Interview imaginaire

Les enfants interrogent Jean Effel

par Charactorium · Jean Effel (1908 — 1982) · Arts visuels · Société · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux élèves de sixième, en classe découverte, poussent la porte d'un atelier plein d'encre et de papier. Un vieux monsieur souriant, une plume à la main, les fait asseoir près de sa planche à dessin. « Approchez, mes petits », dit-il en riant doucement.

Pourquoi on vous appelle Jean Effel ? C'est un drôle de nom !

Tu as raison, mon enfant, c'est un nom un peu farceur ! En vrai, je m'appelle François Lejeune. Regarde mes deux initiales : F et L. Quand tu les dis à voix haute, ça fait « eff… el ». Alors j'ai eu une idée toute simple : j'ai francisé ce petit son, et j'ai posé « Jean » devant. Et hop, ça donnait Jean Effel ! Court, facile à retenir, parfait pour signer un dessin dans un coin de journal. Tu vois, un dessinateur, ça doit avoir un nom qu'on reconnaît tout de suite, comme une petite étiquette. Le mien, je l'ai fabriqué avec deux lettres, comme on fabrique un jouet avec trois bouts de bois.

Mon nom, je l'ai fabriqué avec deux lettres, comme un jouet.

C'était comment, votre journée quand vous dessiniez ?

Le matin, je commençais toujours par lire les journaux. Toute l'actualité, les bêtises des puissants, les nouvelles du monde : ça me remplissait la tête d'idées. Ensuite je m'installais à ma planche à dessin, une grande surface inclinée, et j'esquissais mes premières idées. L'après-midi, c'était le vrai travail : je traçais mes traits à la plume et à l'encre de Chine, cette encre noire bien épaisse qui fait des contours nets. Puis je mettais la couleur avec de l'aquarelle, toute douce. Mais attention, il fallait aller vite ! Les journaux m'attendaient. Imagine qu'on te dise : « ton dessin doit être fini ce soir, sinon le journal part sans lui. » Ça donne des ailes, crois-moi.

Le matin je lisais le monde, l'après-midi je le dessinais.

C'est vrai que vous avez dessiné Dieu en train de créer le monde ?

Oui, mon enfant, et c'est mon œuvre la plus célèbre ! Je l'ai appelée La Création du monde, en 1951. Mais mon bon Dieu à moi n'est pas sévère du tout. Imagine un vieux monsieur barbu, souriant, penché sur son établi comme un artisan dans son atelier. Il fabrique le monde avec ses mains, tranquillement, comme toi tu ferais une jolie maquette. Autour de lui, des petits anges espiègles regardent et donnent leur avis, et un petit diablotin fait des bêtises dans un coin. J'ai voulu montrer que fabriquer le monde, ça pouvait être une aventure joyeuse, pleine de tendresse. Pas quelque chose qui fait peur.

Mon bon Dieu fabrique le monde comme un artisan dans son atelier.

Et après le monde, vous avez dessiné comment on fabrique les gens ?

Exactement ! En 1955, j'ai fait La Création de l'homme. Là, mon bon Dieu façonne Adam, puis Ève, avec plein de malice et de tendresse. C'est comme s'il modelait des petits bonshommes en pâte, en réfléchissant à chaque détail. Ce qui m'a beaucoup touché, c'est qu'on a même transformé mes dessins en film. Des artistes ont fabriqué de vraies petites marionnettes pour donner vie à mes personnages sur un écran. Tu imagines ? Mon Dieu jardinier et mes anges facétieux qui bougent pour de vrai ! Un dessinateur rêve toujours que ses créatures s'animent. Moi, j'ai eu cette chance-là.

Un dessinateur rêve toujours que ses petites créatures s'animent.

On m'a dit que vous cachiez une fleur dans vos dessins. C'est un secret ?

Ah, tu as l'œil ! Oui, c'est mon petit secret. Dans presque chaque dessin, je glissais discrètement une marguerite, une petite fleur toute simple, cachée quelque part dans le décor. Personne n'était obligé de la voir. Mais moi, je savais qu'elle était là. C'était comme une deuxième signature, plus discrète que mon nom. Tu vois, un peintre signe son tableau dans le coin ; moi j'avais deux façons de signer : mon nom Jean Effel, et ma fleur cachée. C'est un jeu, au fond. La prochaine fois que tu regardes un de mes dessins, cherche bien : tu la trouveras peut-être, ma petite marguerite qui fait coucou.

Ma marguerite cachée, c'était ma signature secrète dans le décor.
19441202 Caricature de Charles Maurras et du Maréchal Pétain
19441202 Caricature de Charles Maurras et du Maréchal PétainWikimedia Commons, Public domain — Jean Effel

Vos dessins sont tout doux, mais on dit qu'ils étaient méchants avec les puissants. Comment ça ?

