Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Othmân ibn Affân

par Charactorium · Othmân ibn Affân (574 — 656) · Politique · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Othmân ibn Affân
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Médine, sous le soleil déclinant du mois de dhû al-hijja. Le troisième calife nous reçoit dans la cour de sa demeure de pierre, non loin de la mosquée du Prophète, un exemplaire du Coran posé près de lui sur un coussin de cuir. La voix est douce, presque effacée, mais les mains gardent la fermeté du marchand qui pesa l'or comme il pèse aujourd'hui les mots.

On vous nomme Dhû al-Nûrayn, celui aux deux lumières. Que raconte ce surnom de votre vie ?

Louange à Dieu qui m'a comblé d'un honneur que nul autre n'a reçu. J'épousai Ruqayya, fille de l'Envoyé de Dieu, et quand la mort me la ravit, il me donna sa sœur Umm Kulthûm. Deux filles du Prophète sous mon toit, l'une après l'autre : voilà pourquoi les croyants m'appellent Dhû al-Nûrayn, celui aux deux lumières. Je n'en tire nulle vanité, car ce n'est point mon mérite mais un signe de la confiance qu'il plaça en moi. Avec Ruqayya, je pris le chemin de l'exil vers Axoum, en terre d'Abyssinie, lorsque les nôtres fuyaient la haine des Quraysh. Un marchand devenu fugitif pour l'amour d'une seule parole : il n'y a de Dieu que Dieu. Ces deux lumières éclairent encore mes veilles, quand je récite dans le silence.

Deux filles du Prophète sous mon toit : voilà pourquoi l'on m'appelle celui aux deux lumières.

Vous souvenez-vous de cette première émigration, quand il fallut quitter La Mecque pour l'Abyssinie ?

Comment l'oublierais-je ? J'étais de la tribu des Quraysh, gardiens de la Ka'ba, et voilà que ma propre parenté me traquait comme un renégat. Les persécutions s'abattaient sur les faibles, sur les esclaves convertis que je rachetais de ma bourse pour les affranchir. Alors, vers l'an de la sixième année de la révélation, je pris Ruqayya par la main et nous traversâmes la mer vers le royaume du Négus, à Axoum. Ce roi chrétien, un homme de justice sous la croix, nous accueillit et refusa de nous livrer. Étrange chose que de trouver refuge chez les Gens du Livre quand les siens vous chassent. J'appris là-bas que la foi n'a point de patrie, sinon le cœur des hommes droits. Nous revînmes plus tard, mais je garde de cette terre le goût d'une hospitalité que Dieu récompensera.

J'appris là-bas que la foi n'a point de patrie, sinon le cœur des hommes droits.

Avant le califat, on vantait déjà votre générosité. Comment en êtes-vous venu à financer l'armée de Tabûk ?

Dieu m'avait donné le négoce et la fortune, et je savais qu'un bien qu'on garde pourrit comme le grain qu'on ne sème pas. Vint l'an 630 et l'expédition de Tabûk, que l'on nomma l'armée de la détresse, car la chaleur était accablante et les provisions rares. L'Envoyé de Dieu appela : « Qui financera l'armée de l'heure de la détresse aura le paradis. » Je me levai et dis : je me charge de cela. J'apportai neuf cents chameaux sellés et cent chevaux, avec l'or et les provisions, de quoi équiper le tiers de l'armée. Le Prophète en fut réjoui et pria pour moi. Ce ne fut point prodigalité, mais le seul commerce qui ne connaît nulle perte : donner à Dieu ce qu'il vous a d'abord prêté.

Un bien qu'on garde pourrit comme le grain qu'on ne sème pas.

Vous parlez du commerce comme d'une école. Qu'a-t-il enseigné au calife que vous êtes devenu ?

Le marchand de La Mecque apprend deux choses : peser juste et attendre son heure. J'avais bâti ma fortune sur les caravanes des Quraysh, dans ma longue tunique de lin blanc, entre les étals et les puits. Quand Dieu me fit calife par la shûrâ des six compagnons, en l'an 644, je ne cessai point d'être ce marchand ; simplement, mes marchandises devinrent les provinces de l'empire et l'impôt des croyants. Je rachetais jadis des esclaves pour les rendre libres ; je m'efforçai ensuite de rendre les gouverneurs justes et les routes sûres. On m'a reproché ma richesse, mais je vécus de pain d'orge et de dattes, buvant le lait de chamelle comme au désert. La fortune n'est pas un péché ; c'est un dépôt dont on rendra compte au Jour où nulle caravane ne rachète l'âme.

Mes marchandises devinrent les provinces de l'empire et l'impôt des croyants.

Votre nom reste attaché à la mise par écrit du Coran. Qu'est-ce qui vous a décidé à cette entreprise ?

La crainte de la discorde, rien d'autre. L'empire s'étendait de la Perse à l'Ifrîqiya, et les nouveaux croyants récitaient le Livre chacun selon son dialecte, si bien que dans les garnisons on commençait à se quereller sur la parole même de Dieu. Cela, je ne pouvais le souffrir. Je confiai donc à Zayd ibn Thâbit, qui avait déjà servi de scribe à l'Envoyé de Dieu, la tâche de réunir les feuilles éparses, de les collationner sur le parchemin avec les plumes de roseau, et d'établir un mushaf unique. Puis j'ordonnai que les copies conformes fussent envoyées dans les grandes villes, et que les autres versions fussent brûlées. On m'en a fait grief, comme si je détruisais la parole ; mais je ne détruisais que la confusion. Un seul texte, pour que l'oumma ne se divise jamais sur ce qui la fonde.

