « celle qui griffe » ou « celle qui déchire ». Les Égyptiens l'imaginaient comme une lionne chassant la nuit dans les ravins du désert (les ouadis), guettant ses proies au bord des cours d'eau asséchés. Cette image de chasseresse nocturne en fit une protectrice redoutée et respectée.

Pakhet possédait un grand sanctuaire rupestre creusé dans la falaise près de Beni Hassan, en Moyenne-Égypte. La reine-pharaon Hatchepsout (XVe siècle av. J.-C.) le fit aménager et y grava une longue inscription célèbre où elle se vante d'avoir chassé les envahisseurs Hyksôs et restauré l'ordre dans le pays.

Lorsque les Grecs arrivèrent en Égypte, ils virent en Pakhet, déesse-lionne de la chasse, l'équivalent de leur propre déesse chasseresse Artémis. Ils rebaptisèrent donc son sanctuaire « Spéos Artémidos », c'est-à-dire « la grotte d'Artémis », nom qu'il porte encore aujourd'hui.

Pakhet fait partie de la grande famille des déesses-lionnes égyptiennes, aux côtés de Sekhmet et de Bastet. Comme elles, elle incarnait l'ambivalence du félin : une violence guerrière capable de protéger le pharaon et de détruire ses ennemis, mais aussi une force qu'il fallait apaiser par des rituels.

Dans certains textes, Pakhet est surnommée « celle qui ouvre les chemins » et associée à l'œil oudjat ainsi qu'à la protection contre les serpents et les forces du chaos. On la représentait en femme à tête de lionne, parfois coiffée du disque solaire, soulignant son lien avec le soleil destructeur du désert.

Sources primaires

Inscription du Spéos Artémidos (Hatchepsout) (vers 1470 av. J.-C.)
J'ai relevé ce qui était en ruines ; j'ai restauré ce qui était inachevé depuis que les Asiatiques (Hyksôs) étaient au milieu du Delta… gouvernant dans l'ignorance de Rê.
Textes des sarcophages (Coffin Texts) (Moyen Empire, vers 2000 av. J.-C.)
Pakhet la grande, dont la puissance est grande, qui parcourt les ouadis à la tombée de la nuit, celle qui griffe.
Description de l'Égypte / récits des voyageurs gréco-romains sur le Spéos Artémidos (période ptolémaïque, IIIe–Ier s. av. J.-C.)
Les Grecs nommaient ce sanctuaire taillé dans la roche la grotte d'Artémis, assimilant la déesse-lionne locale à leur Artémis chasseresse.

Lieux clés

Spéos Artémidos (Istabl Antar), près de Beni Hassan

Sanctuaire rupestre creusé dans la falaise par Hatchepsout, principal lieu de culte de Pakhet. Les Grecs le nommèrent « grotte d'Artémis ».

Beni Hassan

Nécropole de Moyenne-Égypte aux célèbres tombes de nomarques, à proximité du sanctuaire de Pakhet. Centre régional de son culte.

Désert oriental et ouadis de Moyenne-Égypte

Vallées sèches et territoires désertiques où Pakhet était censée chasser à la tombée de la nuit. Domaine mythique de la déesse-lionne.

Thèbes

Capitale religieuse du Nouvel Empire où s'épanouit le culte des déesses-lionnes protectrices comme Sekhmet et Pakhet.

Voir aussi