Teresa Guiccioli(1800 — 1873)

Teresa Guiccioli

États pontificaux, royaume d'Italie

8 min de lecture

LettresSociétéÉcrivain(e)XIXe siècleRomantisme européen et Risorgimento italien, XIXe siècle

Comtesse italienne née en 1800, Teresa Guiccioli est surtout connue pour avoir été la dernière et grande passion de Lord Byron, avec qui elle vécut une liaison célèbre de 1819 à 1823. Après la mort du poète, elle lui consacra un ouvrage mémoriel, « Lord Byron jugé par les témoins de sa vie » (1868), témoignage précieux sur le romantisme européen.

Questions fréquentes

Teresa Guiccioli (1800-1873) était une comtesse italienne dont le nom reste indissociable de celui de Lord Byron, son grand amour. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle n'a pas été une simple muse passive : après la mort du poète, elle a activement contribué à forger sa légende en publiant Lord Byron jugé par les témoins de sa vie (1868), un recueil de souvenirs et de témoignages. Moins une confidente qu'une gardienne de la mémoire byronienne, elle a permis aux générations suivantes d'accéder à une source intime sur le romantisme. Sa correspondance avec Byron, conservée à la Pierpont Morgan Library, est aujourd'hui un document incontournable pour comprendre la vie affective et intellectuelle de l'époque.

Faits marquants

  • Née le 20 mars 1800 à Faenza (Italie) dans la famille noble Gamba
  • Rencontre Lord Byron à Venise en 1819 ; liaison durable jusqu'à la mort du poète en 1824
  • Son cercle familial soutient le mouvement nationaliste italien (Risorgimento)
  • Publie en 1868 « Lord Byron jugé par les témoins de sa vie », source biographique majeure sur Byron
  • Décède le 21 mars 1873 à Settimello, près de Florence

Œuvres & réalisations

Lord Byron jugé par les témoins de sa vie (1868)

Mémoire publié à Paris chez Amyot, dans lequel Teresa rassemble ses souvenirs et les témoignages de proches pour dresser un portrait intime de Byron. Cet ouvrage est une source primaire incontournable sur le romantisme européen et sur la personnalité du poète.

Correspondance avec Lord Byron (1819-1823)

Ensemble de plusieurs centaines de lettres échangées entre Teresa et Byron, conservées en grande partie à la Pierpont Morgan Library et dans des fonds d'archives privés. Publiées partiellement par Iris Origo dans The Last Attachment (1949), elles constituent un document exceptionnel sur la vie amoureuse et intellectuelle du romantisme.

Correspondance avec Alphonse de Lamartine et les cercles romantiques français (1832-1851)

Après la mort de Byron, Teresa entretint une correspondance avec des figures du romantisme français, partageant ses souvenirs et perpétuant activement la mémoire byronienne dans les cercles littéraires parisiens jusqu'à son installation définitive en France.

Anecdotes

En avril 1819, à Venise, Teresa Guiccioli rencontre Lord Byron lors d'un salon chez la comtesse Benzoni. Âgée de dix-neuf ans et déjà mariée au vieux comte Guiccioli, elle est immédiatement séduite par le poète anglais, lui-même sous le charme. Cette rencontre marquera le début de l'une des liaisons les plus célèbres du romantisme européen.

Byron s'installe à Ravenne pour rester proche de Teresa, allant jusqu'à louer des appartements dans le palais même du comte Guiccioli — son propre mari. Cette situation rocambolesque, tolérée dans la société italienne sous le régime du cicisbeo, choquait néanmoins les observateurs étrangers par son audace et son caractère affiché.

En 1820, Teresa obtient du Saint-Siège une séparation légale d'avec le comte Guiccioli, un rescrit papal rarissime accordé en grande partie grâce à l'influence libérale de la famille Gamba. C'est l'une des très rares séparations accordées par Rome à cette époque, témoignant à la fois de sa détermination et des relais politiques de son père.

À la mort de Byron à Missolonghi le 19 avril 1824, Teresa est dévastée. Elle conserva précieusement une mèche de ses cheveux ainsi que des centaines de ses lettres jusqu'à sa propre mort en 1873, ces reliques devenant pour elle les symboles irremplaçables d'un amour dont elle ne se remit jamais tout à fait.

Après son remariage en 1851 avec le marquis de Boissy, Teresa s'installa à Paris. Son second mari, loin de dissimuler le passé illustre de son épouse, se vantait ouvertement dans les salons parisiens d'avoir épousé l'ancienne compagne de Lord Byron — une provocation mondaine qui fit beaucoup parler dans la haute société française et perpetua la légende du poète.

Sources primaires

Lord Byron jugé par les témoins de sa vie, Teresa Guiccioli, Amyot, Paris (1868)
Je n'écris point ici la vie de Lord Byron : d'autres l'ont fait mieux que je ne saurais le faire. J'écris seulement ce que j'ai vu, entendu et su de lui personnellement, laissant parler les faits plutôt que l'imagination.
Lettre de Lord Byron à Teresa Guiccioli (Ravenne, août 1820), d'après la correspondance publiée par Iris Origo (1820)
Tu es la seule femme que j'aie constamment aimée depuis que je te connais. Si je devais te perdre, je ne saurais plus quelle raison me retient en Italie ni dans la vie.
Lettre de Teresa Guiccioli à John Murray après la mort de Byron (mai 1824) (1824)
Lord Byron est mort — et avec lui s'est éteinte la plus grande lumière de la poésie moderne. Ceux qui ne l'ont pas connu ne peuvent mesurer ce que le monde a perdu en lui.
Pietro Gamba, A Narrative of Lord Byron's Last Journey to Greece, John Murray, Londres (1825)
Lord Byron quittait l'Italie avec le sentiment douloureux de laisser derrière lui tout ce qu'il chérissait. Sa séparation d'avec la comtesse Guiccioli fut déchirante pour l'un comme pour l'autre ; il ne s'en consola jamais vraiment.

Lieux clés

Filetto di Meldola, Romagne

Lieu de naissance de Teresa en 1800, dans la région fertile de Romagne alors sous autorité pontificale. Elle y grandit dans une famille noble aux convictions libérales et anti-autrichiennes.

Venise

C'est dans les salons vénitiens, en avril 1819 chez la comtesse Benzoni, que Teresa rencontra Lord Byron. Venise était alors le centre de la vie mondaine et artistique italienne fréquentée par les exilés romantiques du nord de l'Europe.

Palazzo Guiccioli, Ravenne

Résidence principale de Teresa après son mariage et lieu où Byron vint s'installer comme locataire pour être près d'elle. C'est ici que se déroula l'essentiel de leur vie commune entre 1819 et 1821.

Pise

À partir de 1821, Teresa et Byron rejoignirent le Pisan Circle avec Percy et Mary Shelley et Leigh Hunt. Pise devint un foyer éphémère du romantisme européen, mêlant poésie, politique et vie de société.

Missolonghi, Grèce

Ville grecque où Byron mourut de la fièvre le 19 avril 1824 après avoir rejoint la lutte pour l'indépendance grecque. La nouvelle de sa mort atteignit Teresa comme un choc dont elle ne se remit jamais complètement.

Voir aussi