Rigoberta Menchú(1959 — )
Rigoberta Menchú
Guatemala
8 min de lecture
femme politique guatémaltèque défenseure des droits de l'homme
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1959 au Guatemala dans une famille maya k'iche' victime de la répression militaire pendant la guerre civile (1960-1996)
- Sa mère, son frère et son père sont tués par l'armée guatémaltèque au début des années 1980, ce qui radicalise son engagement militant
- Elle publie en 1983 son témoignage autobiographique 'Moi, Rigoberta Menchú', qui dénonce les violences contre les peuples indigènes d'Amérique centrale
- Elle reçoit le prix Nobel de la paix en 1992, année du 500e anniversaire de l'arrivée de Colomb en Amérique, symbole fort pour les peuples autochtones
- Elle devient ambassadrice de bonne volonté de l'UNESCO et milite pour la reconnaissance des droits des peuples indigènes à l'échelle internationale
Œuvres & réalisations
Autobiographie dictée à Elisabeth Burgos, traduite dans plus de douze langues. Ce témoignage brut et poignant révèle au monde la réalité du génocide maya et fonde la réputation internationale de Menchú.
Second livre autobiographique, rédigé après la fin de la guerre civile, dans lequel Menchú revient sur son combat et ses espoirs pour le Guatemala post-conflit.
Organisation internationale créée avec la dotation du prix Nobel, dédiée à la défense des droits des peuples autochtones, à la promotion de la paix et à l'accès à la justice au Guatemala et en Amérique latine.
Dépôt devant la justice espagnole d'une plainte pour génocide, torture et terrorisme contre d'anciens dirigeants militaires guatémaltèques. Acte juridique majeur pour la mémoire des victimes mayas.
Première femme autochtone candidate à une élection présidentielle dans l'histoire du Guatemala. Moment symbolique fort pour la représentation politique des Mayas, même si le résultat électoral fut modeste.
Anecdotes
À l'âge de huit ans, Rigoberta Menchú travaillait déjà dans les plantations de café et de coton sur la côte guatémaltèque. Elle voyait chaque année des enfants de sa communauté mourir d'épuisement ou intoxiqués par les pesticides, sans que personne ne soit jamais tenu responsable.
En 1980, son père Vicente Menchú périt dans l'incendie de l'ambassade d'Espagne à Guatemala City, où des paysans mayas avaient occupé les lieux pour dénoncer les massacres de l'armée. Quelques semaines plus tard, sa mère fut enlevée, torturée et tuée. Rigoberta, alors âgée de vingt ans, choisit malgré tout de continuer le combat.
Réfugiée au Mexique, Rigoberta Menchú dicta son témoignage à l'anthropologue vénézuélienne Elisabeth Burgos en 1982. Elle ne savait pas encore lire ni écrire couramment en espagnol, langue qu'elle avait apprise pour pouvoir parler aux autres peuples de son pays.
Lorsqu'elle reçut le prix Nobel de la paix en 1992, à Oslo, elle porta la tenue traditionnelle maya-quiché : huipil brodé et corte coloré. Ce geste symbolique fort fut vu dans le monde entier comme une affirmation de la dignité des peuples autochtones, cinq siècles après l'arrivée des conquistadors.
En 2007, Rigoberta Menchú se présenta à l'élection présidentielle au Guatemala, devenant la première femme autochtone candidate à la présidence dans l'histoire du pays. Bien qu'elle n'ait obtenu que 3 % des voix, sa candidature fut un jalon historique pour la représentation politique des Mayas.
Sources primaires
Je m'appelle Rigoberta Menchú. J'ai vingt-trois ans. Je voudrais donner ce témoignage vivant que je n'ai pas appris dans un livre et que je n'ai pas non plus appris seule, puisque tout ceci m'a été enseigné par mes parents, par ma communauté.
Je dédie ce prix Nobel à la communauté maya, à tous les indigènes du monde entier, à ceux qui sont morts, à ceux qui vivent encore et portent les espoirs d'un monde plus juste.
Les forces de l'État guatémaltèque sont responsables d'actes de génocide contre les communautés mayas, en particulier au cours de la période 1981-1983.
Les peuples autochtones ont le droit à l'autodétermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel.
Lieux clés
Village maya-quiché montagneux où Rigoberta Menchú est née en 1959. C'est dans cette région pauvre et isolée que sa famille a vécu les violences de la guerre civile.
Lieu du tragique incendie du 31 janvier 1980 où périt Vicente Menchú, le père de Rigoberta, avec 36 autres manifestants paysans. Cet événement déclencha son engagement international.
Ville où Rigoberta Menchú trouva refuge après avoir fui le Guatemala en 1981. C'est là qu'elle développa son réseau de solidarité internationale et dicta son témoignage.
Lieu où Rigoberta Menchú porta la voix des peuples autochtones devant les instances internationales dès les années 1980, avant la création du Forum permanent de l'ONU pour les questions autochtones.
Lieu de la remise du prix Nobel de la paix le 10 décembre 1992. Son discours, prononcé en tenue traditionnelle maya, fit le tour du monde et marqua un tournant dans la reconnaissance internationale des droits autochtones.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Moi, Rigoberta Menchú
1983
Rigoberta : la nieta de los mayas
1998
Fondation Rigoberta Menchú Tum
1993
Plainte pénale contre les militaires guatémaltèques (Espagne)
1999
Candidature à la présidence du Guatemala
2007






