Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Bâbur

par Charactorium · Bâbur (1483 — 1530) · Politique · Militaire · Lettres · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Bâbur

Nous retrouvons Bâbur à Agra, dans les derniers mois de sa vie, assis dans l'un des jardins qu'il vient de faire tracer au bord de la Djumna, loin des melons de sa Ferghana natale. Autour de lui, encriers et carnets du Baburnama jonchent le tapis ; entre deux vers, il accepte de revenir sur le chemin qui l'a mené d'un trône d'enfant à celui d'un empereur.

Vous avez été roi à douze ans à peine. Comment un enfant devient-il souverain du jour au lendemain ?

Mon père, Umar Sheikh Mirza, gouvernait la vallée de Ferghana depuis son pigeonnier, qu'il aimait entretenir plus que tout. Un jour de 1494, le sol a cédé sous lui et il est tombé dans le ravin avec ses oiseaux. J'avais douze ans, et il n'y avait personne d'autre pour tenir Andijan. Je me souviens avoir écrit, plus tard : « Au mois de ramadan de l'année 899, dans le pays de Ferghana, à l'âge de douze ans, je devins roi. » Mes oncles, eux, voyaient surtout un trône vacant à prendre. J'ai dû apprendre en quelques semaines ce que d'autres apprennent en une vie : tenir une cour, armer des hommes, ne jamais montrer que j'avais peur. Ce n'était pas un jeu d'enfant, c'était déjà la guerre, et elle ne m'a plus quitté.

Ce n'était pas un jeu d'enfant, c'était déjà la guerre.

Comment avez-vous appris à gouverner sans personne pour vous montrer le chemin ?

Je n'avais pour moi que le nom de mon père et celui, plus lourd encore, de mon aïeul Tamerlan. Les seigneurs de Ferghana testaient un enfant, pas un roi : révoltes, trahisons, conseillers qui changeaient de camp selon le vent. J'ai vite compris qu'un jeune souverain doit payer ses fidèles avant qu'ils ne se vendent à un autre, et qu'un trône timouride ne protège de rien si l'on ne sait pas monter à cheval en tête de ses troupes. Je passais mes journées à recevoir des messagers inquiets et mes nuits à calculer qui, parmi mes proches, me trahirait le premier. On ne devient pas un homme à douze ans — on apprend seulement à ne pas s'effondrer devant les autres.

Samarcande occupe une place à part dans votre vie. Pourquoi y êtes-vous retourné sans relâche ?

Samarcande n'était pas une ville comme une autre pour moi, c'était la capitale de Tamerlan, celle que je considérais comme mon héritage par le sang. Je l'ai prise une première fois en 1497, à peine sorti de l'adolescence, et je l'ai perdue presque aussitôt, faute d'hommes et d'or pour la tenir. J'y suis retourné deux fois encore, et chaque fois le même dénouement : une victoire, puis la ville qui m'échappait entre les doigts comme du sable. Muhammad Shaybani Khan et ses Ouzbeks m'ont finalement chassé d'Asie centrale en 1501, sans que mon shamshir n'y puisse rien changer. J'ai fini par comprendre qu'un homme peut aimer une ville toute sa vie sans qu'elle veuille de lui.

Qu'est-ce qui vous a finalement poussé à tourner le regard vers l'Inde plutôt que vers l'Asie centrale ?

Même après que le Shah Ismaïl eut vaincu et tué Shaybani Khan en 1510, Samarcande ne s'est pas donnée à moi davantage — j'ai tenté ma chance une dernière fois, en vain. Installé à Kaboul depuis 1504, j'ai regardé la carte autrement : au nord, des steppes disputées et des alliés peu fiables ; au sud, l'Hindoustan et ses richesses, à peine défendu par un sultanat de Delhi vieillissant. Mes premières incursions au Pendjab datent de 1519, prudentes, presque des reconnaissances. Ce n'est pas que j'aie renoncé à mon rêve timouride : j'ai simplement compris qu'un roi sans terre doit parfois cesser de regarder en arrière pour ne pas mourir les mains vides.

Racontez-nous la bataille de Panipat. Comment un homme comme vous a-t-il pu vaincre une armée bien supérieure en nombre ?

À Panipat, en avril 1526, je n'avais qu'environ douze mille hommes face à l'immense armée du sultan Ibrahim Lodi et à ses centaines d'éléphants de guerre. Le nombre ne suffit pas à gagner une bataille — je l'avais appris de mes échecs à Samarcande. J'ai fait lier des centaines de chariots entre eux pour former un rempart mobile, avec mes canons et mes mousquets postés derrière, une méthode que peu avaient vue en Hindoustan. Les éléphants, affolés par le bruit de la poudre, ont fini par piétiner leurs propres rangs. Par la grâce de Dieu, cette tâche difficile me fut rendue aisée, et cette armée puissante, en l'espace d'une demi-journée, fut couchée dans la poussière. Ce jour-là, l'empire moghol est né dans la fumée et le fracas des naqqara.

