
Pina Bausch
Pina Bausch
1940 — 2009
Allemagne
danseuse et chorégraphe allemande
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Faits marquants
Œuvres & réalisations
Relecture radicale du ballet de Stravinski sur un plateau recouvert de terre, où le sacrifice rituel devient une métaphore universelle de la domination et de la violence. Considérée comme l'une des plus grandes chorégraphies du 20e siècle.
Pièce autobiographique dans laquelle Pina Bausch danse elle-même, les yeux fermés, dans un espace encombré de chaises. Inspirée du café de son enfance, cette œuvre poétique explore la solitude, la mémoire et la quête de tendresse.
Exploration des relations hommes-femmes dans un bal populaire, alternant séduction, rejet et violence ordinaire. La pièce a été reprise en 2000 avec des non-danseurs de plus de 65 ans, puis en 2008 avec des adolescents, démontrant son universalité.
Scène entièrement recouverte de 8000 œillets roses dans laquelle les danseurs évoluent habillés en tenues quotidiennes. Chef-d'œuvre de poésie scénique qui mêle tendresse, mélancolie et absurde.
Première des 'pièces de ville' inspirées par Palerme et sa culture sicilienne, commencée par l'effondrement d'un mur de parpaings sur scène, écho probable à la chute imminente du mur de Berlin. Cette série inaugurera un cycle de collaborations avec des villes du monde entier.
Pièce inspirée d'un séjour à Lisbonne et au Cap-Vert, traversée par les rythmes du fado et de la musique cap-verdienne. Une des œuvres les plus solaires et sensorielles du répertoire du Tanztheater Wuppertal.
Anecdotes
Pina Bausch a été repérée à l'âge de 14 ans par Kurt Jooss, directeur de la Folkwangschule d'Essen, qui a immédiatement reconnu son talent exceptionnel. Elle obtiendra une bourse pour étudier à la Juilliard School de New York, où elle côtoiera les plus grands noms de la danse contemporaine américaine.
Lors de la création de 'Café Müller' en 1978, Pina Bausch a choisi de danser elle-même le rôle principal, les yeux fermés, se déplaçant parmi des chaises et des tables dans un espace quasi onirique. Ce spectacle, inspiré du café de son enfance tenu par ses parents à Solingen, est devenu l'une des œuvres les plus emblématiques du 20e siècle.
Sa méthode de création était radicalement nouvelle : elle posait des questions existentielles à ses danseurs — 'Qu'est-ce qui vous fait peur ?' ou 'Décrivez quelqu'un que vous aimez' — et construisait ses pièces à partir de leurs réponses spontanées. Cette approche collaborative brouillait la frontière entre l'intime et la scène.
Pedro Almodóvar et Wim Wenders étaient des admirateurs inconditionnels de son travail. Wenders lui a consacré le documentaire 'Pina' (2011), tourné en 3D après sa mort soudaine d'un cancer du poumon, diagnostiqué seulement cinq jours avant son décès en juin 2009, à 68 ans.
Pina Bausch a dirigé le Tanztheater Wuppertal pendant plus de 35 ans, transformant cette ville industrielle de Rhénanie-du-Nord-Westphalie en une capitale mondiale de la danse contemporaine. Elle a reçu le prix Kyoto en 2007, l'une des récompenses les plus prestigieuses au monde dans les arts et la culture.
Sources primaires
Je ne m'intéresse pas à la façon dont les gens bougent, mais à ce qui les émeut. Ce qui compte, c'est ce qui se cache derrière les gestes.
Le Tanztheater de Pina Bausch ne cherche pas à raconter une histoire au sens traditionnel. Il explore les relations humaines dans ce qu'elles ont de plus primitif et de plus vulnérable.
La danse est pour moi une façon de voir le monde, pas seulement de le montrer. Chaque pièce est une question que je pose aux danseurs et au public.
Nos scènes doivent respirer. La terre, l'eau, les fleurs — ces éléments naturels ramènent le corps à son essence. Nous travaillons ensemble depuis les premiers jours à Wuppertal.
Lieux clés
Siège du Tanztheater Wuppertal depuis 1973, cette salle d'opéra de la ville industrielle rhénane est devenue sous la direction de Bausch un lieu de référence mondiale pour la danse contemporaine. C'est ici que la plupart de ses œuvres majeures ont été créées.
Ville natale de Pina Bausch où ses parents tenaient un café-restaurant dont elle observait les clients enfant, absorbant les comportements humains qui nourriront toute son œuvre. L'atmosphère de ce café réapparaît directement dans 'Café Müller' (1978).
École d'arts fondée sur les principes du Bauhaus où Pina Bausch a été formée à partir de 1955 sous la direction de Kurt Jooss. Cette institution a façonné sa conception d'un art total mêlant danse, musique et arts visuels.
Prestigieuse école des arts du spectacle de Manhattan où Bausch a perfectionné sa technique de 1960 à 1962 grâce à une bourse de la Fondation Ford. Sa rencontre avec la danse moderne américaine (Limón, Tudor) élargit considérablement sa palette artistique.
Scène parisienne qui a accompagné la carrière internationale de Pina Bausch et programmé régulièrement le Tanztheater Wuppertal depuis les années 1970. Paris a été l'un des premiers foyers de la reconnaissance internationale de son travail.
Objets typiques
Les danseuses du Tanztheater portaient fréquemment des robes de soirée et des escarpins pour souligner la fragilité et la résistance du corps féminin. Ces chaussures devenues emblématiques symbolisent la tension entre l'élégance sociale imposée et la liberté du mouvement.
