Sima Tan(164 av. J.-C. — 109 av. J.-C.)

Sima Tan

Han de l'Ouest

8 min de lecture

LettresSciencesCultureHistorien(ne)Avant J.-C.Chine impériale sous la dynastie Han des Occidentaux, période d'expansion et de centralisation du pouvoir

Astrologue et historien chinois du IIe siècle av. J.-C., Sima Tan fut Grand Astrologue à la cour des Han. Il entreprit la rédaction des Mémoires historiques (Shiji), œuvre que son fils Sima Qian acheva après sa mort.

Questions fréquentes

Sima Tan était un érudit et fonctionnaire de la dynastie Han au IIe siècle av. J.-C., nommé Grand Astrologue à la cour de l'empereur Wu. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il fut le concepteur des Mémoires historiques (Shiji), la première grande histoire générale de la Chine, qu'il ne put achever. Son fils Sima Qian reprit le flambeau et mena l'œuvre à terme, mais c'est bien Tan qui en définit la structure en cinq sections et rassembla les sources. Moins connu que son fils, il est pourtant le véritable fondateur de l'historiographie chinoise.

Faits marquants

  • Né vers 165 av. J.-C., mort vers 110 av. J.-C.
  • Nommé Grand Astrologue (Taishi Ling) à la cour de l'empereur Han Wudi
  • Initia la rédaction des Shiji (Mémoires historiques), première grande histoire universelle de Chine
  • Son fils Sima Qian acheva les Shiji après sa mort, en 91 av. J.-C. environ
  • Rédigea un essai classant les six écoles philosophiques chinoises de son temps

Œuvres & réalisations

Shiji (Mémoires historiques) — conception et partie initiale (vers 120-110 av. J.-C.)

Sima Tan conçut et entreprit la rédaction de cette œuvre monumentale en 130 chapitres couvrant plus de 2 000 ans d'histoire chinoise. Il en définit la structure en cinq sections (annales impériales, chronologies, traités, généalogies, biographies) et rassembla les sources avant de confier l'achèvement à son fils Sima Qian, qui mena le projet à terme vers 90 av. J.-C.

Lun liu jia zhi yao zhi (Essai sur les points essentiels des six écoles de pensée) (vers 120 av. J.-C.)

Seul texte entièrement attribuable à Sima Tan, conservé dans la postface des Shiji, il analyse les six grandes écoles philosophiques chinoises et conclut à la supériorité synthétique du taoïsme. C'est un document philosophique majeur de la période han, témoignant d'un esprit comparatiste rare pour l'époque.

Observations astronomiques et travaux calendaires (130-110 av. J.-C.)

En tant que Grand Astrologue, Sima Tan supervisa les observations célestes officielles et les calculs préparatoires à la réforme du calendrier, menée à terme par son fils en 104 av. J.-C. Ces travaux scientifiques transmis à Sima Qian constituent la dimension astronomique des Shiji.

Anecdotes

Sur son lit de mort en 110 av. J.-C., Sima Tan saisit les mains de son fils Sima Qian en pleurant. Il lui confia sa mission la plus précieuse : achever les Mémoires historiques qu'il n'avait pu terminer. 'Si tu deviens Grand Historien après moi, n'oublie pas ce que j'ai voulu écrire', lui dit-il. Sima Qian lui-même rapporte cette scène bouleversante dans la postface des Shiji.

Sima Tan était l'un des rares érudits de son époque à maîtriser à la fois l'astronomie, la divination et la philosophie. Il étudia les astres auprès du célèbre astronome Tang Du, reçut une formation dans le Yi Jing (Livre des Mutations) auprès du maître Yang He, et se perfectionna dans la pensée taoïste auprès de Huang Shengong. Cette triple compétence lui valut d'être nommé Grand Astrologue à la cour de l'empereur Wu des Han.

Sima Tan fut un penseur original qui analysa et compara les six grandes écoles philosophiques de la Chine ancienne : le confucianisme, le taoïsme, le moïsme, le légisme, l'école des noms et l'école du yin-yang. Dans son essai conservé dans les Shiji, il conclut que le taoïsme était la plus synthétique de toutes ces pensées, car elle permettait d'agir en harmonie avec la nature. C'est l'un des rares textes directement attribuables à sa plume.

En 110 av. J.-C., l'empereur Wu des Han organisa les solennelles cérémonies du Feng Shan sur le mont Tai, les premières depuis des siècles. Sima Tan, gravement malade, ne put y assister — un affront terrible pour un Grand Astrologue dont le rôle était précisément de superviser les rituels impériaux liés au Ciel. Le chagrin d'avoir manqué cet événement cosmique de première importance aurait précipité sa mort cette même année.

Sources primaires

Shiji — Taishigong zixu (Postface du Grand Historien), Sima Qian (vers 90 av. J.-C.)
Mon père me saisit la main et dit en pleurant : 'Nos ancêtres furent Grand Historien sous les Zhou... Si je meurs, tu deviendras certainement Grand Historien à ton tour. Dans cette fonction, n'oublie pas ce que j'ai voulu écrire.'
Lun liu jia zhi yao zhi (Essai sur les points essentiels des six écoles de pensée), Sima Tan (vers 120 av. J.-C.)
Le taoïsme enseigne à agir en suivant le mouvement naturel des choses. Il est en accord avec toutes choses et ne s'oppose à rien. Il adopte ce qui est bon dans le confucianisme et le moïsme, retient l'essentiel du légisme et de l'école des noms.
Han Shu — Biographie de Sima Qian, Ban Gu (vers 100 apr. J.-C.)
Sima Tan fut Grand Historien sous l'ère Jiangyuan. Il étudia le yin-yang auprès de Tang Du, le Yi Jing auprès de Yang He, et le taoïsme auprès de Huang Shengong.

Lieux clés

Chang'an (Xi'an actuelle)

Capitale de l'Empire Han occidental, où Sima Tan exerça ses fonctions de Grand Astrologue pendant plusieurs décennies. Les archives impériales, l'observatoire astronomique et la cour de l'empereur Wu s'y trouvaient.

Mont Tai (Taishan, Shandong)

Montagne sacrée où l'empereur Wu célébra les cérémonies du Feng Shan en 110 av. J.-C. Sima Tan, trop malade pour y participer, mourut de chagrin peu après selon la tradition rapportée par son fils.

Longmen (région de Hancheng, Shaanxi)

Région au bord du fleuve Jaune dont était originaire la famille Sima. Sima Tan y passa probablement son enfance avant de rejoindre la capitale pour ses études et sa carrière à la cour impériale.

Archives impériales Han (Bishuge, Chang'an)

Bibliothèque secrète de la cour han, où Sima Tan avait accès à des milliers de documents historiques, annales officielles et textes anciens. C'est là qu'il rassembla les sources monumentales qui allaient constituer la base des Shiji.

Voir aussi