Roberval(1985 — ?)

Roberval

Brésil

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SciencesTechnologieMathématicien(ne)ScientifiqueInventeur/triceTemps modernesXVIIe siècle, époque de la Révolution scientifique en Europe

Mathématicien et physicien français (1602-1675), professeur au Collège Royal de France. Il est célèbre pour l'invention de la balance à fléaux qui porte son nom, et pour ses travaux pionniers en géométrie et en mécanique.

Questions fréquentes

Gilles Personne de Roberval, mathématicien et physicien français du XVIIe siècle, est surtout célèbre pour l'invention de la balance à fléaux qui porte son nom, un mécanisme ingénieux encore utilisé dans les cuisines et les laboratoires. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il était aussi un professeur rusé au Collège Royal de France : pour conserver sa chaire renouvelable tous les trois ans par concours, il gardait jalousement ses méthodes les plus puissantes, ne publiant presque rien de son vivant. Cette stratégie lui permit d'enseigner pendant plus de quarante ans, de 1634 à sa mort en 1675, tout en correspondant avec les plus grands esprits de son temps comme Fermat et Pascal.

Faits marquants

  • Né en 1602 à Roberval (Oise), mort en 1675 à Paris
  • Professeur de mathématiques au Collège Royal de France (futur Collège de France) à partir de 1634
  • Invente la balance à deux plateaux suspendus dite 'balance de Roberval' (vers 1669)
  • Développe des méthodes précurseurs du calcul infinitésimal pour le calcul des aires et des tangentes
  • Membre fondateur de l'Académie royale des sciences en 1666

Œuvres & réalisations

Invention de la balance à fléaux (balance de Roberval) (1669)

Mécanisme de pesée à plateaux parallèles basé sur un parallélogramme articulé, encore fabriqué et utilisé de nos jours. Cette invention illustre le génie de Roberval à relier mathématiques pures et mécanique appliquée au quotidien.

Quadrature de la cycloïde (vers 1634-1640)

Roberval démontra que l'aire sous une arche de cycloïde est égale à trois fois l'aire du cercle générateur, un résultat fondateur de la géométrie des courbes utilisant la méthode des indivisibles.

Méthode des mouvements composés pour les tangentes (vers 1636)

Méthode vectorielle originale pour tracer les tangentes aux courbes, fondée sur la composition de deux vitesses simultanées. Cette approche préfigure le calcul différentiel de Newton et Leibniz et reste l'une des contributions les plus originales de Roberval.

Traité des indivisibles (rédigé vers 1640, publié en 1693)

Ouvrage posthume dans lequel Roberval expose sa méthode de calcul d'aires et de volumes par sommation d'éléments infiniment petits, montrant l'étendue de ses travaux sur ce qui deviendra le calcul intégral.

Aristarchi Samii De mundi systemate (1644)

Édition et commentaire d'un traité attribué à Aristarque de Samos dans lequel Roberval développe ses propres arguments mécaniques en faveur du système héliocentrique de Copernic, contribuant au grand débat cosmologique du siècle.

Correspondance scientifique (Mersenne, Fermat, Pascal) (1635-1660)

Ensemble de lettres constituant une source primaire majeure sur la vie intellectuelle du XVIIe siècle, où Roberval discute de cycloïde, de probabilités et de méthodes d'intégration avec les plus grands mathématiciens européens de son temps.

Anecdotes

Pour conserver sa chaire de mathématiques au Collège Royal, Roberval devait remporter un concours de renouvellement tous les trois ans. Rusé, il ne publiait presque jamais ses méthodes les plus puissantes, les gardant secrètes pour conserver l'avantage sur ses concurrents. Cette stratégie lui permit d'occuper sa chaire pendant plus de quarante ans, jusqu'à sa mort en 1675.

Roberval fut l'un des premiers à calculer exactement l'aire sous une arche de cycloïde — la courbe mystérieuse tracée par un point sur un cercle qui roule. Il découvrit que cette aire vaut exactement trois fois l'aire du cercle générateur, un résultat qui stupéfia ses contemporains. Une dispute enflammée avec Descartes et Torricelli sur la priorité de cette découverte le tourmenta pendant des années.

