Paul Ricœur(1913 — 2005)
Paul Ricœur
France
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Paul Ricœur (1913-2005) est un philosophe français majeur du XXe siècle. Représentant de la phénoménologie et de l'herméneutique, il a élaboré une vaste réflexion sur le récit, la mémoire, l'identité et la justice.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Soi-même comme un autre. »
« Le symbole donne à penser. »
Faits marquants
- Né en 1913 à Valence, prisonnier de guerre en Allemagne de 1940 à 1945
- Professeur à la Sorbonne puis à Nanterre dans les années 1960
- Publie « De l'interprétation. Essai sur Freud » en 1965
- Publie « Temps et récit » (1983-1985), réflexion majeure sur la narrativité
- Publie « Soi-même comme un autre » en 1990 ; mort en 2005 à Châtenay-Malabry
Œuvres & réalisations
Vaste projet en plusieurs tomes (dont La Symbolique du mal) explorant la liberté, la faute et les limites humaines. Il y inaugure son approche herméneutique des symboles.
Recueil d'essais sur le sens de l'histoire et la responsabilité du savant. Ricœur y interroge le rapport entre vérité et action.
Lecture philosophique majeure de la psychanalyse, où Ricœur forge sa notion de « soupçon ». Une référence pour penser l'interprétation.
Étude sur la métaphore comme création de sens et innovation du langage. L'ouvrage relie philosophie, rhétorique et poétique.
Trilogie fondamentale montrant comment le récit donne forme à l'expérience du temps. C'est l'une de ses œuvres les plus influentes.
Somme de sa philosophie de l'identité personnelle et de l'éthique, fondée sur la notion d'« identité narrative ». Un texte central de la pensée contemporaine.
Grande méditation sur le devoir de mémoire, le travail de l'historien et le pardon. Œuvre tardive en prise avec les questions du XXe siècle.
Anecdotes
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Paul Ricœur est fait prisonnier en 1940 et passe cinq ans dans des camps d'officiers en Allemagne. Plutôt que de se laisser abattre, il y organise une véritable « université captive » avec ses codétenus et traduit en cachette, dans les marges de son exemplaire, un livre difficile du philosophe allemand Edmund Husserl.
En 1968, Ricœur enseigne à l'université de Nanterre, l'un des foyers de la révolte étudiante. Élu doyen en 1969, il tente de dialoguer avec les étudiants, mais l'affaire tourne mal : un jour, un étudiant lui jette une poubelle sur la tête. Blessé par l'incident, il finit par quitter Nanterre.
Mal compris en France où le structuralisme domine, Ricœur part enseigner aux États-Unis, notamment à l'Université de Chicago, où il occupe une chaire ayant appartenu au théologien Paul Tillich. Il devient ainsi l'un des philosophes français les plus lus dans le monde anglophone.
En 2004, à 91 ans, Ricœur reçoit le prestigieux prix John W. Kluge, considéré comme une sorte de « Nobel » des sciences humaines. Fidèle à ses convictions, il consacre une partie de la récompense à des œuvres et à la recherche.
Toute sa vie, Ricœur a pratiqué ce qu'il appelait la « volonté de comprendre l'adversaire » : avant de critiquer une idée, il s'efforçait d'en présenter la version la plus forte. Cette honnêteté intellectuelle a profondément marqué ses élèves, dont un certain... Emmanuel Macron, qui fut son assistant éditorial à la fin des années 1990.
Sources primaires
Le temps devient temps humain dans la mesure où il est articulé sur un mode narratif, et le récit atteint sa signification plénière quand il devient une condition de l'existence temporelle.
L'identité du soi se laisse mieux comprendre comme une identité narrative, distincte de l'identité du même : ce que je suis n'est pas une chose permanente, mais l'histoire que je peux raconter de moi.
Je reste troublé par l'inquiétant spectacle que donnent le trop de mémoire ici, le trop d'oubli ailleurs, pour ne rien dire de l'influence des commémorations et des abus de mémoire — et d'oubli.
La compréhension de l'autre est une dimension constitutive de la connaissance historique ; comprendre, c'est se transporter dans une autre vie.
Lieux clés
Ville de la Drôme où Paul Ricœur naît en 1913 et passe une partie de son enfance. Il y reçoit une éducation marquée par le protestantisme familial.
Ricœur y enseigne la philosophie à partir de 1948, période féconde où il développe sa réflexion phénoménologique. C'est une étape importante de sa carrière universitaire.
Ricœur participe à la fondation de cette université et y devient doyen ; il y vit de plein fouet les événements de Mai 68. Les tensions l'amèneront à la quitter.
Ricœur y occupe une chaire prestigieuse à partir de 1970, gagnant une reconnaissance mondiale. Ses séjours américains nourrissent un dialogue avec la philosophie anglophone.
Commune de la banlieue parisienne où Ricœur réside les dernières décennies de sa vie, aux Murs Blancs, communauté héritée d'Emmanuel Mounier. Il y meurt en 2005.






