William Griggs est un médecin de la colonie du Massachusetts, resté célèbre pour avoir diagnostiqué une cause surnaturelle aux convulsions de jeunes filles à Salem en 1692, déclenchant l'une des plus célèbres chasses aux sorcières de l'histoire coloniale américaine.
William Griggs(1650 — ?)
William Griggs
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Médecin de la communauté de Salem Village dans la colonie de la baie du Massachusetts à la fin du XVIIe siècle
- En janvier 1692, appelé au chevet de Betty Parris et Abigail Williams, prises de convulsions inexpliquées
- Faute d'explication médicale, il conclut à une origine surnaturelle (ensorcellement), formule restée fameuse
- Son diagnostic déclenche le mécanisme des accusations qui mènent aux procès des sorcières de Salem (1692-1693)
- Les procès aboutissent à l'exécution de 20 personnes et illustrent l'hystérie collective et les limites de la médecine de l'époque
Œuvres & réalisations
Sa conclusion la plus célèbre : faute d'explication médicale aux crises des fillettes, il les déclara ensorcelées, déclenchant les procès de Salem.
Il fut l'un des rares médecins du bourg, soignant la population sans diplôme universitaire, selon les méthodes de son temps.
Sa nièce et servante, hébergée chez lui, devint l'une des principales accusatrices, liant intimement son foyer à la crise.
Son nom et son verdict figurent dans les comptes rendus des contemporains (Calef, Hale), seule trace durable de son rôle historique.
Anecdotes
En janvier 1692, appelé au chevet de Betty Parris et Abigail Williams qui souffraient de convulsions et de cris étranges, le docteur Griggs ne trouva aucune cause physique. Son verdict tomba : les fillettes étaient sous l'emprise d'une « Main Maléfique ». Cette phrase mit le feu aux poudres et lança les procès de Salem.
À l'époque de Griggs, un médecin colonial n'avait souvent aucun diplôme universitaire : il apprenait sur le tas, en accompagnant un praticien plus âgé. Quand son savoir ne suffisait pas à expliquer une maladie, il pouvait, comme beaucoup, se tourner vers une explication surnaturelle.
Elizabeth Hubbard, la propre nièce (et servante) de Griggs qui vivait sous son toit, devint l'une des accusatrices les plus actives de Salem. Elle « témoigna » contre des dizaines de personnes, ce qui place le foyer du docteur au cœur même de la crise.
Le diagnostic de sorcellerie n'avait rien d'absurde pour les puritains du XVIIe siècle : ils croyaient fermement que le Diable agissait dans le monde réel. Le mot d'un médecin respecté suffisait à transformer une crise médicale inexpliquée en accusation de crime capital.
Aucune œuvre, aucun journal ni portrait de William Griggs ne nous est parvenu. On ne le connaît qu'à travers les archives judiciaires de Salem : un homme qui, par une seule consultation, a involontairement contribué à la mort de vingt personnes.
Sources primaires
Le médecin du lieu, nommé Griggs, ayant rendu visite aux malades, et ne trouvant rien de naturel pour expliquer leur état, donna pour avis qu'elles étaient sous une Main Maléfique.
Ces enfants étaient affligées de douleurs et de mouvements si étranges qu'on ne pouvait les attribuer à une maladie ordinaire ; les médecins consultés conclurent qu'elles étaient ensorcelées.
Elizabeth Hubbard, âgée d'environ dix-sept ans, vivant au service du docteur William Griggs, témoigne avoir été tourmentée par le spectre de l'accusée.
Lieux clés
Le bourg rural du Massachusetts où Griggs exerçait et où débuta la crise des sorcières en 1692.
Maison du pasteur où vivaient Betty Parris et Abigail Williams ; c'est là que Griggs posa son fameux diagnostic.
Le port voisin, plus riche et plus peuplé, où se tenait le tribunal qui jugea les accusés.
La colline de Salem où dix-neuf personnes accusées de sorcellerie furent pendues durant l'été 1692.
Le territoire puritain de Nouvelle-Angleterre où Griggs vécut et pratiqua la médecine.
Objets typiques

Sacoche de cuir contenant les instruments rudimentaires du praticien : lancettes pour la saignée, ventouses et fioles. La médecine reposait surtout sur l'observation et les théories des humeurs.

Petite lame utilisée pour ouvrir une veine et pratiquer la saignée, remède universel de l'époque censé rééquilibrer les humeurs du corps.

Au cœur de chaque foyer de Salem, elle servait de référence morale et spirituelle. C'est dans ce cadre de croyances que le Diable et la sorcellerie étaient tenus pour des réalités tangibles.

Galette faite de seigle et de l'urine des fillettes affligées, donnée à manger à un chien pour « révéler » la sorcière. Ce remède de bonne femme aggrava la panique au lieu de la calmer.

Livres imprimés sur lesquels s'appuyaient les rares médecins, mêlant astrologie, recettes de plantes et savoir populaire. La frontière entre science et croyance y était floue.

Symbole de la justice coloniale qui condamna les accusés sur la foi de « preuves spectrales ». Les paroles d'un médecin pouvaient peser autant qu'un témoignage.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Au lever, Griggs commençait souvent la journée par la prière en famille, comme tout foyer puritain. Puis il préparait sa sacoche pour visiter les malades dispersés dans les fermes de Salem Village, parfois à plusieurs kilomètres à cheval.
Après-midi
L'après-midi se passait au chevet des patients : il observait les symptômes, pratiquait des saignées ou prescrivait des décoctions de plantes. Sans laboratoire ni vrai savoir scientifique, le diagnostic reposait sur l'expérience et la tradition.
Soir
Le soir, à la lueur d'une chandelle, il consultait ses rares livres de médecine et d'almanach. Les soirées puritaines étaient sobres, rythmées par la lecture de la Bible et le repos, les divertissements étant mal vus.
Alimentation
L'alimentation coloniale était simple : bouillies de maïs, pain de seigle, fèves, salaisons de porc et légumes du potager. La viande fraîche et le sucre restaient rares ; la bière légère et le cidre accompagnaient les repas.
Vêtements
Comme les puritains aisés, il portait des vêtements de laine sombre, sobres et boutonnés haut, avec un chapeau à large bord. L'austérité vestimentaire reflétait les valeurs religieuses interdisant le luxe et l'ostentation.
Habitat
Il vivait dans une maison de bois à charpente massive, chauffée par une grande cheminée centrale. Les pièces étaient sombres, les fenêtres petites, et la maisonnée comprenait famille et serviteurs vivant sous le même toit.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Diagnostic d'une « Main Maléfique »
janvier 1692
Pratique de la médecine à Salem Village
années 1680-1690
Accueil d'Elizabeth Hubbard sous son toit
vers 1692
Témoignages médicaux dans les archives de Salem
1692






