Xiwangmu, la Reine-Mère d'Occident, est l'une des grandes divinités de la mythologie et de la religion chinoises. Gardienne des pêches d'immortalité, elle règne sur le mont Kunlun et préside au destin des immortels. Son culte, attesté dès la dynastie Shang, traverse toute l'histoire religieuse de la Chine.
Xiwangmu
Xiwangmu
dynastie Zhou
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Mentionnée pour la première fois dans le Shanhaijing (Classique des monts et des mers), texte compilé entre le IVe et le Ier siècle av. J.-C.
- Gardienne des pêches d'immortalité qui mûrissent tous les 3000 ans sur le mont Kunlun
- Associée au culte populaire des Han (206 av. J.-C. – 220 apr. J.-C.) où elle est vénérée comme dispensatrice de longévité
- Figure centrale du taoïsme religieux intégrée au panthéon officiel à partir de la période Han
- Légende de sa rencontre avec le roi Mu de Zhou (Xe siècle av. J.-C.) rapportée dans le Muwangzhuan
Œuvres & réalisations
Création mythologique centrale de Xiwangmu : le verger céleste sur le mont Kunlun où poussent les pêches de longévité, source de l'immortalité accordée aux dieux et aux saints du panthéon taoïste.
Festin cosmique organisé par Xiwangmu pour réunir tous les Immortels du panthéon taoïste, rendu célèbre par le roman La Pérégrination vers l'Ouest de Wu Cheng'en (XVIe siècle) où le Roi Singe en perturbe le déroulement.
Selon le Liezi, Xiwangmu transmit à l'Empereur Jaune les enseignements du Tao et les secrets de la longévité, faisant d'elle la source mythique de toute la médecine et de la philosophie taoïste.
Après avoir abattu neuf des dix soleils qui brûlaient la Terre, Hou Yi reçut de Xiwangmu un élixir d'immortalité en récompense ; son épouse Chang'e s'en empara et s'envola vers la Lune, fondant le mythe de la Fête de la Lune.
L'une des rencontres mythologiques les plus célèbres de la littérature chinoise, rapportée dans le Mu Tianzi zhuan ; la déesse et le roi échangèrent poèmes et présents, symbolisant le dialogue possible entre le monde humain et le divin.
Selon le Han Wudi neizhuan, Xiwangmu rendit visite à l'Empereur Wu, lui révéla les secrets de la longévité et lui offrit ses pêches célestes, ancrant durablement le culte impérial de la déesse sous la dynastie Han.
Anecdotes
Les plus anciennes mentions de Xiwangmu remontent aux inscriptions oraculaires de la dynastie Shang (vers 1300 av. J.-C.), gravées sur des os et des carapaces de tortue. Ces textes la désignent comme une puissance redoutable associée aux présages et aux catastrophes naturelles, bien loin de l'image bienveillante qu'elle acquerra plus tard.
Le Mu Tianzi zhuan (Chronique du Fils du Ciel Mu), texte de la fin de la période des Zhou, raconte la rencontre légendaire du roi Mu avec Xiwangmu près du lac de Jade (Yaochi). Le roi lui offrit des présents précieux, ils festoyèrent ensemble et composèrent des poèmes — épisode fondateur qui associe pour la première fois la déesse à la quête humaine de l'immortalité.
Dans le Shanhaijing (Classique des Monts et des Mers), Xiwangmu est décrite avec des dents de tigre, une queue de léopard et des cheveux emmêlés, entourée de trois oiseaux bleus à son service. Ce portrait terrifiant, ancré dans les traditions shamaniques archaïques, montre que la déesse fut d'abord une figure de la mort et de la maladie avant d'être transformée en dispensatrice d'immortalité.
Selon le Han Wudi neizhuan (Biographie intérieure de l'Empereur Wu des Han), Xiwangmu rendit visite à l'Empereur Wu (r. 141-87 av. J.-C.) et lui offrit sept pêches d'immortalité de la taille d'un œuf. L'Empereur voulant conserver les noyaux pour les planter, la déesse lui répondit que ces arbres ne produisent des fruits que tous les trois mille ans — anecdote illustrant le fossé infranchissable entre ambition humaine et éternité divine.
Le verger céleste de Xiwangmu sur le mont Kunlun abrite des pêches d'immortalité divisées en trois rangées selon leur puissance : les premières confèrent trois mille ans de vie, les secondes six mille ans, et les troisièmes la vie éternelle. Tous les trois mille ans, la déesse organise un grand banquet (le Pantao Hui) pour l'ensemble des Immortels — récit devenu l'un des épisodes les plus célèbres du roman La Pérégrination vers l'Ouest au XVIe siècle.
Sources primaires
La Reine-Mère d'Occident ressemble à un être humain mais a une queue de léopard et des dents de tigre. Elle est habile au sifflement et ses cheveux sont emmêlés. Elle porte un ornement de tête et préside aux calamités célestes et aux cinq pénalités.
Le Fils du Ciel offrit à la Reine-Mère d'Occident cent pièces de soie blanche. La Reine-Mère chanta pour le Fils du Ciel, et le Fils du Ciel chanta en retour. Puis la Reine-Mère planta des arbres au bord du Lac de Jade.
La Reine-Mère d'Occident obtint le Tao et s'installa à Shao Guang. Personne ne connaît son commencement, personne ne connaît sa fin.
La Reine-Mère d'Occident tira de sa manche une boîte de pêches de la taille d'un œuf de poule et en offrit sept à l'Empereur. L'Empereur voulut conserver les noyaux pour les planter ; la Reine-Mère lui dit : ces pêchers ne produisent des fruits que tous les trois mille ans.
Jadis, la Reine-Mère d'Occident rendit visite deux fois à l'Empereur Jaune sur le mont Kunlun. Elle lui transmit les enseignements du Tao et les arts de la longévité.
Lieux clés
Demeure mythologique de Xiwangmu et axis mundi de la cosmologie chinoise, pilier reliant la Terre au Ciel. C'est là que se trouvent son palais de jade et son verger de pêches d'immortalité.
Lac sacré aux eaux émeraude situé sur les flancs du mont Kunlun, lieu du grand banquet des Immortels et théâtre de la rencontre légendaire entre Xiwangmu et le roi Mu de Zhou.
Site archéologique de la capitale Shang où furent découverts les os oraculaires mentionnant Xiwangmu pour la première fois (vers 1300 av. J.-C.), constituant la plus ancienne attestation écrite de la déesse.
Montagne sainte taoïste où le culte de Xiwangmu fut particulièrement vénéré, avec des temples qui lui étaient dédiés, symbolisant l'enracinement de la déesse dans la pratique taoïste médiévale.
Haut lieu du taoïsme shangqing où les révélations concernant Xiwangmu furent développées aux IVe–Ve siècles ; les textes shangqing la décrivent comme la dispensatrice des écritures célestes.
Objets typiques

