Mathématicien et physicien français (1602-1675), professeur au Collège Royal de France. Il est célèbre pour l'invention de la balance à fléaux qui porte son nom, et pour ses travaux pionniers en géométrie et en mécanique.
Roberval(1602 — 1675)
Roberval
Brésil
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1602 à Roberval (Oise), mort en 1675 à Paris
- Professeur de mathématiques au Collège Royal de France (futur Collège de France) à partir de 1634
- Invente la balance à deux plateaux suspendus dite 'balance de Roberval' (vers 1669)
- Développe des méthodes précurseurs du calcul infinitésimal pour le calcul des aires et des tangentes
- Membre fondateur de l'Académie royale des sciences en 1666
Œuvres & réalisations
Mécanisme de pesée à plateaux parallèles basé sur un parallélogramme articulé, encore fabriqué et utilisé de nos jours. Cette invention illustre le génie de Roberval à relier mathématiques pures et mécanique appliquée au quotidien.
Roberval démontra que l'aire sous une arche de cycloïde est égale à trois fois l'aire du cercle générateur, un résultat fondateur de la géométrie des courbes utilisant la méthode des indivisibles.
Méthode vectorielle originale pour tracer les tangentes aux courbes, fondée sur la composition de deux vitesses simultanées. Cette approche préfigure le calcul différentiel de Newton et Leibniz et reste l'une des contributions les plus originales de Roberval.
Ouvrage posthume dans lequel Roberval expose sa méthode de calcul d'aires et de volumes par sommation d'éléments infiniment petits, montrant l'étendue de ses travaux sur ce qui deviendra le calcul intégral.
Édition et commentaire d'un traité attribué à Aristarque de Samos dans lequel Roberval développe ses propres arguments mécaniques en faveur du système héliocentrique de Copernic, contribuant au grand débat cosmologique du siècle.
Ensemble de lettres constituant une source primaire majeure sur la vie intellectuelle du XVIIe siècle, où Roberval discute de cycloïde, de probabilités et de méthodes d'intégration avec les plus grands mathématiciens européens de son temps.
Anecdotes
Pour conserver sa chaire de mathématiques au Collège Royal, Roberval devait remporter un concours de renouvellement tous les trois ans. Rusé, il ne publiait presque jamais ses méthodes les plus puissantes, les gardant secrètes pour conserver l'avantage sur ses concurrents. Cette stratégie lui permit d'occuper sa chaire pendant plus de quarante ans, jusqu'à sa mort en 1675.
Roberval fut l'un des premiers à calculer exactement l'aire sous une arche de cycloïde — la courbe mystérieuse tracée par un point sur un cercle qui roule. Il découvrit que cette aire vaut exactement trois fois l'aire du cercle générateur, un résultat qui stupéfia ses contemporains. Une dispute enflammée avec Descartes et Torricelli sur la priorité de cette découverte le tourmenta pendant des années.
En 1669, Roberval inventa une balance à fléaux reposant sur un ingénieux mécanisme de parallélogramme articulé. Contrairement aux balances ordinaires, les plateaux restaient toujours parfaitement horizontaux quelle que soit leur position, ce qui la rendit immédiatement populaire dans les marchés et les ateliers. La 'balance de Roberval' porte encore son nom aujourd'hui et s'utilise dans les cuisines et les laboratoires du monde entier.
Fils de paysan picard, Gilles Personne adopta le nom du village de sa naissance — Roberval, en Oise — comme patronyme nobiliaire lors de son ascension dans le monde savant parisien. Ce changement de nom illustre la mobilité sociale remarquable qu'offraient les mathématiques au XVIIe siècle : un humble campagnard pouvait, par le seul mérite intellectuel, devenir professeur du roi et correspondant des plus grands esprits d'Europe.
Roberval développa une méthode originale pour tracer les tangentes aux courbes, fondée sur la composition des mouvements. Il imaginait le point décrivant la courbe comme animé de deux vitesses simultanées, et la tangente comme la résultante géométrique de ces deux vecteurs. Cette approche, très proche du calcul différentiel, préfigurait de près les idées que Newton et Leibniz formaliseraient quelques décennies plus tard.
Sources primaires
Roberval y expose sa méthode pour calculer des aires et des volumes en divisant les figures en une infinité de petits éléments appelés 'indivisibles', s'inspirant de Cavalieri tout en développant ses propres démonstrations sur la cycloïde et la parabole.
Roberval publie et commente ce traité attribué à Aristarque de Samos en défendant le système héliocentrique avec ses propres arguments mécaniques et mathématiques, contribuant au grand débat cosmologique de son siècle.
Dans ces lettres conservées, Roberval expose ses résultats sur la cycloïde, la quadrature de courbes et ses méthodes de tangentes, débattant avec Fermat, Pascal et Descartes par l'intermédiaire de ce réseau savant unique en Europe.
Manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale dans lequel Roberval expose ses méthodes géométriques fondamentales, notamment sa théorie des tangentes par composition des mouvements et ses réflexions sur l'équilibre des forces.
Lieux clés
Petit village de Picardie où Gilles Personne naquit en 1602 dans une famille paysanne. Il en adopta le nom comme patronyme lors de son ascension dans le monde savant, pratique courante chez les intellectuels d'origine modeste souhaitant se distinguer.
Roberval y occupa la chaire Ramus de mathématiques de 1634 jusqu'à sa mort en 1675, soit plus de quarante ans. Il y dispensait des cours publics et gratuits, conformément à la mission de cet établissement fondé par François Ier, aujourd'hui appelé Collège de France.
Résidence du père Marin Mersenne, véritable hub scientifique du XVIIe siècle parisien. Roberval s'y rendait régulièrement pour participer aux réunions savantes informelles où l'on débattait des dernières découvertes de Galilée, Descartes ou Kepler.
Fondée en 1666 par Colbert, Roberval en fut l'un des membres fondateurs. Il y présenta ses travaux sur la balance à fléaux et participa aux premières séances de cette institution qui structura la science française pour des siècles.
Roberval vécut et mourut à Paris le 27 octobre 1675. La capitale était alors le centre intellectuel de l'Europe sous Louis XIV, attirant savants, philosophes et artistes dans un bouillonnement culturel et scientifique sans précédent.
Objets typiques

