Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Xerxès Ier

par Charactorium · Xerxès Ier (518 av. J.-C. — 464 av. J.-C.) · Politique · Militaire · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Xerxès Ier
Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — dynamosquito from France

Le sable crisse sous les sandales quand on gravit les larges degrés de l'Apadana de Persépolis, entre les tributaires sculptés dans la pierre. Le Grand Roi reçoit sous les hautes colonnes de bois précieux, la tiare droite sur le front, entouré des mages du feu sacré. Il accepte, pour une fois, de répondre sans intermédiaire.

Vous avez achevé l'Apadana commencée par votre père Darius. Que vouliez-vous que cette salle raconte à ceux qui y entraient ?

Mon père Darius avait posé les colonnes de l'Apadana, à Persépolis ; il me revenait de la parachever et d'y graver ce que Suse et Babylone ignoraient encore de mon règne. J'ai voulu que quiconque monte les degrés de pierre découvre, taillés dans la roche, les vingt-trois peuples de mon empire portant leurs présents — laine des Bactriens, ivoire des Éthiopiens, chevaux des Mèdes. Devant cette salle, j'ai fait dresser la Porte des Nations, gardée par des taureaux à tête d'homme comme en dressaient jadis les Assyriens, afin qu'aucun envoyé n'oublie chez qui il entre. Ce n'était pas seulement de la pierre empilée : c'était mon empire rendu visible et immobile, quand les hommes, eux, ne font que passer.

Ce n'était pas seulement de la pierre empilée : c'était mon empire rendu visible et immobile.

On dit que vous avez aussi commencé la Salle aux Cent Colonnes. Pourquoi un roi bâtit-il autant ?

Parce que les batailles se gagnent une fois, mais qu'une Salle aux Cent Colonnes reçoit les générations. J'y voulais tenir mes grandes audiences et rassembler mes commandants avant chaque campagne, sous un plafond que cent fûts de pierre soutiennent comme autant de satrapies soutiennent le trône. Un roi qui ne bâtit pas laisse le vent effacer son passage ; moi, j'ai voulu que Persépolis parle encore quand ma voix se serait tue. Les charpentiers du Liban, les orfèvres d'Égypte, les tailleurs de pierre d'Ionie ont travaillé côte à côte sur ce chantier, comme mon empire lui-même avance d'une seule volonté, quoique formé de mille peuples.

Votre inscription gravée à Persépolis proclame que vous avez détruit les sanctuaires des daivas. Que vouliez-vous dire par là ?

Dans certains pays de mon empire, on adorait encore les daivas — ces puissances trompeuses que les mages m'enseignaient à distinguer d'Ahura Mazda, le Seigneur Sage. Par sa grâce, j'ai fait abattre ces sanctuaires et j'ai proclamé : « Les daivas ne seront pas adorés. » Ce n'était pas caprice de conquérant : un royaume qui honore les puissances du mensonge s'expose au désordre, et le désordre remonte toujours jusqu'au trône. Je ne demandais pas à chaque peuple d'abandonner ses coutumes — les Babyloniens, les Égyptiens, gardaient leurs temples — mais que la fausseté cède devant la vérité que mon père et moi servions.

Quelques années plus tôt, Babylone s'était révoltée et vous avez fait fondre la statue de son dieu Marduk. Pourquoi un tel geste ?

Babylone s'était crue au-dessus des autres provinces parce que mon père l'avait ménagée. Quand elle s'est soulevée, j'ai compris qu'un privilège trop longtemps accordé devient une invitation à la révolte. J'ai fait fondre la statue d'or de Marduk que les prêtres promenaient en procession comme un roi rival, et j'ai retiré à la ville son rang particulier parmi mes satrapies. Certains y ont vu de la dureté ; moi, j'y voyais la seule réponse possible : un empire qui s'étend de l'Indus à l'Égypte ne tient que si chaque province sait qu'aucune n'est plus grande que le trône lui-même.

Comment avez-vous fait franchir l'Hellespont à une armée que l'on dit innombrable ?

J'ai ordonné à mes ingénieurs phéniciens et égyptiens d'amarrer des centaines de navires flanc contre flanc, sur plus de treize cents mètres, pour former deux ponts entre l'Asie et l'Europe. On a tendu des câbles de lin blanc et de papyrus, posé des claies de bois, recouvert le tout de terre battue pour que chevaux et chariots ne devinent même pas qu'ils marchaient sur la mer. Pendant sept jours et sept nuits, en cet été de 480 av. J.-C., l'armée a défilé sans interruption au-dessus de l'Hellespont, fantassins, cavaliers, chameaux de Bactriane. Aucun roi avant moi n'avait attelé la mer de cette façon ; je voulais que les Grecs sachent, avant même le premier combat, à quelle puissance ils s'apprêtaient à répondre.

