
Robert Desnos
Robert Desnos
1900 — 1945
France
Poète français (1900-1945) figure majeure du surrĂ©alisme, connu pour ses jeux de langage et sa poĂ©sie novatrice. EngagĂ© dans la RĂ©sistance durant la Seconde Guerre mondiale, il a Ă©tĂ© dĂ©portĂ© et meurt au camp de TerezĂn en 1945.
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Citations célèbres
« Je rêve et j'écris pour me libérer »
Faits marquants
- 1924 : participe au mouvement surréaliste aux côtés d'André Breton
- 1930s : publie ses recueils majeurs incluant 'La Liberté ou l'Amour' et 'Corps et Biens'
- 1940-1943 : s'engage dans la Résistance française sous l'Occupation
- 1944 : arrêté par la Gestapo et déporté
- 8 juin 1945 : meurt au camp de concentration de TerezĂn Ă l'âge de 44 ans
Œuvres & réalisations
Premier recueil important de Desnos, écrit dans la pleine période surréaliste. Il y explore l'écriture automatique et les images oniriques avec une liberté formelle radicale.
Roman poétique surréaliste mêlant rêve, érotisme et aventure. Censuré à sa parution, il illustre la volonté de Desnos de transgresser les frontières entre les genres.
Recueil de poèmes considéré comme son chef-d'œuvre surréaliste, contenant notamment 'J'ai tant rêvé de toi'. Il y affirme un lyrisme personnel et une maîtrise de la langue unique.
Recueil composé sous l'Occupation, reflétant son engagement dans la Résistance. Il contient 'Ce cœur qui haïssait la guerre', poème devenu emblème de la poésie résistante française.
Recueil de comptines et poèmes humoristiques pour enfants, destinés à être mis en musique. Ces textes sont aujourd'hui parmi les plus lus dans les écoles françaises.
Suite de sonnets composés au seuil de l'arrestation, dans une forme classique que Desnos réinvente. Ce recueil témoigne d'une maturité poétique épurée.
Recueil posthume rassemblant des poèmes inédits, publié grâce au travail éditorial de ses amis. Il complète l'œuvre et révèle la profondeur de son évolution artistique.
Anecdotes
Lors des séances surréalistes organisées par André Breton en 1922-1923, Robert Desnos était capable de s'endormir à volonté et de dicter des poèmes dans un état de demi-conscience. Ses camarades surréalistes étaient fascinés par cette aptitude exceptionnelle à accéder à l'inconscient, ce qui lui valut le surnom de 'Rrose Sélavy', personnage qu'il partageait avec Marcel Duchamp.
Desnos était un passionné de jeux de mots et d'homophones. Il construisait des phrases entières où les sons se répondaient comme dans un miroir : 'Rrose Sélavy et moi esquivons les échos'. Ces calembours surréalistes n'étaient pas de simples jeux, mais une véritable exploration du langage comme outil de subversion et de liberté.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Desnos travailla comme journaliste tout en rédigeant des tracts clandestins pour la Résistance. Il fut arrêté par la Gestapo le 22 février 1944 à son domicile parisien, après avoir été dénoncé. Transféré de camp en camp — Auschwitz, Buchenwald, Flossenbürg, Flöha — il continua à encourager ses compagnons de déportation par ses poèmes récités à voix basse.
Quelques jours après la libĂ©ration du camp de TerezĂn par les SoviĂ©tiques, Robert Desnos mourut du typhus le 8 juin 1945, Ă l'âge de 44 ans. Une jeune Ă©tudiante tchèque, Youki, et un journaliste ami, Josef Stuna, furent parmi les derniers Ă lui tenir compagnie. Il fut reconnu par un camarade dĂ©portĂ© dans un Ă©tat de faiblesse extrĂŞme, mais dĂ©clara encore : 'Je suis Robert Desnos, poète.'
Dans les années 1930, Desnos se reinventa comme auteur de chansons populaires et de poèmes pour enfants, notamment les célèbres 'Chantefables' destinées à être mises en musique. Ces comptines pleines d'humour et d'images insolites — comme 'La Fourmi' ou 'L'Hippopotame' — sont encore aujourd'hui apprises par des millions d'écoliers français, assurant à Desnos une immortalité inattendue dans les cours de récréation.
Sources primaires
J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité. Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant et de baiser sur cette bouche la naissance de la voix qui m'est chère ?
Ma chérie, je t'écris de ce camp où nous travaillons dur mais je pense à toi sans cesse. Je reste debout et j'espère te revoir bientôt. Mon amour pour toi est ma seule force.
Ce cœur qui haïssait la guerre voilà qu'il bat pour le combat et la bataille ! Ce cœur qui ne battait qu'au rythme des marées, de l'amour insouciant, voilà qu'il se cabre et qu'il envoie son sang par toutes ses artères.
Une fourmi de dix-huit mètres avec un chapeau sur la tête, ça n'existe pas, ça n'existe pas. Une fourmi traînant un char plein de pingouins et de canards, ça n'existe pas, ça n'existe pas.
Desnos parle surréaliste à volonté. La rapidité de ses projections verbales ne lui permet pas de les dicter et il trace des signes sur le papier dont il n'a plus la maîtrise.
Lieux clés
Lieu de naissance de Desnos (4e arrondissement) et décor de son enfance populaire parisienne, qui nourrit son imaginaire poétique.
Haut lieu de réunion du groupe surréaliste ; c'est ici que Desnos participait aux séances de sommeil hypnotique et aux discussions avec Breton, Éluard et leurs amis.