Inventée par Roberval en 1669, cette balance à fléaux utilise un mécanisme de parallélogramme articulé qui maintient les plateaux toujours horizontaux. Elle révolutionna les pesées dans les commerces, les ateliers et les pharmacies, et porte encore le nom de son inventeur.

Outils indispensables du géomètre du XVIIe siècle, Roberval les utilisait pour tracer ses courbes, vérifier ses constructions géométriques et préparer ses démonstrations pour les étudiants du Collège Royal.

Roberval rédigeait d'abondants manuscrits qu'il ne publiait délibérément pas, pour conserver ses méthodes secrètes lors des concours renouvelant sa chaire. Ces feuillets couverts de courbes et de calculs furent finalement publiés après sa mort.

En physicien expérimental, Roberval utilisait des poids et des pendules pour ses travaux de mécanique, cherchant à comprendre les lois de l'équilibre et du mouvement à l'aide de dispositifs concrets et reproductibles.

Héritière des travaux de Galilée, la lunette circulait dans les milieux savants parisiens que fréquentait Roberval. Défenseur de l'héliocentrisme, il s'en servait pour argumenter en faveur du système de Copernic.

Instruments d'écriture du XVIIe siècle, ils permettaient à Roberval d'entretenir sa volumineuse correspondance avec Mersenne, Fermat et Pascal — véritable tissu de la vie scientifique européenne avant les revues académiques.
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Vie quotidienne
Matin
Roberval se levait tôt pour lire et annoter les ouvrages de mathématiques et de physique que lui transmettait le réseau de Mersenne depuis toute l'Europe. Il préparait ses cours publics du Collège Royal avec soin, rédigeant ses démonstrations et vérifiant ses calculs dans un cabinet encombré de manuscrits et d'instruments. Ses matinées studieuses et solitaires constituaient le cœur de sa vie intellectuelle.
Après-midi
L'après-midi, Roberval dispensait ses cours au Collège Royal, ouverts gratuitement à tous — étudiants, artisans curieux et philosophes amateurs. Il exposait ses méthodes avec rigueur, mais gardait jalousement ses résultats les plus originaux pour les concours de renouvellement de sa chaire. Parfois, il se rendait au couvent des Minimes pour participer aux réunions savantes de Mersenne, où l'on discutait des dernières découvertes européennes.
Soir
Le soir, à la lueur des chandelles, Roberval consacrait ses heures à la rédaction de ses manuscrits personnels qu'il ne publiait pas, travaillant sur ses calculs de quadratures et ses réflexions mécaniques. Un visiteur savant — Pascal, ou Fermat de passage à Paris — venait parfois discuter de géométrie autour d'un repas frugal. Ces échanges nocturnes étaient au cœur de la sociabilité scientifique du XVIIe siècle.
Alimentation
Comme beaucoup d'intellectuels d'origine paysanne modeste, Roberval avait une alimentation simple : pain, légumineuses, viandes salées et légumes de saison. À Paris, il pouvait s'offrir lors de repas partagés avec ses pairs du pain blanc, du vin et des ragoûts servis dans des tavernes du quartier universitaire. La nourriture était pour lui un besoin secondaire, bien loin des préoccupations d'un aristocrate de cour.
Vêtements
Professeur au Collège Royal, Roberval portait la longue robe noire des docteurs et professeurs, symbole de son statut et de sa fonction publique. Sous la robe, une chemise de lin blanc, un pourpoint et des chausses constituaient la tenue ordinaire d'un bourgeois lettré parisien du XVIIe siècle. Il ne se distinguait pas par l'élégance vestimentaire, contrairement aux nobles qui fréquentaient la cour de Versailles.
Habitat
Roberval logeait dans un appartement proche du Collège Royal, dans le quartier universitaire de la rive gauche à Paris. Son logement, modeste mais convenable pour un professeur royal, était envahi de livres, de manuscrits et d'instruments de géométrie. Il n'avait pas la fortune d'un Descartes ou d'un Pascal, mais jouissait d'une position sociale honorable et stable grâce à sa chaire renouvelée depuis 1634.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Invention de la balance à fléaux (balance de Roberval)
1669
Quadrature de la cycloïde
vers 1634-1640
Méthode des mouvements composés pour les tangentes
vers 1636
Traité des indivisibles
rédigé vers 1640, publié en 1693
Aristarchi Samii De mundi systemate
1644
Correspondance scientifique (Mersenne, Fermat, Pascal)
1635-1660