Xerxes I tomb Cappadocian soldier circa 470 BCE cleaned up
Xerxes I tomb Cappadocian soldier circa 470 BCE cleaned upWikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — A.Davey

Il se dit qu'une tempête a détruit vos premiers ponts et que vous avez fait punir la mer elle-même. Qu'en est-il vraiment ?

La tempête a brisé mes premiers ouvrages avant même que l'armée n'ait posé un pied dessus, et j'ai jugé qu'un tel outrage ne pouvait rester sans réponse. J'ai fait donner trois cents coups de fouet aux flots et jeter des fers dans l'eau, et j'ai fait dire à la mer, par la bouche de mes hommes, qu'elle devait obéissance à son maître. Les Grecs, je le sais, ont raconté cela comme la folie d'un roi qui croit commander aux éléments. Mais un souverain que la nature défie sans réplique perd déjà, aux yeux de son armée, avant d'avoir combattu : il fallait que mes soldats me voient dompter l'Hellespont une seconde fois, ponts neufs et mer soumise.

Avant de franchir l'Hellespont, vous avez passé vos troupes en revue depuis une tribune et l'on dit que vous avez pleuré. Que ressentiez-vous en cet instant ?

C'est vrai, et je ne le nie pas. J'ai regardé, depuis ma tribune, cette armée qui couvrait la plaine à perte de vue — sans doute la plus grande jamais rassemblée par un homme — et au lieu de la fierté que l'on attendait de moi, une tristesse m'a saisi. J'ai pensé que dans cent ans, pas un seul de ces hommes ne serait encore vivant, ni le fantassin de Susiane ni le cavalier de Bactriane, malgré tout ce nombre, toute cette puissance. Un roi voit son règne comme éternel tant qu'il regarde ses palais ; il voit sa mortalité, la mienne comme celle de tous, dès qu'il regarde une armée en marche.

J'ai pensé que dans cent ans, pas un seul de ces hommes ne serait encore vivant.

Un riche Lydien, Pythios, vous aurait demandé de garder son fils aîné auprès de lui plutôt que de l'envoyer combattre. Comment avez-vous reçu cette requête ?

Pythios avait mis toute sa fortune à mon service, jusqu'à ses réserves d'or, et je lui en savais gré. Mais me demander, à la veille du départ, de retenir son fils aîné quand des milliers d'autres pères envoyaient les leurs sans réserve, c'était me demander une exception là où ma volonté ne devait souffrir aucune fissure. J'ai fait trancher son fils en deux et déposer les deux moitiés aux abords du chemin que mon armée a pris pour gagner Sardes. Je sais quel jugement les Grecs portent sur ce geste. Je réponds qu'un roi qui accorde une faveur la refuse aussitôt à cent mille autres, et qu'une armée ne marche droit que si elle connaît, sans exception, la volonté du Grand Roi.

À Salamine, vous aviez fait dresser un trône d'or sur le mont Aigaleos pour regarder la bataille. Que pensiez-vous voir depuis ce siège ?

Je pensais voir ma flotte refermer le détroit comme un filet et écraser les navires grecs faute d'espace pour manœuvrer. J'avais fait placer des scribes à mes côtés, chargés de noter le nom des commandants qui se distingueraient, pour les récompenser après la victoire. Mais le détroit de Salamine est étroit, et ce qui devait être un piège pour les Grecs s'est refermé sur mes propres trières, trop nombreuses pour le peu d'eau libre qu'elles avaient. J'ai vu, depuis mon trône d'or sur le mont Aigaleos, des navires qui portaient mon nom sombrer les uns dans les autres avant même que l'ennemi ne les touche. Un roi qui s'installe pour contempler sa victoire doit accepter de contempler aussi sa défaite, sans bouger de son siège.

Un roi qui s'installe pour contempler sa victoire doit accepter de contempler aussi sa défaite.

Que retenez-vous, aujourd'hui, de cette campagne qui devait soumettre la Grèce et qui s'est achevée par une retraite ?

Je retiens que la mer et l'étroitesse d'un détroit ont fait plus contre moi que n'importe quelle armée grecque en terrain ouvert. J'ai laissé Mardonios poursuivre la guerre sur terre et j'ai repris, par l'Hellespont, le chemin de Suse et de mes palais, craignant que les Grecs ne remontent détruire mes ponts et m'enfermer en Europe. Je ne renie rien de ce que j'ai entrepris : la traversée, la Porte des Nations, l'inscription que j'ai fait graver à la gloire d'Ahura Mazda demeureront quand les récits des Grecs sur ma déroute auront eux-mêmes vieilli. Un empire ne se juge pas à une seule bataille perdue dans un détroit, mais à ce qu'il laisse debout, siècle après siècle, sur son sol.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Xerxès Ier. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.