Imaginary interview

Kids interview Dihya

by Charactorium · Dihya (668 — 703) · Politics · Military · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Dihya
Wikimedia Commons, Public domain — Émile Vernet-Lecomte

Ce matin-là, deux jeunes visiteurs quittent leur car sous le soleil des monts de l'Aurès. Une femme en robe de laine indigo, agrafée de grandes fibules d'argent, les attend près d'un vieux puits. On l'appelle la Kahina. Elle sourit : elle a beaucoup de choses à leur raconter.

Pourquoi on vous appelait la Kahina ? C'est votre vrai nom ?

Non, mon enfant, mon nom est Dihya. Kahina, c'est un mot arabe que mes ennemis m'ont donné. Ça veut dire « la devineresse », celle qui lit l'avenir. Tu vois, on disait que je pouvais deviner les batailles avant qu'elles arrivent. Imagine une reine que même les soldats ennemis ont peur d'attaquer, parce qu'ils croient qu'elle voit dans leur tête ! C'était à la fin des années 690, dans ces montagnes de l'Aurès. Un surnom, ça peut devenir plus grand que toi. Aujourd'hui encore, on ne dit presque plus Dihya. On dit la Kahina. Le nom qu'on te donne finit parfois par raconter ta légende.

Le nom qu'on te donne finit parfois par raconter ta légende.

Ça se passait comment, vos matins ? Vous faisiez quoi en vous levant ?

Au lever du soleil, je ne buvais pas mon lait tout de suite ! Je regardais le ciel. J'observais le vol des oiseaux, j'écoutais les rêves qu'on venait me raconter. C'était ma façon de sentir ce qui allait venir. Imagine : pas un bruit de moteur, juste le vent dans les gorges et le pas des chevaux. Sur moi, je portais une petite amulette de cuir, un tirz, pour éloigner le malheur. Puis les messagers arrivaient. Je tranchais les disputes entre familles, je recevais les chefs alliés. Une reine, tu sais, ça commence sa journée en écoutant. Écouter les hommes, écouter le ciel. Les deux comptaient autant.

Une reine commence sa journée en écoutant.

Vous étiez reine de tout le monde ? Même des gens qui priaient pas comme vous ?

Oui, et c'est là ma plus grande fierté ! Ma tribu à moi, c'était les Djerawa, de l'Aurès. Mais autour de moi, il y avait des Berbères chrétiens, des Berbères juifs, d'autres qui priaient de vieux dieux des montagnes. Chacun sa foi. Imagine réunir des voisins qui ne sont d'accord sur presque rien, et leur faire lever la lance ensemble. C'était ça, mon travail. Nous, on s'appelle les Imazighen, les « hommes libres ». Un vieil écrit arabe raconte que j'aurais régné trente-cinq ans sur le Maghreb. Peut-être un peu exagéré ! Mais unir des gens si différents, même un seul jour, c'est déjà une victoire.

Unir des gens si différents, même un seul jour, c'est déjà une victoire.

C'était où, chez vous ? Vous habitiez dans un château ?

Un château ? Oh non, mon enfant. Chez moi, c'étaient ces montagnes, les monts de l'Aurès. Tantôt une grande tente de peau et de laine, dressée au cœur du campement. Tantôt une maison creusée dans la falaise, en pierre sèche. Imagine une demeure si bien cachée dans le rocher qu'un ennemi passe devant sans la voir ! Ces gorges escarpées, c'était mon meilleur allié. On y tendait des embuscades, on s'y réfugiait. La ville arabe de Kairouan, plus à l'est, avançait vers nous. Mais dans mes montagnes, chaque sentier, chaque grotte, je les connaissais. Un roi fort, ce n'est pas celui qui a les plus hauts murs. C'est celui qui connaît sa terre par cœur.

Un roi fort connaît sa terre par cœur.

C'est vrai que vous avez battu toute une armée arabe ? Vraiment battue ?

Vraiment ! Vers 698, un grand général est venu, Hassan ibn al-Nu'man. Il croyait avaler le Maghreb d'une bouchée. Il s'est trompé. On l'a affronté dans la plaine, au débouché de nos montagnes, et on l'a mis en déroute. Un vieux texte arabe le dit sans détour : « Hassan fut vaincu et retraita. » Imagine le plus puissant guerrier de la région forcé de fuir jusqu'en Tripolitaine, très loin à l'est, et d'attendre des renforts pendant des années ! C'est rare, tu sais, qu'on arrête une conquête aussi grande aussi longtemps. Ce jour-là, mes montagnes ont tenu. Et un empire entier a dû s'arrêter net devant elles.

