Imaginary interview with Abhishek Bachchan
by Charactorium · Abhishek Bachchan (1976 — ?) · Performing Arts · 6 min read

Juhu, Mumbai, fin de journée. La lumière décline sur les jardins de la résidence familiale des Bachchan quand Abhishek nous reçoit, encore un peu marqué par une longue séance de tournage. Il parle bas, avec cette ironie douce de ceux qui ont grandi trop près des projecteurs pour en être dupes.
—Que représentait, pour l'enfant que vous étiez, de porter le nom de Bachchan ?
Grandir Bachchan, c'est naître avec un projecteur déjà braqué sur soi. Mon père Amitabh est une légende du cinéma hindi, ma mère Jaya Bhaduri une actrice respectée — imaginez une ombre si vaste qu'elle vous protège et vous écrase à la fois. Enfant, je croyais que tous les pères rentraient chez eux poursuivis par des foules. On m'a appelé star kid, cette expression pour les enfants de célébrités qu'on attend au tournant, persuadés qu'on a tout reçu sans rien mériter. La vérité, c'est qu'un tel héritage vous offre la porte mais jamais le rôle : la porte, on vous l'ouvre ; le rôle, il faut le prendre, seul, et sous mille regards qui espèrent secrètement votre chute.
Un tel héritage vous offre la porte mais jamais le rôle.
—Comment se souvient-on de ses tout premiers pas devant la caméra ?
En 2000, je débute dans Refugee, sous la direction de J. P. Dutta, aux côtés de Kareena Kapoor qui commençait elle aussi. On rêve d'une déflagration, d'un triomphe qui vous consacre d'un coup. Le film n'a connu qu'un succès modeste, et j'ai compris ce soir-là que Bollywood ne récompense pas les noms, il récompense la patience. Sont venues des années maigres, des rôles qui ne prenaient pas, ce doute qui s'installe quand on relit son scénario le soir en se demandant si l'on s'est trompé de vie. J'ai appris à Boston, à l'université, une chose que la ville m'a rappelée : personne ne vous doit rien. Il a fallu attendre, encaisser, recommencer.
Bollywood ne récompense pas les noms, il récompense la patience.
—Vous souvenez-vous du moment où vous avez partagé l'écran avec votre père ?
Sarkar, 2005, sous la caméra de Ram Gopal Varma. Jouer face à Amitabh, ce n'est pas jouer face à son père : c'est jouer face au cinéma indien tout entier condensé dans un regard. J'avais peur, je l'avoue, de disparaître dans son aura. Et puis quelque chose s'est produit sur le plateau : au lieu de me diminuer, sa présence m'a tiré vers le haut, comme un partenaire de scène qui vous oblige à être meilleur. Ce rôle m'a valu un Filmfare du meilleur second rôle, le deuxième d'affilée après Yuva. Recevoir cette statuette noire pour un film où mon père me donnait la réplique — c'était refermer un cercle sans cesser d'être moi-même.
Jouer face à mon père, c'est jouer face au cinéma indien condensé dans un regard.
—Trois Bachchan réunis à l'écran dans Sarkar Raj : comment vit-on une telle expérience ?
En 2008, Sarkar Raj a fait ce qu'aucun de nous n'avait osé imaginer : réunir Amitabh, moi, et Aishwarya dans un même récit. Sur le plateau, les frontières se brouillaient — je ne savais plus toujours si je donnais la réplique à mon père ou au patriarche du film, à mon épouse ou au personnage. Il y avait une intimité étrange, presque intimidante, à porter nos vraies tensions familiales dans une fiction de pouvoir et de dynastie. Le public, lui, venait autant pour l'histoire que pour ce spectacle rare d'une famille qui met en scène sa propre légende. Nous avons compris, ce tournage-là, que le nom Bachchan était devenu à lui seul un genre de cinéma.
Le nom Bachchan était devenu à lui seul un genre de cinéma.
—Votre mariage a été suivi par le monde entier. Comment avez-vous traversé un tel déferlement ?
Le 20 avril 2007, j'épouse Aishwarya Rai, ancienne Miss Monde, selon les traditions hindoues, ici à Mumbai. Nous voulions une cérémonie de famille ; le monde en a fait un événement planétaire, suivi par des millions de fans, relayé par la presse internationale comme l'un des mariages les plus médiatisés de l'histoire de Bollywood. Il y a quelque chose de vertigineux à voir son bonheur privé devenir spectacle public : chaque geste photographié, chaque tenue commentée. J'ai appris à protéger l'essentiel derrière les murs de la maison — car une union célébrée par la Terre entière ne vaut rien si elle ne tient pas dans le silence d'un salon. Le prestige passe ; le foyer reste.
Une union célébrée par la Terre entière ne vaut rien si elle ne tient pas dans le silence d'un salon.

