Polynice

Polynice

Thèbes

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MythologieAvant J.-C.Grèce mythologique, cycle thébain — antiquité légendaire antérieure à l'ère chrétienne

Polynice est un personnage de la mythologie grecque, fils d'Œdipe et de Jocaste, frère d'Étéocle, d'Antigone et d'Ismène. Son conflit avec son frère pour le trône de Thèbes déclenche la guerre des Sept Chefs et inspire la tragédie de Sophocle.

Questions fréquentes

Polynice est le fils d'Œdipe et de Jocaste, frère d'Étéocle, d'Antigone et d'Ismène. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne le conflit fratricide : après l'exil d'Œdipe, il devait régner à tour de rôle avec son frère, mais Étéocle refusa de lui céder le trône. Ce qui distingue Polynice, c'est qu'il n'hésite pas à lever une armée étrangère pour reconquérir sa cité, déclenchant la guerre des Sept Chefs.

Faits marquants

  • Fils d'Œdipe et de Jocaste, frère d'Étéocle, d'Antigone et d'Ismène
  • Convient avec Étéocle d'une royauté alternée à Thèbes, mais en est exclu, ce qui déclenche le conflit
  • Mène l'expédition des Sept Chefs contre Thèbes pour reconquérir le trône
  • Meurt en duel singulier contre son frère Étéocle, chacun tuant l'autre
  • Créon interdit sa sépulture ; Antigone brave l'édit pour l'ensevelir, au cœur de la tragédie de Sophocle (vers 441 av. J.-C.)

Œuvres & réalisations

Les Sept contre Thèbes (Eschyle) (467 av. J.-C.)

Tragédie qui met en scène l'assaut de Thèbes et le duel fatal des deux frères. Polynice y incarne l'exilé revendiquant son droit par les armes.

Antigone (Sophocle) (vers 441 av. J.-C.)

Chef-d'œuvre tragique centré sur le sort posthume de Polynice : l'interdiction de sa sépulture et le sacrifice d'Antigone qui le brave.

Œdipe à Colone (Sophocle) (vers 401 av. J.-C.)

Tragédie où Polynice vient implorer la bénédiction de son père Œdipe, qui le maudit au contraire avant la guerre.

Les Phéniciennes (Euripide) (vers 410 av. J.-C.)

Pièce montrant la tentative de Jocaste de réconcilier ses fils ennemis, et l'affrontement de leurs ambitions rivales.

Les Suppliantes (Euripide) (vers 423 av. J.-C.)

Drame consacré à la récupération et à l'ensevelissement des corps des chefs argiens tombés devant Thèbes, dont celui de Polynice.

Thébaïde (Stace) (vers 92 ap. J.-C.)

Vaste épopée latine en douze chants relatant toute la guerre fratricide, qui fixe durablement la figure de Polynice dans la culture occidentale.

La guerre des Sept contre Thèbes (cycle thébain) (Âge mythique)

Expédition légendaire des sept chefs menée pour rétablir Polynice, qui forme l'un des grands cycles épiques de la Grèce antique.

Anecdotes

Polynice et son frère Étéocle, fils maudits d'Œdipe, avaient convenu de régner à tour de rôle sur Thèbes, un an chacun. Mais quand Étéocle refusa de céder le trône à la fin de son année, Polynice s'exila et leva une armée pour reprendre son dû par la force.

Pour convaincre le devin Amphiaraos de rejoindre l'expédition, Polynice offrit à Ériphyle, l'épouse du devin, le célèbre collier d'Harmonie. Amphiaraos savait qu'il mourrait dans cette guerre, mais le présent maudit décida de son sort.

Les deux frères s'entretuèrent lors d'un combat singulier sous les murs de Thèbes, accomplissant la malédiction qu'Œdipe avait lancée contre eux. On raconte que, même brûlés sur le même bûcher funéraire, la flamme se sépara en deux, signe de leur haine inextinguible.

Après la défaite, le roi Créon interdit d'ensevelir Polynice, considéré comme traître à sa cité. Sa sœur Antigone brava cet ordre pour offrir une sépulture à son frère, geste qui inspira l'une des plus célèbres tragédies de Sophocle.

Le nom même de Polynice signifie en grec « celui qui a beaucoup de querelles » ou « qui suscite de nombreux conflits », un présage du destin sanglant qui pesait sur lui et sur toute la lignée des Labdacides.

Sources primaires

Eschyle, Les Sept contre Thèbes (467 av. J.-C.)
Le sens de son nom le marque : Polynice, l'homme aux multiples querelles. Il brandit un bouclier où une femme conduit avec mesure un guerrier d'or, la Justice, dit-elle, qui ramènera l'exilé dans sa cité.
Sophocle, Antigone (vers 441 av. J.-C.)
Étéocle, tombé pour la défense de la cité, sera enseveli avec honneur ; mais son frère Polynice, qui revint d'exil pour livrer aux flammes sa patrie, il est interdit de l'ensevelir ou de le pleurer : qu'il reste sans tombe, pâture des oiseaux.
Euripide, Les Phéniciennes (vers 410 av. J.-C.)
Polynice : « Rien n'est plus doux que la patrie. » Jocaste tente en vain de réconcilier ses deux fils ennemis avant le combat fratricide sous les murs de Thèbes.
Apollodore, Bibliothèque, III (Ier-IIe siècle ap. J.-C.)
Polynice, chassé par Étéocle, se rendit à Argos auprès du roi Adraste, qui lui donna sa fille en mariage et rassembla une armée de sept chefs pour le rétablir sur le trône de Thèbes.
Stace, Thébaïde (vers 92 ap. J.-C.)
Les deux frères s'élancent l'un contre l'autre, et leur fureur dépasse celle de toutes les guerres ; même morts, leur haine survit, et la flamme du bûcher se dédouble.

Lieux clés

Thèbes (Béotie)

Cité de naissance de Polynice et trône objet de la querelle fratricide. C'est sous ses murailles aux sept portes que se déroule la guerre des Sept Chefs.

Argos

Cité du Péloponnèse où Polynice trouve refuge après son exil. Le roi Adraste lui donne sa fille en mariage et lève l'armée des Sept.

Les sept portes de Thèbes

Les portes fortifiées de la cité, chacune assaillie par l'un des Sept Chefs. Polynice se poste devant celle où l'attend son frère Étéocle.

La plaine devant Thèbes

Champ de bataille où s'affrontent les armées thébaine et argienne. C'est là que les deux frères s'entretuent en combat singulier.

Némée

Site traversé par l'armée des Sept en route vers Thèbes, où la mort du petit Ophéltès donne naissance aux Jeux néméens.

Voir aussi