Polycrate
Polycratès
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Tyran de l'île de Samos au VIe siècle av. J.-C., Polycrate porta sa cité à l'apogée de sa puissance grâce à une flotte redoutable et à des alliances stratégiques. Son règne brillant, marqué par le mécénat et la prospérité, s'acheva par une mort violente aux mains du satrape perse Oroitès.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Vers 538 av. J.-C. : Polycrate s'empare du pouvoir à Samos avec ses frères
- Il constitue une flotte de cent pentécontères et une armée de mille archers
- Il entretient une alliance avec le pharaon Amasis d'Égypte, puis avec la Perse
- Il fait de Samos un centre culturel florissant, accueillant poètes et artistes (dont Anacréon)
- Vers 522 av. J.-C. : capturé par le satrape Oroitès, il est mis à mort et crucifié
Œuvres & réalisations
Aqueduc souterrain d'environ 1 036 mètres de longueur, percé à travers le mont Castro par l'ingénieur Eupalinos de Mégare. Ce tunnel, cité par Hérodote comme l'une des trois merveilles de Samos, représente un exploit technique unique dans l'Antiquité grecque.
Polycrate fit construire un gigantesque temple dédié à Héra sur l'île de Samos, dépassant en dimensions tous les sanctuaires grecs contemporains. Ce projet monumental affirmait la puissance du tyran tout en rivalisant avec les grands temples d'Asie Mineure.
Polycrate fit édifier une grande jetée en eau profonde pour protéger et agrandir le port de Samos, citée par Hérodote parmi les trois grandes réalisations de la cité. Cette infrastructure portuaire permettait d'abriter et d'équiper sa puissante flotte de guerre.
Polycrate porta la flotte samienne à cent pentecontères et quarante trirèmes, faisant de Samos la première puissance navale de la mer Égée. Cette flotte lui permit d'imposer sa domination sur de nombreuses îles et cités côtières, inaugurant une forme de thalassocratie.
Polycrate accueillit à sa cour les poètes Anacréon de Téos et Ibycus de Rhèges, faisant de Samos un foyer culturel majeur du monde grec archaïque. Ce patronage des arts renforçait le prestige du tyran et inscrivait son règne dans la tradition des cours brillantes de l'époque.
Anecdotes
Polycrate, conscient que sa fortune exceptionnelle pouvait attirer la jalousie des dieux, suivit le conseil de son allié égyptien Amasis : il jeta à la mer son anneau le plus précieux, une émeraude sertie d'or, afin de s'infliger lui-même un malheur. Quelques jours plus tard, un pêcheur lui offrit un grand poisson en cadeau ; en le préparant, les cuisiniers y trouvèrent l'anneau intact. Quand Amasis apprit la nouvelle, il rompit aussitôt leur alliance, convaincu que nul être humain ne pouvait échapper à son destin.
Maître d'une flotte de cent pentecontères et de quarante trirèmes, Polycrate se rendit redoutable sur toute la mer Égée. Il pratiquait une forme de piraterie calculée : il attaquait amis et ennemis sans distinction, affirmant qu'un allié à qui l'on rend ses biens après les avoir pris vous est bien plus reconnaissant que si on ne les avait jamais pris.
Polycrate était un grand mécène qui attirait à sa cour les poètes les plus célèbres de son temps. Anacréon de Téos et Ibycus de Rhèges vécurent à Samos sous sa protection et composèrent des odes en son honneur. Ce patronage des arts fit de Samos un foyer culturel brillant, rivalisant avec les grandes cours du monde grec.
Vers 522 av. J.-C., le satrape perse Oroitès attira Polycrate sur le continent sous prétexte de lui partager un immense trésor. Malgré les avertissements de sa fille, qui avait fait un songe prémonitoire, le tyran de Samos traversa la mer et tomba dans le piège. Oroitès le fit mettre à mort et exposa son corps — une fin misérable pour celui qui avait si longtemps défié la fortune.
Les grands travaux de Polycrate à Samos frappèrent les anciens par leur ambition. Hérodote cite trois réalisations comme les plus remarquables de tout le monde grec : un tunnel percé à travers une montagne pour alimenter la cité en eau, une digue protégeant le port, et le temple d'Héra, l'un des plus grands sanctuaires de l'époque. Ces chantiers colossaux témoignaient de la richesse et de la puissance exceptionnelles de Samos sous son règne.
Sources primaires
Polycrate, tyran de Samos, était l'ami et l'allié d'Amasis, roi d'Égypte. Amasis lui écrivit : 'La grande fortune d'un ami ne me réjouit pas autant qu'elle le devrait ; car je connais les dieux, jaloux qu'ils sont, et je préférerais voir mes amis tantôt prospérer, tantôt subir quelque revers.'
Polycrate fut le premier des Grecs dont nous ayons connaissance à concevoir le projet d'une domination sur la mer, si l'on excepte Minos de Cnossus. [...] Oroitès le fit mettre à mort d'une manière indigne de lui et de sa fortune, et exposa son corps.
Polycrate, tyran de Samos, fut puissant par sa flotte et soumit plusieurs îles, entre autres Rhénée qu'il consacra à Apollon de Délos.
Samos a produit des hommes illustres [...] Au temps de Polycrate, la cité était si florissante que les grands travaux ordonnés par le tyran comptaient parmi les merveilles du monde grec.
Lieux clés
Île de la mer Égée, siège du pouvoir de Polycrate. Sous son règne, Samos devint l'une des cités les plus prospères et les plus puissantes du monde grec, dotée de grands monuments et d'une flotte redoutable.
Grand sanctuaire dédié à la déesse Héra, situé au sud-ouest de l'île. Polycrate le fit agrandir et embellir, en faisant l'un des temples les plus imposants du monde grec, cité par Hérodote parmi les trois plus grandes réalisations de Samos.
Chef-d'œuvre d'ingénierie antique percé sous le mont Castro pour alimenter Samos en eau potable. Conçu par l'architecte Eupalinos de Mégare sous le mécénat de Polycrate, il fut creusé simultanément des deux côtés de la montagne avec une précision remarquable.
Cité d'Asie Mineure, territoire du satrape Oroitès, où Polycrate fut attiré par de fausses promesses de richesses et mis à mort vers 522 av. J.-C. C'est ici que s'acheva tragiquement le règne du tyran de Samos.
Comptoir grec en Égypte et siège du pharaon Amasis, allié puis adversaire de Polycrate. Les relations diplomatiques entre Samos et l'Égypte influencèrent durablement la politique maritime du tyran en Méditerranée orientale.