Fruits emblématiques de Xiwangmu, poussant dans son verger sur le mont Kunlun et ne mûrissant que tous les trois mille ans. Manger une de ces pêches confère une longévité extraordinaire ou l'immortalité complète.

Ornement de tête caractéristique de Xiwangmu dans les représentations iconographiques de la période Han, symbole de sa royauté divine et de sa nature céleste, distinguant la déesse des autres figures du panthéon.

Les trois oiseaux bleus qui servent de messagers à Xiwangmu, lui apportant sa nourriture et portant ses messages aux mortels ; ils symbolisent le lien entre le monde divin et le monde humain.

Le lac sacré aux eaux turquoise situé sur le mont Kunlun, théâtre du grand banquet des Immortels et lieu de la rencontre légendaire entre Xiwangmu et le roi Mu de Zhou.

Animaux associés à Xiwangmu dans ses représentations archaïques — elle porte des dents de tigre et une queue de léopard dans le Shanhaijing — rappelant son origine comme divinité redoutable des régions sauvages de l'Ouest avant sa transformation en déesse bienveillante.

Préparation divine que Xiwangmu garde jalousement sur le mont Kunlun ; dans le mythe de Chang'e, l'archer Hou Yi reçut cet élixir de la déesse avant qu'il ne lui soit dérobé par son épouse, qui s'envola vers la Lune.

Dans certaines traditions anciennes, Xiwangmu est associée au tissage cosmique, symbolisant l'ordre du monde et le destin des êtres, la reliant aux grandes déesses tisserandes de l'Asie ancienne.
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Vie quotidienne
Matin
Au lever du jour cosmique, Xiwangmu préside depuis son trône de jade au mont Kunlun aux révérences des Immortels et des génies célestes venus lui rendre hommage. Elle inspecte son verger de pêches accompagnée de ses oiseaux bleus, vérifiant la croissance millénaire des fruits sacrés.
Après-midi
L'après-midi divin, Xiwangmu reçoit les âmes méritantes qui ont obtenu l'immortalité et les guide dans leurs nouvelles fonctions célestes. Elle consulte les registres du destin et détermine la durée de vie des mortels exceptionnels, accordant parfois sa grâce sous forme d'années supplémentaires ou d'une parcelle d'élixir.
Soir
Au crépuscule, la déesse se retire dans son palais au bord du Lac de Jade où elle joue de la cithare (qin) en compagnie des fées et des musiciens célestes. Ces soirées baignées dans la lumière des étoiles sont consacrées aux arts, à la poésie et aux enseignements spirituels destinés aux immortels de son entourage.
Alimentation
Xiwangmu se nourrit exclusivement d'aliments célestes : les pêches sacrées de son verger, la rosée du matin recueillie sur le mont Kunlun et des préparations alchimiques à base de jade et de cinabre. Elle ne consomme jamais la nourriture ordinaire du monde des hommes, ce qui maintient son immortalité absolue et sa nature divine.
Vêtements
La déesse est représentée dans l'art Han portant une robe à larges manches ornée de nuages et de phénix, avec une coiffe élaborée de jade et de plumes de paon. Dans les textes anciens du Shanhaijing, elle arbore au contraire des attributs féroces — dents de tigre, queue de léopard — témoins de son aspect archaïque de divinité sauvage et redoutable.
Habitat
Xiwangmu réside dans un palais de jade aux toits recouverts de turquoise, perché au sommet du mont Kunlun qui s'élève jusqu'aux neuf cieux. Son domaine comprend le verger des pêches d'immortalité, le Lac de Jade aux eaux émeraude et des jardins peuplés de créatures mythiques — phénix, cerfs dorés, lièvres de jade — qui gardent les accès au paradis céleste.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le Jardin des pêches d'immortalité (蟠桃园)
Mythologique
Le Grand Banquet des Immortels (蟠桃会, Pántáo Huì)
Tous les 3 000 ans (mythologique)
Transmission des arts de la longévité à l'Empereur Jaune
Mythologique (ère de Huangdi, vers -2700)
Don de l'élixir d'immortalité à l'archer Hou Yi
Mythologique
Rencontre avec le roi Mu de Zhou au Lac de Jade
vers -950 (légendaire)
Apparition à l'Empereur Wu des Han
vers -110 (légendaire)