En 1669, Roberval inventa une balance à fléaux reposant sur un ingénieux mécanisme de parallélogramme articulé. Contrairement aux balances ordinaires, les plateaux restaient toujours parfaitement horizontaux quelle que soit leur position, ce qui la rendit immédiatement populaire dans les marchés et les ateliers. La 'balance de Roberval' porte encore son nom aujourd'hui et s'utilise dans les cuisines et les laboratoires du monde entier.

Fils de paysan picard, Gilles Personne adopta le nom du village de sa naissance — Roberval, en Oise — comme patronyme nobiliaire lors de son ascension dans le monde savant parisien. Ce changement de nom illustre la mobilité sociale remarquable qu'offraient les mathématiques au XVIIe siècle : un humble campagnard pouvait, par le seul mérite intellectuel, devenir professeur du roi et correspondant des plus grands esprits d'Europe.

Roberval développa une méthode originale pour tracer les tangentes aux courbes, fondée sur la composition des mouvements. Il imaginait le point décrivant la courbe comme animé de deux vitesses simultanées, et la tangente comme la résultante géométrique de ces deux vecteurs. Cette approche, très proche du calcul différentiel, préfigurait de près les idées que Newton et Leibniz formaliseraient quelques décennies plus tard.

Sources primaires

Traité des indivisibles (rédigé vers 1640, publié posthume en 1693)
Roberval y expose sa méthode pour calculer des aires et des volumes en divisant les figures en une infinité de petits éléments appelés 'indivisibles', s'inspirant de Cavalieri tout en développant ses propres démonstrations sur la cycloïde et la parabole.
Aristarchi Samii De mundi systemate (édition et commentaire) (1644)
Roberval publie et commente ce traité attribué à Aristarque de Samos en défendant le système héliocentrique avec ses propres arguments mécaniques et mathématiques, contribuant au grand débat cosmologique de son siècle.
Correspondance avec Marin Mersenne (1635-1648)
Dans ces lettres conservées, Roberval expose ses résultats sur la cycloïde, la quadrature de courbes et ses méthodes de tangentes, débattant avec Fermat, Pascal et Descartes par l'intermédiaire de ce réseau savant unique en Europe.
Éléments de géométrie de M. de Roberval (manuscrit) (vers 1636-1670)
Manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale dans lequel Roberval expose ses méthodes géométriques fondamentales, notamment sa théorie des tangentes par composition des mouvements et ses réflexions sur l'équilibre des forces.

Lieux clés

Roberval, Oise (village natal)

Petit village de Picardie où Gilles Personne naquit en 1602 dans une famille paysanne. Il en adopta le nom comme patronyme lors de son ascension dans le monde savant, pratique courante chez les intellectuels d'origine modeste souhaitant se distinguer.

Collège Royal de France, Paris

Roberval y occupa la chaire Ramus de mathématiques de 1634 jusqu'à sa mort en 1675, soit plus de quarante ans. Il y dispensait des cours publics et gratuits, conformément à la mission de cet établissement fondé par François Ier, aujourd'hui appelé Collège de France.

Couvent des Minimes, Place Royale, Paris

Résidence du père Marin Mersenne, véritable hub scientifique du XVIIe siècle parisien. Roberval s'y rendait régulièrement pour participer aux réunions savantes informelles où l'on débattait des dernières découvertes de Galilée, Descartes ou Kepler.

Académie Royale des Sciences, Paris

Fondée en 1666 par Colbert, Roberval en fut l'un des membres fondateurs. Il y présenta ses travaux sur la balance à fléaux et participa aux premières séances de cette institution qui structura la science française pour des siècles.

Paris (résidence et décès)

Roberval vécut et mourut à Paris le 27 octobre 1675. La capitale était alors le centre intellectuel de l'Europe sous Louis XIV, attirant savants, philosophes et artistes dans un bouillonnement culturel et scientifique sans précédent.

Voir aussi