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Le service à la haute table (li mes)
À la cour arthurienne, on ne mange pas en « entrée-plat-dessert ». Le repas seigneurial se déroule en plusieurs services (li mes) apportés tour à tour : potages et brouets d'abord, puis les rôts de venaison et de gibier, enfin les entremets sucrés et les vins épicés. Les seigneurs siègent sur l'estrade (le dais), le pain rassis sert de tranchoir (assiette comestible), et l'on partage les plats à deux dans une même écuelle. Les jours maigres (vendredis, carême, pénitences), la viande disparaît au profit du poisson et du lait d'amande — règle qui pèse lourd dans la quête du Graal.
Signature : Le verjus et la poudre fine
La table noble du XIIᵉ siècle se reconnaît à deux marques : le verjus (jus acide de raisin vert ou d'oseille) qui remplace notre citron, et la « poudre fine », mélange précieux de gingembre, cannelle, clou de girofle et graine de paradis. Le safran, plus cher que l'or, dore les mets des plus grands. Ces saveurs aigres-douces-épicées distinguent le chevalier du vilain qui se contente de sel et d'oignon.

Perceval at the table

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