Saul Kripke(1940 — 2022)

Saul Kripke

États-Unis

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PhilosophiePhilosopheXXe siècleSeconde moitié du XXe siècle, âge d'or de la philosophie analytique anglo-saxonne

Saul Kripke (1940-2022) est un philosophe et logicien américain, considéré comme l'un des penseurs les plus influents de la philosophie analytique du XXe siècle. Enfant prodige, il a révolutionné la logique modale et la philosophie du langage.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Saul Kripke (1940-2022) est l'un des penseurs les plus influents de la philosophie analytique du XXe siècle. Enfant prodige, il a révolutionné la logique modale avec sa sémantique des mondes possibles, un outil désormais standard non seulement en philosophie, mais aussi en informatique théorique. Ce qui le distingue, c'est qu'il a bouleversé notre compréhension du langage et de la nécessité, notamment avec ses conférences de 1970 à Princeton, publiées sous le titre Naming and Necessity.

Faits marquants

  • Né en 1940 à Bay Shore (New York), reconnu comme enfant prodige en logique dès l'adolescence
  • Développe dès les années 1959-1963 une sémantique formelle pour la logique modale (sémantique de Kripke, ou sémantique des mondes possibles)
  • Publie en 1972/1980 'La Logique des noms propres' (Naming and Necessity), introduisant la notion de désignateur rigide
  • Professeur à l'Université Princeton puis à la City University of New York (CUNY)
  • Décès en 2022 à Plainsboro (New Jersey)

Œuvres & réalisations

A Completeness Theorem in Modal Logic (1959)

Article de jeunesse démontrant la complétude de systèmes modaux ; pose les fondements de la sémantique des mondes possibles.

Semantical Considerations on Modal Logic (1963)

Texte clé formalisant la « sémantique de Kripke » avec mondes possibles et relation d'accessibilité, désormais standard en logique.

Naming and Necessity (La logique des noms propres) (1970 / 1980)

Trois conférences révolutionnant la philosophie du langage : noms propres comme désignateurs rigides, nécessité a posteriori et contingent a priori.

Outline of a Theory of Truth (1975)

Théorie de la vérité par points fixes apportant une solution influente au paradoxe du menteur.

Wittgenstein on Rules and Private Language (1982)

Lecture sceptique de Wittgenstein (le « Kripkenstein ») sur le fait de suivre une règle ; ouvrage très discuté.

Philosophical Troubles: Collected Papers, Vol. 1 (2011)

Recueil de ses articles majeurs, rassemblant des décennies de contributions à la logique et à la philosophie.

Sémantique des mondes possibles (années 1960-1970)

Cadre conceptuel devenu central en logique modale, en métaphysique et en informatique théorique (logiques temporelles, vérification).

Anecdotes

Enfant prodige, Saul Kripke aurait découvert l'algèbre seul vers l'âge de neuf ans en lisant Descartes. Adolescent, il rédige des articles de logique modale d'une telle qualité qu'à 17 ans il fait paraître un travail décisif sur la sémantique de la logique modale, jetant les bases de ce qu'on appellera la « sémantique de Kripke ».

On raconte qu'avant même d'avoir terminé son lycée à Omaha (Nebraska), le département de mathématiques de Harvard lui aurait proposé un poste d'enseignant ; Kripke aurait répondu qu'il devait d'abord finir ses études secondaires. L'histoire illustre la précocité légendaire qui l'entourait.

Ses idées les plus célèbres, exposées dans « La logique des noms propres » (Naming and Necessity), proviennent de trois conférences données à l'Université de Princeton en 1970, sans notes rédigées à l'avance. Le texte publié est en réalité une transcription de ces interventions orales.

Kripke a popularisé l'idée de « désignateur rigide » : un nom propre comme « Aristote » renvoie à la même personne dans toutes les situations possibles, contrairement à une description comme « le maître d'Alexandre ». Cette thèse a bouleversé la philosophie du langage des années 1970.

Profondément attaché à la tradition juive, Kripke observait le shabbat et, dit-on, refusait de voyager ou d'écrire ce jour-là, ce qui contraignait parfois l'organisation de ses conférences et colloques universitaires.

Sources primaires

Naming and Necessity (La logique des noms propres) (1980 (conférences de 1970))
Appelons un désignateur rigide un terme qui désigne le même objet dans tous les mondes possibles, et un désignateur non rigide ou accidentel celui qui n'en fait pas autant.
A Completeness Theorem in Modal Logic, Journal of Symbolic Logic (1959)
Article dans lequel le jeune Kripke démontre un théorème de complétude pour la logique modale à l'aide d'une sémantique fondée sur les mondes possibles et une relation d'accessibilité.
Wittgenstein on Rules and Private Language (Règles et langage privé) (1982)
Kripke y formule le célèbre paradoxe sceptique sur le fait de suivre une règle : aucun fait passé concernant mon esprit ne détermine ce que « plus » signifie pour moi.
Outline of a Theory of Truth, The Journal of Philosophy (1975)
Proposition d'une théorie de la vérité fondée sur la notion de point fixe, permettant de traiter les énoncés du type « cette phrase est fausse » (paradoxe du menteur).

Lieux clés

Bay Shore, New York

Ville de l'État de New York où naît Saul Kripke en 1940.

Omaha, Nebraska

Ville où grandit Kripke, fils d'un rabbin ; il y fait sa scolarité tout en publiant déjà des travaux de logique.

Université Harvard, Cambridge

Où Kripke étudie les mathématiques et obtient son diplôme en 1962, dans un milieu de pointe en logique.

Université de Princeton

Lieu des conférences de 1970 et où il fut professeur ; cœur de sa carrière américaine.

Graduate Center, City University of New York

Institution qu'il rejoint en 2007 et qui abrite le Saul Kripke Center dédié à son œuvre.

Plainsboro, New Jersey

Localité où Saul Kripke meurt en 2022.

Voir aussi