Back to Alain Bombard
De la ration au festin de port (table de la Côte d'Opale)
Chez Bombard, la table se lit en deux temps. Au large, c'est la ration du naufragé : rien que ce que la mer veut bien donner, mesuré à la goutte et au gramme, sans feu ni assiette. À terre, à Boulogne-sur-Mer, c'est l'autre versant — celui du grand port de pêche : la marmite de poisson partagée à plusieurs, le hareng salé et fumé qui tient l'hiver dans la réserve, et le réconfort du médecin qui réhydrate les corps épuisés. Pas d'entrée-plat-dessert ici, mais le rythme du marin : ce qu'on emporte, ce qu'on partage, ce qu'on garde, et ce qui répare.
Signature : Le poisson pressé (jus de poisson)
C'est le geste fondateur de Bombard : presser la chair crue du poisson pour en extraire un liquide buvable, riche en eau et en sels. À la presse de fortune au large, au torchon ou à l'extracteur aujourd'hui, ce jus translucide — salin, iodé, vivant — est le fil conducteur qui relie le canot de l'Hérétique aux étals du port boulonnais.

Alain Bombard at the table

1924 — 2005

4 period recipes