Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Gamal Abdel Nasser

par Charactorium · Gamal Abdel Nasser (1918 — 1970) · Politique · Militaire · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Gamal Abdel Nasser
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Stevan Kragujević

Nous retrouvons Gamal Abdel Nasser un soir d'été, dans le salon sans faste de sa villa de Manchiyet el-Bakri, au Caire. Le président a troqué l'uniforme pour la gallabiya, une tasse de thé noir refroidit sur la table basse, et il parle avec la lenteur de quelqu'un habitué à peser chaque mot avant de le lancer à des millions d'auditeurs.

Que ressentiez-vous, ce 26 juillet 1956, en montant sur l'estrade de la place des Martyrs à Alexandrie, sachant ce que le nom de Ferdinand de Lesseps allait déclencher ?

Une tranquillité étrange, en vérité. Des mois que je retournais cette décision dans ma tête, depuis que Washington nous avait claqué la porte au nez pour le financement du barrage. Alors ce soir-là, devant la foule, j'ai commencé à parler de cet homme, Ferdinand de Lesseps, comme on raconte une vieille histoire — et à chaque fois que je prononçais son nom, je savais que mes officiers, à Port-Saïd, à Ismaïlia, posaient la main sur les installations de la Compagnie. J'ai dit ce soir-là que le canal avait été creusé par les fils de l'Égypte, que cent vingt mille d'entre eux étaient morts dans cette boue pour l'ouvrir aux navires des autres. Ce n'était pas un coup de colère. C'était une dette qu'on venait enfin réclamer.

Le canal a été creusé par les fils de l'Égypte — cent vingt mille d'entre eux y sont morts.

Vous saviez que la France et le Royaume-Uni pourraient répondre par les armes. Pourquoi prendre ce risque à ce moment précis ?

Parce qu'on venait de m'humilier, et qu'une humiliation, dans cette région, se paie toujours d'une manière ou d'une autre. La Banque mondiale et les Américains avaient promis de financer le haut barrage d'Assouan, puis s'étaient rétractés, furieux que j'achète des armes à Prague plutôt qu'à Londres. J'ai compris ce jour-là qu'on ne nous laisserait jamais construire notre avenir avec l'argent des autres sans en payer le prix politique. Le canal, lui, nous appartenait déjà — il suffisait de le faire reconnaître. J'ai pesé la crise que cela provoquerait, oui, la flotte franco-britannique, les bombes sur Port-Saïd. Mais un peuple qui recule devant chaque menace ne construit jamais son barrage.

Dans La Philosophie de la révolution, vous parlez de trois cercles — arabe, africain, islamique. D'où vous est venue cette idée ?

Elle m'est venue en regardant une carte, tout simplement, et en me demandant où se trouvait vraiment l'Égypte, pas seulement sur le papier mais dans le cœur des peuples qui nous regardent. Nous ne sommes ni tout à fait l'Orient méditerranéen que rêvaient les Européens, ni une simple province arabe parmi d'autres. J'ai écrit que nous sommes à un carrefour de l'histoire, que chaque peuple porte une mission, et que la nôtre se joue sur trois terrains à la fois. Un fellah du delta du Nil, un étudiant de Dakar, un pèlerin venu de Java — tous, d'une façon différente, peuvent se reconnaître dans le destin égyptien. Ce livre n'était pas une théorie de bureau. C'était une boussole que je me donnais avant d'agir.

Nous sommes à un carrefour de l'histoire, et chaque peuple porte une mission.

Cette vision d'une Égypte à la croisée de trois mondes a-t-elle rencontré des résistances, y compris chez vous ?

Bien sûr. Il y a ceux qui auraient voulu que je choisisse un seul cercle et m'y tienne, que je fasse de l'Égypte une nation arabe fermée sur elle-même, ou au contraire une puissance africaine détachée de ses voisins du Machrek. Moi-même, issu d'une famille modeste de Haute-Égypte, j'ai dû apprendre à penser au-delà du village où j'ai grandi. Mais un pays qui a vu passer les pharaons, les califes et les colonisateurs britanniques ne peut pas se réduire à une seule appartenance. La Charte nationale que j'ai fait promulguer plus tard portait déjà cette conviction : le socialisme arabe que je proposais devait parler à la fois au fellah, au musulman et à l'Africain qui se libère.

En 1955, à Bandung, vous n'aviez que trente-sept ans et dirigiez l'Égypte depuis moins de deux ans. Que représentait cette rencontre pour vous ?

J'étais le plus jeune de la salle, ou presque, entouré d'hommes comme Nehru ou Zhou Enlai qui portaient déjà le poids de nations immenses. Je me souviens d'avoir marché dans les rues de cette ville d'Indonésie et de m'être dit que nous n'étions plus seuls, nous les peuples récemment sortis du colonialisme. Là-bas, j'ai affirmé notre droit à l'indépendance, à la souveraineté, à une coopération fondée sur l'égalité entre les peuples — pas la charité des anciens empires, une égalité de droit. Ce sommet m'a appris quelque chose d'essentiel : que la force d'un petit pays peut se multiplier quand il parle au nom de tous ceux qui refusent de choisir entre deux maîtres.

