Stanley Kubrick (1928-1999) est un réalisateur, scénariste et producteur américain. Ancien photographe, il devient l'un des cinéastes les plus influents du XXe siècle, célèbre pour son perfectionnisme et la diversité de ses genres, du film de guerre à la science-fiction.
Stanley Kubrick(1928 — 1999)
Stanley Kubrick
États-Unis, Royaume-Uni
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 26 juillet 1928 à New York, il débute comme photographe pour le magazine Look à la fin des années 1940
- 1964 : réalise Docteur Folamour, satire de la guerre froide et de la dissuasion nucléaire
- 1968 : 2001, l'Odyssée de l'espace révolutionne la science-fiction et les effets spéciaux au cinéma
- 1971 : Orange mécanique, dont la violence suscite une vive controverse au Royaume-Uni
- 1980 : Shining, film d'horreur adapté de Stephen King ; il meurt le 7 mars 1999 peu après avoir achevé Eyes Wide Shut
Œuvres & réalisations
Réquisitoire contre l'absurdité de la guerre, situé dans les tranchées de 1916. Le film fut longtemps interdit en France pour son image de l'armée.
Grande fresque sur la révolte des esclaves dans la Rome antique. Premier grand succès public de Kubrick, mais aussi son film le moins personnel.
Comédie noire sur le risque d'une guerre nucléaire entre l'Est et l'Ouest. Œuvre emblématique des angoisses de la guerre froide.
Film de science-fiction sur l'évolution de l'humanité et l'intelligence artificielle (l'ordinateur HAL 9000). Ses effets spéciaux ont marqué l'histoire du cinéma et valu à Kubrick son seul Oscar.
Adaptation d'Anthony Burgess sur la violence des jeunes et le conditionnement par l'État. Film culte et très controversé.
Reconstitution somptueuse du XVIIIe siècle, filmée à la lueur des bougies. Modèle de soin pictural et de musique classique.
Film d'horreur dans un hôtel isolé, d'après Stephen King. Célèbre pour ses travellings au Steadicam et son atmosphère angoissante.
Film de guerre en deux parties sur l'entraînement des marines et la guerre du Viêt Nam. Étude de la déshumanisation du soldat.
Anecdotes
À seulement 17 ans, Stanley Kubrick vend sa première photo au magazine Look : l'image montre un marchand de journaux abattu par l'annonce de la mort du président Roosevelt en 1945. Engagé comme photographe, il sillonne New York pendant cinq ans avant de toucher une caméra. Ce regard de photographe explique l'extrême soin qu'il apportera plus tard à chaque cadrage.
Pour le film d'époque « Barry Lyndon » (1975), Kubrick voulait filmer des scènes de nuit uniquement à la lueur des bougies, sans aucune lumière électrique. Il fit adapter des objectifs ultra-lumineux conçus à l'origine par la NASA pour photographier la face cachée de la Lune. Le résultat ressemble à des tableaux du XVIIIe siècle qui s'animent.
Kubrick était célèbre pour son perfectionnisme et exigeait parfois des dizaines de prises. Sur « Shining » (1980), une scène d'escalier avec l'actrice Shelley Duvall aurait été tournée près de 127 fois, un record longtemps cité. Les acteurs en sortaient épuisés, mais le réalisateur cherchait l'émotion la plus juste.
Passionné d'échecs depuis l'adolescence, le jeune Kubrick jouait contre de l'argent dans les parcs de New York pour arrondir ses fins de mois. Il comparait la mise en scène à une partie d'échecs : anticiper, garder son sang-froid et ne jamais agir sous le coup de l'émotion.
Kubrick avait une peur panique de l'avion et refusait de voler. Installé en Angleterre à partir des années 1960, il y tourna presque tous ses films et roulait en voiture à vitesse réduite, contrôlant tout dans son univers comme sur ses plateaux.
Sources primaires
Le fait le plus terrifiant à propos de l'univers n'est pas qu'il soit hostile, mais qu'il soit indifférent ; pourtant, si nous parvenons à affronter cette indifférence, alors notre existence en tant qu'espèce peut avoir un véritable sens.
J'ai voulu créer une expérience visuelle, qui contourne la compréhension verbalisée et pénètre directement dans l'inconscient avec son contenu émotionnel et philosophique.
Le réalisateur doit être une sorte d'idéateur en chef : il décide de tout, depuis l'angle d'une lampe jusqu'au ton d'une réplique, car c'est l'accumulation de ces détails qui crée le sens du film.
À la suite de menaces et de l'amalgame fait entre le film et des actes de violence réels, le réalisateur a demandé que le film ne soit plus projeté au Royaume-Uni.
Lieux clés
Quartier de New York où naît Stanley Kubrick en 1928. Il y grandit et y développe sa passion pour la photographie et les échecs.
Capitale du cinéma américain où Kubrick réalise « Spartacus ». Il s'en éloignera vite pour fuir le contrôle des grands studios.
Studios proches de Londres où Kubrick tourne plusieurs de ses films majeurs, dont « Shining ». Y travailler lui évitait de prendre l'avion.
Vaste manoir anglais où Kubrick vit et travaille à partir des années 1970. Il y meurt en 1999, peu après avoir achevé « Eyes Wide Shut ».
Objets typiques

Outil central du réalisateur, qui enregistre les images sur pellicule. Kubrick maîtrisait personnellement le cadrage et l'objectif de chaque plan.

Boîtier utilisé par Kubrick adolescent comme photographe pour le magazine Look. Il y a appris la composition de l'image avant le cinéma.

Objectif ultra-lumineux d'origine spatiale, adapté pour « Barry Lyndon ». Il permit de filmer des scènes éclairées uniquement à la bougie.

Jeu d'échecs que Kubrick pratiquait avec passion, parfois pour de l'argent dans les parcs new-yorkais. Il y voyait une école de stratégie et de patience.

Harnais stabilisateur permettant des travellings fluides sans rails. Kubrick en fit un usage célèbre dans les couloirs de l'hôtel de « Shining ».

Tapuscrit du film couvert de notes manuscrites de Kubrick. Il y préparait chaque plan, dialogue et déplacement avec une minutie extrême.
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Vie quotidienne
Matin
Kubrick, plutôt couche-tard, commençait souvent sa journée par la lecture de scénarios, de livres ou de journaux du monde entier. Installé chez lui en Angleterre, il dirigeait son travail depuis son manoir, multipliant coups de téléphone et notes.
Après-midi
Sur un tournage, il consacrait l'après-midi à régler chaque détail : lumière, cadrage, déplacement des acteurs. Il pouvait refaire une même scène des dizaines de fois jusqu'à obtenir l'effet recherché.
Soir
Le soir, il visionnait des films, montait ses propres images ou jouait aux échecs. Grand travailleur, il prolongeait souvent ses activités tard dans la nuit.
Alimentation
Kubrick menait une vie sobre, peu portée sur les mondanités. Il mangeait simplement, souvent chez lui en famille, préférant le travail aux grands dîners.
Vêtements
Il s'habillait de façon décontractée et pratique, loin de l'image glamour d'Hollywood : vestes amples, chemises confortables et parfois une barbe fournie. Son apparence négligée tranchait avec l'extrême rigueur de son travail.
Habitat
À partir des années 1960, il vit en Angleterre, finalement dans le grand manoir de Childwickbury entouré d'un vaste domaine. Cette maison était à la fois son logement, son bureau et son studio de montage, ce qui lui permettait de tout contrôler sans voyager.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Docteur Folamour
1964