Bonne question, mon enfant ! Regarde mon trait : il est rond, souriant, presque enfantin. On dirait des dessins pour rire, tout gentils. Mais dessous, je disais des choses très sérieuses. Je travaillais pour des journaux comme Le Canard enchaîné, un journal satirique — ça veut dire un journal qui se moque des puissants pour les critiquer. Avec mon crayon doux, je défendais la paix entre les peuples et je piquais ceux qui abusaient de leur pouvoir. Et tu sais quoi ? Un trait tout gentil qui dit une vérité qui pique, c'est encore plus efficace ! Les gens sourient d'abord, et après ils réfléchissent. C'était ça, mon arme secrète.

Un trait tout doux qui dit une vérité qui pique, c'est redoutable.

Vous avez gagné un prix, c'est vrai ? Pour quoi ?

Oui ! En 1968, j'ai reçu le prix Lénine pour la paix. C'était une grande récompense, décernée là-bas, à l'Est, en Union soviétique. On me l'a donnée parce que, toute ma vie, j'ai été pacifiste — ça veut dire quelqu'un qui refuse la guerre et défend la paix. J'ai vécu deux guerres terribles, mon enfant. Petit, j'ai connu la première ; adulte, la seconde. Alors mes dessins criaient, à leur façon douce : « arrêtez de vous battre ! » Recevoir ce prix, ça m'a montré que mes petits bonshommes de papier avaient voyagé loin, jusque dans des pays que je ne connaissais pas. Un dessin, ça franchit les frontières sans passeport.

Un dessin, ça franchit les frontières sans passeport.
19360219 Caricature de Léon Daudet et de Charles Maurras dans Marianne
19360219 Caricature de Léon Daudet et de Charles Maurras dans MarianneWikimedia Commons, Public domain — Jean Effel

Vous disiez que vos dessins sont partis à Prague. C'était loin, non ?

Oh oui, très loin de mon Paris natal ! Prague, c'est la capitale de la Tchécoslovaquie, là-bas vers l'Est de l'Europe. C'est là qu'en 1958 des artistes ont fabriqué le film d'animation de La Création de l'homme. Le réalisateur s'appelait Eduard Hofman. Imagine : mes personnages, mon Dieu jardinier, mes anges farceurs, tout ce petit monde né sur ma planche à dessin parisienne, et voilà qu'il prenait vie dans une ville lointaine que je ne voyais qu'en rêve ! Ça prouvait que mon univers plaisait aux gens de l'Est. C'est ça qui est beau dans le dessin : tu le fais dans ton atelier, tout seul, et il part faire le tour du monde sans toi.

Je dessine tout seul dans mon atelier, et mes dessins font le tour du monde.

Le soir, après le travail, vous faisiez quoi ?

Le soir, je ne restais pas seul dans mon coin ! J'aimais retrouver les milieux artistiques de Paris. J'allais dans les cafés et les brasseries de la ville, ces grands lieux où l'on mange, où l'on discute pendant des heures. Là, je croisais des écrivains, des journalistes, des amis qui, comme moi, rêvaient de paix. On refaisait le monde en parlant, un peu comme mon bon Dieu le refaisait sur mes dessins ! Tu vois, à mon époque, un café c'était bien plus qu'un endroit pour boire : c'était le salon des idées, l'atelier des conversations. On en ressortait la tête pleine de projets. Et le lendemain, hop, tout ça finissait au bout de ma plume.

À mon époque, un café, c'était le salon des idées.

Si des enfants comme nous regardent vos dessins aujourd'hui, qu'est-ce que vous aimeriez qu'ils ressentent ?

Ah, mon enfant, quelle jolie question pour finir. J'aimerais que vous souriiez d'abord, tout simplement. Mon bon Dieu débonnaire, mes anges espiègles, mon petit diablotin : ils sont là pour ça, pour la tendresse et le rire. Mais j'aimerais aussi que vous compreniez quelque chose. On peut dire des choses graves — la paix, la justice, le respect des autres — avec de la douceur et de l'humour. Pas besoin de crier fort pour être entendu. Un sourire ouvre les cœurs mieux qu'un poing fermé. Alors si vous cherchez ma petite marguerite cachée et que vous la trouvez, dites-vous que je vous fais un clin d'œil, à travers le temps. Voilà mon plus beau cadeau.

Un sourire ouvre les cœurs mieux qu'un poing fermé.
Voir la fiche complète de Jean Effel

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Jean Effel. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.