Desnos vécut et travailla dans ce quartier du Carrefour de l'Odéon, au cœur de la vie littéraire et artistique parisienne des années 1920-1940.
Première grande étape de la déportation de Desnos après son arrestation en 1944 ; il y fut enregistré comme prisonnier politique.
Dernière étape du parcours de déportation de Desnos, où il mourut du typhus le 8 juin 1945, quelques semaines après la libération du camp.
Objets typiques
Desnos utilisait une machine à écrire pour rédiger ses poèmes, articles et tracts clandestins. Cet objet symbolise son double engagement d'écrivain et de résistant.
Dans les années 1930, Desnos travailla comme auteur et voix pour la radio française. Le micro devint pour lui un nouvel instrument poétique, prolongeant la voix vers un public populaire.
Comme beaucoup de surréalistes, Desnos consignait ses rêves et ses pensées automatiques dans des carnets. Ces cahiers étaient la matière première de son écriture poétique.
Durant l'Occupation, Desnos rédigea et diffusa des textes de résistance imprimés illégalement. Ces feuilles volantes représentent son courage face à la censure nazie.
Youki Foujita, la femme qu'il aimait, était une présence constante dans sa vie et sa poésie. Sa photographie l'accompagnait, symbole d'un amour et d'une liberté à recouvrer.
Desnos était un habitué des cafés montparnassiens et du quartier Saint-Germain, où se retrouvaient les surréalistes. Le café ou le zinc de bistrot était le décor naturel de ses échanges intellectuels.
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Mouvement
Vie quotidienne
Matin
Desnos se levait souvent tard, fidèle au rythme bohème des milieux surréalistes. Il prenait un café noir serré dans un bistrot de quartier, lisait les journaux et griffonnait les premières lignes d'un poème ou d'un article dans un carnet posé sur le zinc du comptoir.
Après-midi
L'après-midi, il travaillait à son bureau ou dans des bibliothèques, rédigeant des articles pour la presse, des scripts radio ou des poèmes. Dans les années de Résistance, ces heures devinrent aussi celles des réunions clandestines et de la rédaction de tracts sous de faux noms.
Soir
Les soirées de Desnos se passaient souvent dans les cafés de Montparnasse ou de Saint-Germain-des-Prés, en compagnie d'amis poètes, peintres et musiciens. Les discussions littéraires s'éternisaient, parfois ponctuées de lectures à voix haute ou de joutes verbales sur les mots et les sonorités.
Alimentation
Comme beaucoup de Parisiens de condition modeste, Desnos mangeait simplement : soupes, fromages, charcuteries et plats de bistrot. Pendant l'Occupation, les restrictions alimentaires imposées par les Allemands réduisirent drastiquement les rations disponibles pour tous.
VĂŞtements
Desnos s'habillait à la façon des intellectuels parisiens de l'entre-deux-guerres : costume sombre ou veste croisée, chapeau feutre, cravate sobre. Il n'avait pas le dandysme ostensible de certains surréalistes, préférant une élégance discrète et fonctionnelle.
Habitat
Il vécut dans plusieurs appartements parisiens modestes, notamment dans le 6e et le 14e arrondissement, quartiers bohèmes et littéraires. Son espace de travail était encombré de livres, de manuscrits et de journaux, reflet d'une vie entièrement tournée vers l'écriture.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie
Sans titre
European Caravan
Robert Desnos
Robert Desnos 2

Robert Desnos3
École mairie, Les Clayes-sous-Bois 2-4
Collège Robert Desnos de Masny
Roussel - Chiquenaude, 1900
Style visuel
L'esthétique visuelle de l'univers de Desnos évoque le surréalisme parisien des années folles — onirique, typographique, en clair-obscur — puis bascule vers les tons sombres et déchirés de l'Occupation et des camps.
Prompt IA
Visual style inspired by French surrealism and 1930s Paris: dreamlike black-and-white photography contrasted with vivid ink-blue and crimson accents, distorted clock faces and melting typography, Montparnasse café interiors with smoke-filled atmosphere, Art Deco lettering on newspaper mastheads, hand-typed manuscript pages with strikeouts and margin notes, clandestine printed leaflets on rough paper, barbed wire silhouettes against grey European skies, and a warm sepia tone evoking worn photographs and the fragility of memory.
Ambiance sonore
L'univers sonore de Desnos mêle l'effervescence des cafés surréalistes parisiens des années 1920-30 et le silence pesant de l'Occupation, ponctué par les ondes radiophoniques et le froissement de tracts clandestins.
Prompt IA
Ambient sounds of a Parisian literary café in the 1930s: low murmur of intellectual conversation, clinking of coffee cups and wine glasses on zinc counters, occasional bursts of laughter, a distant jazz melody from a gramophone, the rhythmic clatter of a typewriter in a small apartment, pages rustling, the hiss of a radio broadcast with crackling static, distant street noise from Montparnasse boulevards, horse-drawn carts and early automobiles, rain on cobblestones, and the hushed whispers of clandestine printing presses in the darkness of the Occupation.
Source du portrait
Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0 — Menerbes — 1924
Aller plus loin
Références
Ĺ’uvres
Deuil pour deuil
1924
La Liberté ou l'Amour !
1927
Fortunes
1942 (publié 1945)
Chantefables et Chantefleurs
1944
Destinée arbitraire
1975 (posthume)





