Général et homme d'État romain, Sylla s'empara du pouvoir par la force à l'issue de guerres civiles. Nommé dictateur, il réforma les institutions de la République en faveur du Sénat avant d'abdiquer.
Sylla(137 av. J.-C. — 77 av. J.-C.)
Sylla
Rome antique
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Vainqueur de la première guerre contre Mithridate VI du Pont (88-85 av. J.-C.)
- Marche sur Rome en 88 av. J.-C., un acte sans précédent dirigeant son armée contre sa propre cité
- Rivalité et guerre civile contre Marius puis ses partisans (87-82 av. J.-C.)
- Nommé dictateur en 82 av. J.-C. et instaure les proscriptions, listes d'ennemis condamnés à mort
- Abdique volontairement de la dictature en 79 av. J.-C. et meurt en 78 av. J.-C.
Œuvres & réalisations
Premier général à entrer en armes dans Rome, Sylla créa un précédent qui bouleversa l'équilibre de la République et ouvrit la voie aux guerres civiles.
Sylla repoussa Mithridate VI hors de Grèce et de la province d'Asie, restaurant le prestige romain en Orient par la paix de Dardanos.
Nommé « dictator legibus scribundis », Sylla concentra des pouvoirs inédits pour réorganiser entièrement l'État romain.
Il renforça l'autorité du Sénat, porté à 600 membres, et réduisit fortement les pouvoirs des tribuns de la plèbe.
Sylla réorganisa la justice en créant des tribunaux permanents spécialisés, base durable du droit pénal romain.
Autobiographie en plusieurs livres, aujourd'hui perdue, où Sylla racontait sa vie et justifiait son action ; source utilisée par Plutarque.
Geste rarissime dans l'histoire, Sylla renonça spontanément à un pouvoir absolu pour redevenir simple citoyen.
Anecdotes
En 88 av. J.-C., furieux que le commandement de la guerre contre Mithridate lui ait été retiré au profit de Marius, Sylla fit une chose inouïe : il marcha avec ses légions sur Rome elle-même. C'était la première fois qu'un général romain franchissait en armes les murs de sa propre cité, brisant un tabou sacré.
Après sa victoire finale, Sylla inventa les « proscriptions » : il fit afficher sur le forum des listes de noms d'ennemis à abattre. Quiconque tuait un proscrit touchait une récompense, et ses biens étaient confisqués. Des milliers de Romains périrent ainsi, et nul ne pouvait se sentir en sécurité.
Sylla prit le surnom de « Felix », c'est-à-dire « le Chanceux », convaincu que la déesse Vénus et la Fortune le protégeaient. Il attribuait toutes ses victoires à cette faveur divine plutôt qu'à son seul talent.
Au sommet de sa puissance, alors qu'il était dictateur et que personne n'osait lui résister, Sylla fit une chose stupéfiante : il abdiqua volontairement tous ses pouvoirs en 79 av. J.-C. et se retira dans sa villa de Campanie pour y vivre en simple citoyen.
Jeune homme, Sylla aurait repéré le danger que représentait le jeune Jules César et voulu le faire éliminer. On rapporte qu'il aurait dit voir « plusieurs Marius » dans cet adolescent ambitieux, présageant l'avenir du futur conquérant des Gaules.
Sources primaires
On dit qu'il avait sur le visage des taches rouges semées de blanc, ce qui fit qu'un Athénien plaisant le compara à une mûre saupoudrée de farine.
Sylla, devenu maître de Rome, afficha des listes proscrivant à mort quarante sénateurs et environ mille six cents chevaliers.
Lucius Sylla, s'étant emparé de la République par les armes, eut de bons débuts mais une mauvaise fin.
Aucun homme avant lui n'avait usé de la victoire avec plus de cruauté, ni renoncé au pouvoir avec plus de modération.
Lieux clés
Capitale de la République, prise deux fois par Sylla à la tête de ses légions. C'est là qu'il exerça sa dictature et mena ses proscriptions.
Lieu de la bataille décisive de 82 av. J.-C. où Sylla écrasa les forces marianistes et samnites aux portes de Rome.
Cité grecque alliée de Mithridate que Sylla assiégea et reprit en 86 av. J.-C., pillant ses richesses pour financer la guerre.
Royaume où le jeune questeur Sylla obtint la reddition de Jugurtha en 105 av. J.-C., début de sa réputation.
Région du sud de l'Italie où Sylla se retira après son abdication et où il mourut en 78 av. J.-C.
Objets typiques

Épée courte à double tranchant, arme principale du légionnaire romain au combat rapproché. Symbole de la puissance militaire sur laquelle Sylla bâtit son pouvoir.

Faisceau de verges entourant une hache, porté par les licteurs devant les magistrats. Il symbolisait le pouvoir de commander et de punir, signe de l'imperium détenu par Sylla.

Toge blanche bordée d'une bande de pourpre réservée aux hauts magistrats. Vêtement officiel marquant le rang sénatorial et consulaire de Sylla.

Casque de bronze ou de fer protégeant la tête du soldat, souvent surmonté d'une crête. Équipement des légions dévouées à Sylla durant les guerres civiles.

Listes de noms affichées publiquement sur le forum désignant les ennemis à mettre à mort. Instrument terrifiant de la répression organisée par Sylla.

La plus haute distinction militaire romaine, décernée à un général ayant sauvé une armée entière. Sylla aurait reçu cet honneur rarissime durant la guerre sociale.
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Vie quotidienne
Matin
En tant que magistrat romain, Sylla recevait dès l'aube ses clients lors de la « salutatio », foule de partisans venus solliciter faveurs et protection. Il traitait ensuite les affaires de l'État, lisait les rapports et rendait la justice au forum.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux affaires publiques : séances du Sénat, audiences militaires, préparation des campagnes. En temps de guerre, il inspectait ses légions et dirigeait les opérations depuis sa tente de commandement.
Soir
Réputé pour son goût du plaisir, Sylla aimait les banquets prolongés entourés d'acteurs, de musiciens et d'amis. Ces soirées mêlaient festins, vin et conversations, contrastant avec la dureté de son action politique.
Alimentation
L'alimentation reposait sur le pain, les bouillies de céréales, l'huile d'olive, le vin coupé d'eau, les légumes, le fromage et le poisson. Les banquets aristocratiques offraient en plus viandes, gibier et mets raffinés relevés de sauces.
Vêtements
Sylla portait la tunique de lin ou de laine et la toge bordée de pourpre des grands magistrats. Au combat, il revêtait la cuirasse, le manteau rouge du général (paludamentum) et les insignes de l'imperium.
Habitat
Issu d'une famille d'abord modeste, il vécut jeune dans des logements ordinaires, puis, fortune faite, dans une riche demeure (domus) à Rome ornée de marbres et de mosaïques. Il finit ses jours dans une luxueuse villa de Campanie.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Marche sur Rome (88 av. J.-C.)
88 av. J.-C.
Victoire dans la première guerre mithridatique
85 av. J.-C.
Dictature constituante
82-79 av. J.-C.
Réformes constitutionnelles (leges Corneliae)
81 av. J.-C.
Réforme des tribunaux (quaestiones perpetuae)
81 av. J.-C.
Mémoires (Commentarii rerum gestarum)
vers 79-78 av. J.-C.
Abdication volontaire
79 av. J.-C.






