Vilfredo Pareto(1848 — 1923)

Vilfredo Pareto

France, royaume d'Italie

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ÉconomieSociétéÉconomisteScientifiqueIngénieur(e)XIXe siècleTournant des 19e et 20e siècles, âge d'or de la pensée économique néoclassique et naissance de la sociologie scientifique en Europe.

Vilfredo Pareto (1848-1923) est un économiste et sociologue italien, figure majeure de l'école de Lausanne. Il a marqué l'économie politique néoclassique et la sociologie par ses travaux sur la répartition des richesses et le comportement des élites.

Questions fréquentes

Vilfredo Pareto (1848-1923) était un économiste et sociologue italien, figure clé de l'école de Lausanne. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a révolutionné l'économie avec sa loi des 80/20 et l'optimum de Pareto, et la sociologie avec sa théorie de la circulation des élites. Imagine un savant qui, après une carrière d'ingénieur, devient professeur à plus de 40 ans et laisse des concepts encore utilisés aujourd'hui en gestion et en sciences sociales.

Faits marquants

  • Né en 1848 à Paris, mort en 1923 à Céligny (Suisse).
  • Succède à Léon Walras à la chaire d'économie politique de l'Université de Lausanne en 1893.
  • Formule en 1896 la loi de distribution des revenus (loi de Pareto), à l'origine du principe dit « 80/20 ».
  • Définit le concept d'optimum de Pareto, état où l'on ne peut améliorer la situation d'un individu sans détériorer celle d'un autre.
  • Publie son « Traité de sociologie générale » (1916), développant la théorie de la circulation des élites.

Œuvres & réalisations

Cours d'économie politique (1896-1897)

Ouvrage majeur où Pareto formule sa loi de répartition des revenus et applique les mathématiques à l'économie.

Les Systèmes socialistes (1902-1903)

Analyse critique des doctrines socialistes et première esquisse de sa théorie de la circulation des élites.

Manuel d'économie politique (1906)

Introduit l'optimum de Pareto et les courbes d'indifférence, fondements de l'économie du bien-être moderne.

Loi de Pareto (principe 80/20) (1896)

Observation statistique sur la concentration des richesses, devenue un outil universel en économie et en gestion.

Optimum de Pareto (1906)

Concept clé d'efficacité économique : une situation où l'on ne peut améliorer le sort de l'un sans nuire à un autre.

Traité de sociologie générale (1916)

Somme sociologique de plus de 2000 pages théorisant les résidus, les dérivations et la circulation des élites.

Anecdotes

Avant d'être économiste, Pareto a été ingénieur des chemins de fer puis directeur d'une compagnie sidérurgique en Italie. Ce n'est qu'à plus de 40 ans qu'il est devenu professeur d'économie à Lausanne, succédant à Léon Walras. Son passé d'ingénieur explique son goût pour les mathématiques et les courbes appliquées à l'économie.

En étudiant les déclarations d'impôts de plusieurs pays, Pareto a remarqué qu'environ 20 % de la population possédait 80 % des richesses, et que cette proportion se répétait étrangement d'une époque et d'un pays à l'autre. Cette observation est devenue la célèbre « loi de Pareto », ou « principe des 80/20 », encore utilisée aujourd'hui en gestion et en économie.

Pareto était un personnage à fort caractère, souvent en désaccord avec les pouvoirs en place. Dans sa villa de Céligny au bord du lac Léman, il élevait de très nombreux chats, au point que ses voisins l'avaient surnommé l'« ermite aux chats ». Il y travaillait à l'écart du monde académique qu'il critiquait volontiers.

Pour expliquer l'histoire, Pareto a forgé l'idée de la « circulation des élites » : selon lui, les groupes dirigeants se renouvellent sans cesse, les anciennes élites étant remplacées par de nouvelles. Il comparait l'histoire à « un cimetière d'aristocraties », formule restée célèbre en sociologie.

En 1923, peu avant sa mort, le régime fasciste de Mussolini chercha à récupérer le prestige de Pareto en le nommant sénateur du royaume d'Italie. Pareto, déjà très malade, n'a quasiment pas siégé. Les historiens débattent encore de son rapport ambigu au fascisme, qu'il a observé sans en être un militant convaincu.

Sources primaires

Cours d'économie politique (1896-1897)
La courbe de répartition des revenus présente une régularité remarquable : dans les sociétés que nous avons pu observer, la forme de cette courbe varie fort peu.
Manuel d'économie politique (1906)
Nous dirons que les membres d'une collectivité jouissent au point P du maximum d'ophélimité quand il est impossible de s'éloigner très peu de cette position de manière que l'ophélimité dont jouit chacun des individus augmente.
Traité de sociologie générale (Trattato di sociologia generale) (1916)
L'histoire est un cimetière d'aristocraties. Les élites ne durent pas ; elles se succèdent les unes aux autres.
Les Systèmes socialistes (1902-1903)
La lutte pour la vie et pour le bien-être est un phénomène général qui se manifeste sous des formes diverses selon les temps et les lieux.

Lieux clés

Paris

Ville de naissance de Pareto en 1848, où sa famille italienne s'était exilée pour des raisons politiques.

Turin

Ville où Pareto fit ses études d'ingénieur à l'École polytechnique, acquérant sa formation mathématique.

Florence

Ville où Pareto travailla comme ingénieur puis directeur d'une compagnie sidérurgique et s'engagea dans les débats économiques.

Université de Lausanne

Où Pareto succéda à Léon Walras en 1893 et développa l'essentiel de son œuvre économique et sociologique.

Céligny

Village suisse au bord du lac Léman où Pareto possédait sa villa « Angora » et où il mourut en 1923.

Voir aussi