Je me suis dit que nous n'étions plus seuls, nous les peuples sortis du colonialisme.
Jamal Abdel Nasser voice mentioned the name "Persian gulf" in Arabic
Jamal Abdel Nasser voice mentioned the name "Persian gulf" in ArabicWikimedia Commons, Public domain — Jamal Abdel Nasser's numerous speeches .from Persian Gulf Documentary ِFilm in YouTube here and it is little piece

Comment expliquiez-vous, à l'époque, cette idée de ne s'aligner ni sur Washington ni sur Moscou ?

Je répondais souvent qu'un homme qui accepte de porter les chaînes d'un seul maître reste un homme enchaîné, même si les chaînes sont dorées. Nous avions besoin des Soviétiques pour financer le barrage d'Assouan que les Américains nous refusaient, mais je n'avais aucune intention d'échanger un protectorat britannique contre une tutelle moscovite. À la radio, sur les ondes de La Voix des Arabes, je répétais aux fellahs comme aux étudiants de Beyrouth que notre force venait justement de ce refus de choisir. Nehru appelait cela le non-alignement ; moi, j'y voyais surtout la dignité retrouvée d'un peuple qui avait trop longtemps obéi aux autres.

Le 9 juin 1967, au lendemain du désastre de la guerre des Six Jours, vous êtes apparu à la télévision pour annoncer votre démission. Que se passait-il en vous à cet instant ?

Une chute, tout simplement. Notre aviation détruite au sol, le Sinaï perdu en quelques jours — j'ai porté cette défaite comme on porte un corps trop lourd. J'ai dit ce soir-là que je me retirais complètement et définitivement de toute responsabilité, que j'étais prêt à être jugé pour ce qui s'était passé. Je ne cherchais pas la pitié du peuple égyptien, je cherchais seulement à assumer ce que je considérais comme ma faute. Après la nationalisation du canal, après Bandung, j'avais connu les sommets ; ce soir-là, devant les caméras du palais d'Héliopolis, je découvrais qu'un chef qui a promis la victoire doit aussi savoir reconnaître sa défaite devant tous.

Le lendemain, des millions d'Égyptiens sont descendus dans la rue pour vous supplier de rester. Qu'avez-vous compris de ce moment ?

J'ai compris que le lien entre un dirigeant et son peuple ne se mesure pas seulement aux victoires qu'on lui offre. Au Caire, à Alexandrie, des foules pleuraient dans les rues, refusant que je m'en aille malgré l'ampleur du désastre militaire. J'avoue avoir été bouleversé, moi qui croyais avoir tout perdu de leur confiance en une seule guerre. C'est cette réponse populaire, plus que n'importe quel calcul politique, qui m'a fait retirer ma démission. Un peuple qui vous pardonne une défaite aussi cuisante vous engage plus fort que n'importe quelle victoire ne l'aurait fait — cela, je ne l'ai jamais oublié.

Un peuple qui vous pardonne une défaite vous engage plus fort qu'aucune victoire.

Vous portez ce soir une gallabiya, alors qu'on vous connaît surtout en uniforme de président-maréchal. Que représente ce vêtement pour vous ?

Le retour à ce que je suis, tout simplement, une fois les décorations rangées. Devant les ambassadeurs, je porte le costume sombre ou l'uniforme kaki, parce que l'État a besoin de cette solennité. Mais ici, à Manchiyet el-Bakri, dans cette villa que j'ai préférée aux palais du roi Farouk, je redeviens le fils d'un modeste employé des postes de Haute-Égypte. J'ai toujours refusé de m'installer dans le faste de l'ancienne monarchie ; je crois qu'un chef qui oublie d'où il vient finit par gouverner contre son propre peuple. Cette gallabiya de coton n'est pas un costume de scène. C'est simplement ce que je porte quand plus personne ne me regarde.

À quoi ressemble une soirée ordinaire, ici, loin des discours et des foules ?

À très peu de choses, en réalité, et c'est ce que j'aime. Un plat de ful médamès ou de koshary, mes enfants autour de la table, parfois un film égyptien que nous regardons ensemble avant que je ne retourne à mes dossiers. Je me couche tard, souvent après minuit, ayant écouté la BBC en arabe ou préparé un discours à la lueur de la lampe. On imagine le chef d'État uniquement dans les grandes salles du pouvoir, mais la révolution que nous avons faite en 1952 s'est aussi jouée dans ces détails-là : refuser le luxe ostentatoire, rester un homme du peuple même quand on le dirige. C'est peut-être la seule vanité que je me permette.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Gamal Abdel Nasser. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.