Pina Bausch intégrait régulièrement la parole dans ses pièces, utilisant des micros pour amplifier les voix des danseurs qui chantaient, récitaient ou répondaient à des questions. Ce dispositif brouillait la frontière entre danse, théâtre et confession.
Pour 'Frühlingsopfer' (1975) et d'autres pièces, le plateau était recouvert de terre ou de sable, transformant la scène en espace naturel brut. Les corps des danseurs s'y plongeaient, s'y traînaient, illustrant le rapport viscéral à la nature.
Dans 'Nelken' (1982), 8000 œillets roses recouvraient toute la scène, créant un paysage poétique et mélancolique. La fleur est récurrente dans son œuvre comme symbole de beauté éphémère et de fragilité humaine.
Pina Bausch consignait dans ses carnets les questions posées aux danseurs et leurs réponses, constituant la matière brute de ses pièces. Cette méthode d'improvisation guidée était au cœur de son processus de création unique.
Costume emblématique du Tanztheater, la robe de soirée portée par les interprètes féminines dans des situations de détresse ou d'effort physique intense crée un choc visuel saisissant. Elle interroge les codes sociaux imposés aux femmes.
Dans 'Arien' (1979), la scène était inondée d'eau dans laquelle les danseurs évoluaient, créant des effets visuels et sonores hypnotiques. L'eau devient chez Bausch un élément chorégraphique à part entière, symbole de fluidité et de danger.
Programmes scolaires
Vie quotidienne
Matin
Pina Bausch commençait ses journées tardivement, souvent après 10h, une habitude héritée du rythme du théâtre. Elle prenait un café fort en lisant les journaux avant de se consacrer à la correspondance et aux notes de création. Ses matinées à Wuppertal étaient souvent solitaires, temps de réflexion avant l'effervescence des répétitions.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux répétitions au Tanztheater Wuppertal, qui pouvaient s'étirer sur six à huit heures. Bausch observait ses danseurs, posait des questions, prenait des notes, assemblait des fragments de réponses en séquences chorégraphiques. Elle fumait des cigarettes et buvait du café tout au long des sessions, assistant à chaque détail.
Soir
Les soirées étaient souvent occupées par des représentations, des discussions avec les danseurs et les collaborateurs artistiques, ou par le travail de dramaturgie. Pina Bausch aimait aller au restaurant après les spectacles avec son équipe pour échanger librement. Elle veillait tard et dormait peu, une insomnie créative qui nourrissait son travail.
Alimentation
Pina Bausch avait un rapport simple à la nourriture, préférant les repas partagés en communauté aux dîners raffinés. Elle aimait la cuisine allemande traditionnelle et les restaurants italiens. La cigarette était omniprésente dans sa vie quotidienne, une habitude qu'elle a conservée jusqu'à la fin et qui fut à l'origine de son cancer du poumon.
VĂŞtements
En dehors de la scène, Pina Bausch s'habillait sobrement, préférant des vêtements noirs ou sombres, souvent des pantalons et des pulls amples. Ses tenues de travail en répétition étaient fonctionnelles et discrètes, contrastant avec la sophistication des costumes de scène qu'elle concevait avec ses collaborateurs. Ses cheveux noirs, tirés en arrière ou libres, étaient sa signature visuelle.
Habitat
Pina Bausch a vécu la majeure partie de sa vie adulte à Wuppertal, dans un appartement sobre proche du théâtre. Elle considérait le Tanztheater comme sa véritable maison et passait l'essentiel de son temps dans les studios et les salles de répétition. Ses logements temporaires lors des tournées internationales étaient choisis pour leur proximité avec les lieux de représentation.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie
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Style visuel
Esthétique théâtrale sombre et poétique : clair-obscur dramatique, robes longues, sols nus ou fleuris, corps expressifs dans des éclairages au grain cinématographique.
Prompt IA
Cinematic visual style inspired by Pina Bausch's Tanztheater Wuppertal. Dark stage with dramatic theatrical lighting — isolated spotlights creating pools of warm amber against deep shadow. Performers in long silk evening gowns and worn high heels, or men in formal suits, moving in slow ritualistic gestures. Minimalist but evocative set design: earth-covered floors, thousands of pink carnations, flooded stage, scattered chairs. Film grain aesthetic, desaturated colors with selective warmth. Documentary photography style, 35mm film. Faces captured in extreme close-up revealing vulnerability and emotion. Wuppertal industrial landscape visible through backstage windows, grey northern German sky.
Ambiance sonore
Ambiance d'une répétition au Tanztheater Wuppertal : plancher de scène, piano, voix mêlées et silences habités propres au processus de création de Bausch.
Prompt IA
Atmospheric soundscape of a contemporary dance rehearsal in a German opera house, 1970s-1990s. Wooden stage floor creaking under bare feet and high heels. The echo of a large empty theater. A pianist rehearsing fragments of classical music — Purcell, Schubert, Brahms. Dancers breathing heavily, voices murmuring in German and multiple languages. Distant sound of rain on high glass windows. The rustle of long evening dresses against the floor. A vinyl record playing a nostalgic ballad. The shuffle of chairs being rearranged. Occasional silence broken by a single voice asking a question. Industrial sounds from the city of Wuppertal drifting faintly through walls.
Source du portrait
Wikimedia Commons
Aller plus loin
Références
Ĺ’uvres
FrĂĽhlingsopfer (Le Sacre du Printemps)
1975
Kontakthof
1978
Nelken (Les Ĺ’illets)
1982
Palermo Palermo
1989
Masurca Fogo
1998