Un empire entier a dû s'arrêter net devant mes montagnes.
Dihya
DihyaWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Lhossine

Vous aviez beaucoup de soldats ? Y avait des filles qui se battaient aussi ?

Beaucoup, oui ! Les récits arabes racontent que je commandais des dizaines de milliers de guerriers. Et écoute bien : des hommes et des femmes, côte à côte. Chez nous, une femme pouvait monter à cheval et tenir une lance. Moi la première ! On lançait le azagaye, un javelot léger, et nos archers tiraient depuis les hauteurs des gorges. Imagine une pluie de flèches qui tombe des rochers sur une armée coincée en bas dans un ravin. Nos ennemis nous craignaient. Pas seulement pour ma réputation de devineresse. Aussi parce que chez nous, personne ne restait à l'écart du combat. Une tribu qui se bat tout entière est très difficile à vaincre.

Une tribu qui se bat tout entière est très difficile à vaincre.

On dit que vous avez brûlé vos propres villages. Pourquoi faire ça ?

Ah, tu touches là ma décision la plus dure. Vers 700, Hassan revenait, plus fort qu'avant. Alors j'ai ordonné la « terre brûlée ». Tu sais ce que c'est ? On détruit tout avant l'ennemi : on incendie les récoltes, on rase les jardins, on comble les puits. Mon idée : s'ils ne trouvent rien à manger, ils repartiront. Imagine des champs de blé en flammes à perte de vue, allumés par les tiens. Ça me brisait le cœur. Mais je pensais qu'un envahisseur affamé n'a plus envie de rester. C'était un pari terrible : abîmer sa propre terre, pour ne pas la donner à l'ennemi.

Abîmer sa propre terre, pour ne pas la donner à l'ennemi.
Aurès Algeria, Queen Dihya fortress 7th C
Aurès Algeria, Queen Dihya fortress 7th CWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Kallilus

Et les gens, ils étaient d'accord ? Ça a marché votre idée ?

Non, mon enfant, et c'est là ma grande tristesse. Les tribus des montagnes, nomades, pouvaient tout quitter et repartir plus loin. Mais les familles des plaines vivaient de leurs vergers, de leurs oliviers. Leur brûler tout ça, c'était leur enlever leur vie entière. Beaucoup m'en ont voulu. Certains ont préféré se rendre aux Arabes plutôt que de tout perdre par ma faute. Imagine devoir choisir entre sauver ton peuple et le blesser pour le sauver. Un chef ne prend pas toujours des décisions que les gens aiment. Parfois, ce qui te semble juste est justement ce qui te fait perdre les tiens. J'ai appris ça trop tard.

Ce qui te semble juste est parfois ce qui te fait perdre les tiens.

Vous saviez que vous alliez mourir ? Ça fait quoi de le savoir ?

Oui. Vers 703, j'ai senti que ma dernière bataille approchait, près de Tobna, au pied de l'Aurès. La tradition dit que je l'avais prédit. Tu imagines regarder tes fils et savoir que demain tu ne seras plus là ? Alors j'ai fait une chose étrange pour une reine qui a tant combattu : j'ai dit à mes fils de rejoindre les rangs arabes. Pour vivre. Pour que notre peuple continue, même sous d'autres maîtres. Perdre, ce n'est pas toujours disparaître. Aujourd'hui encore, un puits près de Tobna porte mon nom : « le puits de la Kahina ». Je suis morte les armes à la main. Mais mon peuple, lui, a survécu.

Perdre, ce n'est pas toujours disparaître.

Ça vous fait quoi qu'on parle encore de vous, si longtemps après ?

Ça me touche énormément, vois-tu. Je n'ai laissé ni livre, ni statue de mon vivant. Rien d'écrit de ma main. Et pourtant je suis là, devant toi. Comment ? Grâce aux chants. Dans l'Aurès, les poètes et les conteurs ont transmis mon histoire de bouche à oreille, autour des feux du soir, pendant plus de treize siècles. Imagine une chanson qui voyage de grand-parent à petit-enfant, sans jamais s'arrêter, durant mille trois cents ans ! C'est ça, ma vraie armée. Pas les lances. Les voix. Tant que quelqu'un raconte ton histoire, tu n'es jamais tout à fait vaincu. Et toi, aujourd'hui, tu la porteras un peu à ton tour.

Tant que quelqu'un raconte ton histoire, tu n'es jamais tout à fait vaincu.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Dihya's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.