—Que diriez-vous du rapport entre votre vie de famille et la culture qui vous entoure ?
Chez les Bachchan, la famille n'est pas un décor, c'est le centre de gravité. Après les avant-premières, les interviews, les projecteurs qui chauffent la peau toute la journée, il y a ce retour dans la demeure de Juhu, entourée de jardins, où l'on redevient simplement fils, mari, père. La naissance de ma fille Aaradhya en 2011 a déplacé quelque chose en moi : soudain, le succès d'un film comptait moins que la manière dont on rentre le soir. Dans notre culture, on ne quitte jamais vraiment les siens ; on vit sous le même toit, plusieurs générations mêlées. C'est peut-être là mon vrai rôle, celui qu'aucun Filmfare ne récompense.
Le succès d'un film comptait moins que la manière dont on rentre le soir.
—Comment un acteur de cinéma en vient-il à devenir propriétaire d'une équipe sportive ?
En 2014, je suis devenu propriétaire des Jaipur Pink Panthers, lors du lancement de la Pro Kabaddi League. Le kabaddi, ce sport de contact traditionnel d'Asie du Sud, se pratiquait depuis toujours dans les cours de village, méprisé par les grandes villes. L'idée m'a saisi : et si l'on offrait à ce jeu populaire les mêmes lumières que nos films ? Passer du plateau à la tribune de Jaipur, échanger le scénario pour un maillot d'équipe, cela m'a rappelé que raconter une histoire n'est pas réservé à l'écran. Un match, avec ses héros et ses renversements, c'est du cinéma qui s'écrit en direct. Rendre sa fierté à un sport oublié, c'était une manière de rembourser mon pays.
Un match, avec ses héros et ses renversements, c'est du cinéma qui s'écrit en direct.
—Pourquoi tenir à populariser des disciplines longtemps restées dans l'ombre ?
Parce que la célébrité n'a de sens que si on la prête à plus grand que soi. En 2016, j'ai contribué à fonder une équipe de football dans l'Indian Super League ; comme pour le kabaddi, il s'agissait de braquer sur ces terrains la même ferveur que celle réservée au box-office. Un enfant du Rajasthan qui voit son équipe locale acclamée à la télévision se met à rêver autrement. J'ai passé ma vie à comprendre le pouvoir de l'image ; l'utiliser pour qu'un joueur de kabaddi devienne une idole, c'est le même métier, au fond — donner à des gens des figures auxquelles s'identifier. Le maillot et le costume de scène servent la même chose : faire lever une foule.
La célébrité n'a de sens que si on la prête à plus grand que soi.

—À quoi ressemble, concrètement, une journée de tournage ?
Elle commence tôt, avant même le soleil, par l'entraînement physique et un petit-déjeuner léger — on ne tient pas devant la caméra sans discipline. Puis vient le trajet vers les studios de Film City, à Goregaon, où m'attendent maquilleurs et costumiers. L'après-midi, c'est le cœur du métier : répéter les dialogues, enchaîner les scènes d'action ou les chorégraphies des numéros dansés, ces item numbers qu'il faut recommencer sous la chaleur écrasante des projecteurs. On oublie souvent que derrière trois minutes de danse joyeuse se cachent des heures de reprises et de retouches. Un masala film mêle action, romance, comédie et chansons ; le tourner, c'est habiter dix genres dans une même journée, épuisé et heureux à la fois.
Derrière trois minutes de danse joyeuse se cachent des heures de reprises.
—Qu'est-ce que le public ignore le plus souvent de votre métier ?
Que ma voix, dans les chansons, n'est presque jamais la mienne. Le playback singing confie l'enregistrement à des chanteurs professionnels, et nous, acteurs, mimons leurs mots avec nos lèvres et nos corps. Il faut habiter une émotion sur une voix qui n'est pas la vôtre — un curieux dédoublement. On ignore aussi tout du sherwani, ce long manteau brodé qu'on enfile pour les scènes de mariage : sous les broderies et la chaleur des spots, on transpire en souriant pendant des heures. Le glamour du cinéma hindi est un artisanat de patience. Chaque plan que vous croyez spontané a été répété, éclairé, refait vingt fois. La magie, croyez-moi, est le fruit d'un travail acharné.
Le glamour du cinéma hindi est un artisanat de patience.
—Après ces années, quel regard portez-vous sur le chemin parcouru ?
En 2022, Dasvi, cette comédie dramatique sur l'éducation, m'a valu un retour critique que je n'espérais plus tout à fait. À ce moment-là, j'ai mesuré le trajet depuis Refugee et ses débuts modestes : plus de vingt ans à prouver, film après film, qu'un Bachchan pouvait exister par lui-même. Je ne suis plus le star kid que l'on attendait au tournant, ni seulement le fils d'Amitabh ou le mari d'Aishwarya. Je suis un homme qui a appris que la patience est un talent, peut-être le seul qui compte vraiment dans ce métier. Le trophée Filmfare fait plaisir un soir ; savoir qu'on a duré sans trahir les siens, voilà la vraie récompense.
La patience est un talent, peut-être le seul qui compte vraiment.
This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Abhishek Bachchan's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.