Je ne détruisais point la parole ; je ne brûlais que la confusion.

N'avez-vous pas craint qu'on vous accuse d'avoir touché à un texte sacré ?

Certes, je le craignis, et cette crainte fut ma prière chaque nuit. Qui suis-je pour porter la main sur la révélation ? Aussi ne changeai-je pas une lettre : je fis seulement rassembler et copier ce que des mémoires sûres et des feuillets attestés avaient conservé. Zayd ibn Thâbit ne travaillait point de mémoire seule ; il exigeait des témoins pour chaque verset. Le mushaf que nous établîmes n'ajoute ni ne retranche : il fixe. Songez qu'aujourd'hui encore, d'un bout à l'autre de la terre des croyants, on récite ce même texte, sans variante. Si mon nom survit à ma dépouille, que ce soit par ce service-là. Car un empire s'effondre, une flotte pourrit, un calife est enseveli ; mais la parole de Dieu, une fois fixée sur le parchemin, ne connaît plus ni l'usure ni l'oubli.

Un empire s'effondre, une flotte pourrit, un calife est enseveli ; mais la parole fixée ne connaît plus l'oubli.

Sous votre règne, l'islam prit la mer pour la première fois. Comment cette flotte vit-elle le jour ?

La mer effrayait les fils du désert, et mon prédécesseur Omar avait toujours refusé qu'on y hasardât les croyants. Mais mon gouverneur de Syrie, Mu'âwiya ibn Abî Sufyân, que j'avais établi à Damas, me pressait sans relâche : Byzance nous harcelait depuis ses navires, disait-il, et l'on ne défend pas une côte en restant sur le sable. Après bien des hésitations, je l'autorisai à bâtir une flotte. On construisit des galères à rames dans les ports de Syrie et d'Égypte, et voilà que des Arabes de la caravane devinrent gens de la voile. Ils prirent Chypre, puis affrontèrent l'empereur lui-même à la bataille des mâts, où nos navires s'accrochèrent aux leurs comme on lie deux caravanes. La croix recula sur les flots. Ce fut une rupture ; je crois que Dieu voulait montrer que Sa religion n'a point de rivage qui l'arrête.

Des Arabes de la caravane devinrent gens de la voile, et la croix recula sur les flots.

Cette ouverture vers la mer et vers le Caucase, était-ce pour vous une gloire ou un fardeau ?

L'une et l'autre, car toute conquête est un poids autant qu'un triomphe. En l'an 652, mes armées poussèrent jusqu'à l'Arménie et vers le Caucase, tandis qu'Abdallah ibn Saad menait les cavaliers en Ifrîqiya, aux portes de l'antique Carthage. L'empire grandissait plus vite que je ne pouvais nommer de gouverneurs dignes de confiance. Or plus la maison s'agrandit, plus il faut de serviteurs, et plus il est aisé qu'un intendant infidèle se glisse parmi eux. Chaque province conquise m'apportait un impôt et une inquiétude. Je réorganisai l'administration, je nommai des émirs, je fis creuser et bâtir jusque dans les villes lointaines. Mais je le savais : celui qui étend ses murailles doit veiller la nuit. La gloire de l'islam sur mer et sur terre fut réelle ; le fardeau des jaloux et des ambitieux le fut tout autant.

Chaque province conquise m'apportait un impôt et une inquiétude.

On raconte que des rebelles ont assiégé votre demeure quarante jours. Qu'avez-vous ressenti derrière ces murs ?

Une paix étrange, mêlée de chagrin. Des séditieux venus d'Égypte et d'Irak entourèrent ma maison, ici même à Médine, m'accusant de mille torts que je n'avais point commis. Mes fidèles voulaient tirer l'épée du calife et se battre ; j'entrouvris ma porte et leur ordonnai de regagner leurs foyers. Comment aurais-je permis que le sang d'un croyant fût versé pour préserver ma vieille dépouille ? Je fus, dit-on, l'un des dix à qui le Paradis fut promis de son vivant ; que craindrais-je donc de la mort ? La fitna, cette discorde qui déchire l'oumma, voilà ce que je redoutais, non le trépas. Alors je m'assis, je pris le Livre que j'avais fait copier, et je récitai. Puisqu'il fallait mourir, que ce fût les yeux dans la parole de Dieu, non l'épée à la main contre mes frères.

Comment aurais-je permis que le sang d'un croyant fût versé pour préserver ma vieille dépouille ?

Beaucoup vous auraient conseillé de fuir ou de vous défendre. Pourquoi ce refus absolu de combattre ?

Parce que je connaissais le prix d'un premier sang. Le premier glaive tiré entre croyants n'est jamais le dernier ; il ouvre une plaie que des générations ne referment pas. Je le pressentais : ma mort n'éteindrait pas l'incendie, mais si j'armais mes partisans, j'y jetterais l'huile. On me rapporta autrefois un présage funeste, le jour où l'anneau-sceau du Prophète, que j'avais reçu après Abû Bakr et Omar, glissa de mon doigt dans un puits de Médine et que nul ne le retrouva. J'y vis le signe que quelque chose de scellé se défaisait. Je choisis donc de tomber seul plutôt que d'entraîner l'oumma dans la fitna. Le calice de la guerre civile, mes successeurs le boiraient bien assez ; je ne voulus point le leur tendre de ma propre main. Mieux vaut un calife égorgé qu'une communauté déchirée.

Le premier glaive tiré entre croyants n'est jamais le dernier ; il ouvre une plaie que des générations ne referment pas.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Othmân ibn Affân. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.