Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Hélène Dorion

par Charactorium · Hélène Dorion (1958 — ?) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux élèves d'une classe découverte ont rendez-vous avec la poète québécoise Hélène Dorion. Dehors, la neige tombe doucement sur la forêt. Elle les accueille avec un sourire, un carnet ouvert sur la table.

C'est vrai que vous écrivez vos poèmes en vous promenant dans la forêt ?

Oui, mon enfant, c'est exactement ça. Tu sais, je n'écris pas d'abord assis à un bureau. Je mets mes bottes de marche et je vais dans les forêts laurentiennes, tout près de chez moi. Je marche très lentement. J'observe une feuille, la lumière entre les arbres, un lac immobile. Et là, des mots montent en moi. Alors je sors mon carnet et je les note à la main. Imagine que tu cherches un trésor caché : ce n'est pas en courant que tu le trouves, c'est en regardant bien. Pour moi, marcher et écrire, c'est la même chose.

Ce n'est pas en courant qu'on trouve les mots, c'est en regardant bien.

Pourquoi vous écrivez à la main et pas autrement ?

Quelle bonne question ! Tu vois, quand j'écris à la main, je sens les mots dans mon corps, dans mes doigts. C'est comme si le mot et le geste ne faisaient qu'un. Le matin, souvent avant que le soleil se lève, je m'installe avec un café simple, une fenêtre qui donne sur la neige. Tout est silencieux. Et là je relis mes carnets de la veille. Plus tard, quand le poème est presque prêt, je le mets au propre, je le relis des dizaines de fois. Mais le tout premier souffle du poème, lui, naît toujours d'une main qui trace lentement sur le papier.

Écrire à la main, c'est sentir les mots dans son corps.

Vous écriviez quoi quand vous étiez jeune, à mon âge ?

Déjà des poèmes, figure-toi ! J'étais une enfant, puis une adolescente, et je cherchais des mots pour dire des choses que la langue de tous les jours n'arrivait pas à dire. Tu connais ce sentiment ? Quand quelque chose te touche très fort, et que tu ne sais pas comment l'expliquer ? Eh bien, pour moi, mon premier grand livre, ce n'était pas un livre. C'était la nature autour de moi : les forêts, la neige, cette lumière basse de l'hiver québécois. J'ai appris à lire le monde avant de lire les grands poètes. Mon tout premier vrai recueil, L'intervalle prolongé, je l'ai publié en 1983.

Mon premier grand livre, ce n'était pas un livre : c'était la nature.

Ça parle de quoi, votre tout premier livre de poèmes ?

Il s'appelle L'intervalle prolongé, et je l'ai écrit jeune, en 1983. Tu sais ce qui m'intéressait déjà ? Le silence. Le temps qui passe. Et surtout l'espace entre les choses et entre les gens. Imagine deux personnes qui se taisent : entre leurs deux silences, il y a parfois un mot très précieux qui attend. Pour moi, la poésie vit justement là, dans cet espace qu'on n'ose pas remplir. À douze ans, ça peut sembler étrange, mais pense à un blanc dans une chanson, juste avant que la musique reprenne : ce vide-là dit quelque chose, lui aussi.

La poésie vit dans cet espace qu'on n'ose pas remplir.

C'est quoi votre livre dont vous êtes la plus fière ?

Ravir : les lieux, publié en 2005, compte beaucoup pour moi. Il parle d'une idée toute simple, mais qui m'émeut encore. Tu crois qu'on choisit les endroits où on vit ? Eh bien moi, je pense le contraire. Les lieux nous habitent avant qu'on les habite. La ville de Québec où je suis née, le grand fleuve Saint-Laurent, les hivers de glace : tout ça était déjà en moi avant que je comprenne pourquoi. Imagine une maison de famille : même les yeux fermés, tu sais où sont les marches, l'odeur de la cuisine. Les paysages, c'est pareil. Ils nous façonnent en secret.

Les lieux nous habitent avant qu'on les habite.

C'est quoi Mes forêts ? On m'a dit que c'était votre livre le plus connu.