Cette armée puissante, en l'espace d'une demi-journée, fut couchée dans la poussière.

Qu'est-ce qui différenciait votre armée de celle du sultan de Delhi ?

Ibrahim Lodi comptait sur le nombre et sur ses éléphants, des bêtes impressionnantes mais lentes et nerveuses. Moi, je venais d'Asie centrale, où l'on apprend à tirer à l'arc composite depuis le dos d'un cheval au galop, et j'avais surtout adopté le canon et les armes à feu, encore rares dans le nord de l'Hindoustan. Mes hommes savaient manœuvrer vite, se retrancher derrière des chariots liés, puis frapper. Le sultan de Delhi croyait la guerre à l'ancienne, avec des masses d'hommes et de bêtes ; moi, je pensais la bataille comme un problème à résoudre avec ce que j'avais sous la main. On ne bat pas dix fois plus d'hommes par le courage seul — on les bat en pensant plus vite qu'eux.

Après Panipat, l'Inde était-elle vraiment conquise, ou le combat continuait-il ?

Panipat n'était qu'un commencement. L'année suivante, à Khanwa, j'ai dû affronter la confédération rajpoute de Rana Sanga, des guerriers aussi redoutables que fiers, qui refusaient de voir un prince timouride s'installer sur leurs terres. Puis en 1529, à Ghaghra, il a fallu encore consolider ce que j'avais gagné. Un trône ne se prend pas une fois pour toutes : il se reprend chaque année, contre chaque voisin qui doute de votre légitimité. Mes fils, je crois, ont mis longtemps à comprendre cette leçon-là : gagner une bataille et fonder un empire sont deux choses différentes, et la seconde demande bien plus de patience que la première.

Pourquoi avez-vous choisi d'écrire votre vie avec tant de franchise, y compris vos échecs ?

Le Baburnama n'est pas un livre de gloire, c'est un carnet que j'ai tenu presque toute ma vie, en tchaghataï, ma langue. J'y raconte mes victoires, bien sûr, mais aussi mes défaites à Samarcande, mes doutes, mes soirées de fête et de vin dont je n'ai pas toujours été fier. Je n'ai jamais compris l'intérêt d'un souverain qui se raconte plus grand qu'il ne fut — cela ne trompe que les flatteurs, jamais l'histoire. J'y ai aussi noté les fruits, les fleurs, les animaux des pays traversés, comme si le monde méritait autant d'attention que mes propres batailles. Peut-être qu'un jour, quelqu'un lira ces pages et comprendra qu'un roi peut aussi être un homme qui doute.

On dit que vous avez inventé votre propre alphabet. D'où vient cette idée ?

Vers 1503, à peine chassé de Samarcande, j'ai conçu une écriture nouvelle, le Khatt-i Baburi, pour transcrire des textes, y compris le Coran, avec plus de clarté que l'alphabet arabe habituel ne le permettait pour notre langue tchaghataï. Certains ont trouvé cela présomptueux pour un prince sans royaume ; moi j'y voyais une façon de ne pas laisser mes défaites décider de ce que je pouvais encore accomplir. Un homme qui perd un trône peut toujours affiner ses lettres, composer un vers, inventer un signe. L'écriture, contrairement à Samarcande, ne m'a jamais échappé.

Vous avez fait aménager des jardins partout où vous êtes passé. Que représentaient-ils pour vous ?

Après 1504, une fois maître de Kaboul, j'ai fait tracer mes premiers chahar bagh, ces jardins persans divisés en quatre par des canaux d'eau. Un jardin, pour moi, c'est un morceau d'ordre arraché à un monde de campagnes et de trahisons — je pouvais y planter, y compter mes arbres, y recevoir des poètes le soir, loin du bruit des tambours de guerre. En Hindoustan, la terre résistait autrement à mes desseins ; j'ai écrit un jour : « L'Hindoustan est un pays qui possède peu de charmes. Ses habitants n'ont ni belle mine, ni société agréable ; mais c'est un vaste pays où l'or et l'argent abondent. » Alors j'ai planté des jardins comme on plante un peu de Ferghana au milieu d'un pays qui n'était pas encore tout à fait le mien.

Que regrettez-vous le plus, de Ferghana, en régnant désormais sur l'Hindoustan ?

Les melons et les raisins de Ferghana, très sincèrement — rien en Hindoustan ne les vaut, quoi qu'on y trouve en or et en soieries. On peut conquérir un empire et regretter un fruit ; ce n'est pas une contradiction, c'est simplement que le corps se souvient de ce que l'esprit a quitté trop vite. J'ai demandé qu'on m'enterre, un jour, dans le jardin que j'ai fait aménager à Kaboul, plutôt que dans la chaleur d'Agra où j'ai pourtant fondé mon trône. Un homme peut régner sur l'Hindoustan et vouloir malgré tout reposer dans la terre où il a planté ses premiers arbres. C'est peut-être la seule chose qui ne se conquiert pas : le lieu où l'on se sent, enfin, chez soi.

On peut conquérir un empire et regretter un fruit.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Bâbur. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.