C'est vrai, et ça m'a beaucoup surprise ! Mes forêts est paru en 2021. Dedans, j'écris une chose que je ressens depuis toujours : « Je suis faite de forêts ». Pour moi, la forêt n'est pas seulement dehors, autour de moi. Elle est aussi à l'intérieur, dans mon cœur, dans mes pensées. Et un jour, ce petit livre de poèmes québécois a été choisi en France pour un grand prix littéraire, le Prix Médicis étranger. Des milliers de lecteurs en Europe m'ont découverte d'un coup. Imagine une lettre que tu lances très loin, et qui arrive de l'autre côté de l'océan. C'est ce qui m'est arrivé.

La forêt n'est pas seulement autour de moi : elle est à l'intérieur.

Ça vous a fait quoi d'être célèbre en France si tard ?

Tu sais, ça m'a émue aux larmes. J'écrivais depuis presque quarante ans, tranquillement, au Québec. Et soudain, en 2021, avec Mes forêts, toute la France découvrait ma poésie. J'ai décrit ce moment comme un pont lancé par-dessus l'Atlantique. Imagine : pendant des années, tu chantes une chanson dans ton village, et un jour des gens de l'autre côté de la mer la reprennent en chœur. C'est étrange et merveilleux à la fois. Ça m'a appris une chose : il ne faut jamais cesser d'écrire en croyant que personne n'écoute. Un poème voyage parfois bien plus loin qu'on ne l'imagine.

Un poème voyage parfois bien plus loin qu'on ne l'imagine.

C'était comment, être poète au Québec quand vous avez commencé ?

C'était un moment passionnant, mon enfant. Quand j'ai débuté, vers 1983, le Québec se posait beaucoup de questions sur lui-même. Qui sommes-nous ? Quelle est notre langue, notre identité ? Tu sais, on parle français au Québec, mais on est entourés d'un immense pays surtout anglophone. Alors la poésie devenait une façon de dire « nous existons, et notre langue est belle ». J'ai travaillé longtemps avec une maison d'édition de poésie qui s'appelle Le Noroît. Imagine une petite maison où des gens passionnés fabriquent des livres de poèmes à la main, avec amour. C'était un vrai refuge pour nous, les poètes.

La poésie disait : nous existons, et notre langue est belle.

Pourquoi tout le monde parlait d'identité, à votre époque ?

Bonne question, et un peu difficile, je te préviens. Quand j'étais jeune, le Québec a vécu un grand réveil qu'on appelle la Révolution tranquille. Rassure-toi, « tranquille » veut dire qu'il n'y a pas eu de guerre : c'était un changement profond, mais paisible. Les gens ont voulu être fiers d'être québécois et de parler français. Plus tard, en 1980 puis en 1995, on a même voté pour savoir si le Québec deviendrait un pays. Imagine toute une société qui se demande, ensemble : « Qui sommes-nous vraiment ? » Mes poèmes parlent souvent de ça : appartenir à un lieu, à une langue, et chercher sa liberté.

Appartenir à un lieu, à une langue, et chercher sa liberté.

Vous faites de la peinture ou de la musique aussi, pas que des poèmes ?

Pas vraiment moi-même, mais j'adore quand les arts se rencontrent ! Certains de mes textes ont été mis en musique, d'autres ont accompagné des expositions de peinture. J'aime aussi la photographie : je prends parfois des images de la nature avec un appareil photo argentique, tu sais, ces vieux appareils où l'on charge un film. Pour moi, la poésie touche à tout ce qui résiste à la parole ordinaire. Imagine une émotion si grande qu'un seul mot ne suffit pas : alors la musique, la peinture et le poème se donnent la main pour la dire ensemble. Les arts sont comme des amis qui parlent la même langue secrète.

La poésie touche à tout ce qui résiste à la parole ordinaire.

Pour vous, ça sert à quoi un poème, en vrai ?

Ah, la plus belle des questions pour finir ! Tu sais, dans mon recueil Mondes fragiles, choses frêles, de 2006, je dis que ce qui est fragile n'est pas ce qui casse, mais ce qui tremble et demeure malgré tout. Un poème, c'est ça : il prend une chose toute petite, toute frêle — une feuille, un silence, une peur — et il la garde vivante. Imagine que tu veuilles protéger un flocon de neige pour toujours. Tu ne peux pas le mettre dans ta poche. Mais avec des mots, tu peux. Voilà à quoi sert un poème, mon enfant : à garder vivant ce qui, sinon, disparaîtrait.

Un poème garde vivant ce qui, sinon, disparaîtrait.
Voir la fiche complète de Hélène Dorion

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Hélène Dorion. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.