Amenhotep III
Amenhotep III
1399 av. J.-C. — 1350 av. J.-C.
Égypte antique
Pharaon de la XVIIIe dynastie égyptienne (v. 1391–1353 av. J.-C.), il règne sur l'Égypte à son apogée diplomatique et artistique. Son règne est marqué par une paix relative, une intense activité de construction et un raffinement culturel exceptionnel.
Faits marquants
- Règne d'environ 1391 à 1353 av. J.-C. sous la XVIIIe dynastie
- Construction du temple de Louxor et agrandissement de Karnak
- Érection des colosses de Memnon à Thèbes, hauts de 18 mètres
- Père d'Amenhotep IV (futur Akhénaton), qui bouleversera la religion égyptienne
- Échanges diplomatiques intensifs avec Mitanni, Babylone et le royaume hittite via les lettres d'Amarna
Œuvres & réalisations
Chef-d'œuvre de l'architecture du Nouvel Empire dédié à la triade thébaine (Amon, Mout, Khonsou), commencé par Amenhotep III et complété par Ramsès II. Ses colonnades à chapiteaux en papyrus ouvert et ses proportions harmonieuses en font l'un des plus beaux ensembles religieux de l'Antiquité.
Le plus grand temple funéraire jamais bâti en Égypte, gardé par deux colosses de quartzite de 18 mètres. Bien que largement détruit, il comptait à l'origine des centaines de statues royales, de sphinx et de stèles, dont certaines conservées au musée du Caire.
Temple érigé en Nubie dédié à Amon-Rê et à la divinité vivante du pharaon lui-même. Ses reliefs finement ciselés, dont certains représentent Amenhotep III officiant devant sa propre statue divine, témoignent du raffinement artistique exceptionnel de son règne.
Complexe palatial de plusieurs hectares comprenant résidences royales, temples, entrepôts, ateliers et un lac artificiel. Les fouilles ont révélé des peintures murales d'une remarquable finesse représentant oiseaux, poissons et plantes du Nil.
Amenhotep III fit ériger le troisième pylône du grand temple d'Amon à Karnak, en intégrant dans ses fondations des blocs de monuments antérieurs. Cette construction massive témoigne de sa volonté d'inscrire son nom dans le sanctuaire le plus puissant d'Égypte.
Ensemble unique de plus de 200 scarabées en faïence distribués à travers l'empire pour annoncer les événements officiels du règne — mariage royal, chasses, constructions. Ces objets constituent une source historique primaire exceptionnelle et sans équivalent dans l'histoire pharaonique.
Anecdotes
Amenhotep III fit fabriquer des centaines de scarabées en faïence bleue pour célébrer les grandes occasions de son règne : son mariage avec Tiye, ses chasses aux lions, la construction du lac royal. Ces petits objets gravés circulaient jusqu'en Syrie et en Nubie, servant à la fois de porte-bonheur et de bulletin officiel du pouvoir pharaonique.
Les scarabées dits « de chasse aux lions » rappellent qu'Amenhotep III abattit pas moins de 102 lions lors des dix premières années de son règne. Cette prouesse, peut-être partiellement symbolique, affirmait sa puissance divine : le pharaon, comme le dieu Rê, terrassait le chaos incarné par les fauves.
Pour honorer sa Grande Épouse royale Tiye — d'origine non royale, fille d'un noble de province — Amenhotep III fit creuser en seulement quinze jours un lac artificiel de près de 2 kilomètres de long près de son palais de Malkata. La première navigation solennelle sur ce lac fut célébrée par une série de scarabées commémoratifs portant l'inscription « Aton-brille ».
Amenhotep III alla plus loin qu'aucun pharaon avant lui : il se fit vénérer comme un dieu vivant de son vivant même, identifié à Amon-Rê. À Soleb, en Nubie, il consacra un temple à sa propre divinité — pratique exceptionnelle qui préfigure les cultes divins des pharaons ptolémaïques.
Les deux colosses de Memnon, statues d'environ 18 mètres taillées dans le quartzite rouge, gardaient l'entrée de son temple funéraire sur la rive ouest de Thèbes. Après un séisme au Ier siècle av. J.-C., l'une d'elles se mit à émettre chaque matin au lever du soleil un son étrange que les voyageurs grecs identifièrent à la voix du héros troyen Memnon saluant sa mère l'Aurore.
Sources primaires
« Dans l'an 1, sous la majesté du roi Nebmaâtrê, fils de Rê Amenhotep souverain de Thèbes, doué de vie, et de la Grande Épouse royale Tiye, puisse-t-elle vivre. Le nom de son père est Youya, le nom de sa mère est Touya. Elle est l'épouse d'un roi puissant dont la frontière méridionale est à Karouy et la frontière septentrionale à Naharina. »
« Liste des lions que Sa Majesté a tués de sa propre main depuis l'an 1 jusqu'à l'an 10 : 102 lions féroces. »
« Sa Majesté ordonna de creuser un lac pour la Grande Épouse royale Tiye en la ville de son père Djaroukha. Sa longueur est de 3 700 coudées, sa largeur de 700 coudées. Sa Majesté célébra la fête de l'ouverture du lac le troisième mois de la première saison, au jour premier, quand Sa Majesté navigua dessus dans la barque Aton-brille. »
« Pourquoi mon frère ne m'a-t-il pas envoyé une fille en mariage ? Si tu me donnes une fille, je t'enverrai en retour de l'or en grande quantité. » Amenhotep III répond en justifiant la politique matrimoniale égyptienne et les limites imposées aux unions royales.
Le temple est dédié à Amon-Rê et à Amenhotep III lui-même divinisé, désigné comme « Nebmaâtrê, seigneur de Nubie ». Les reliefs montrent le pharaon officiant devant sa propre effigie divine, attestant le culte royal de son vivant.
Lieux clés
Capitale religieuse et résidence principale d'Amenhotep III, Thèbes abritait les grands temples d'Amon-Rê. C'est ici qu'il fit construire le temple de Louxor et agrandir considérablement le complexe de Karnak, en y érigeant le troisième pylône.
Vaste palais royal bâti sur la rive occidentale du Nil, comprenant appartements royaux, temples, ateliers et le célèbre lac artificiel creusé pour Tiye. C'est le plus grand complexe palatial connu du Nouvel Empire, dont les salles étaient ornées de peintures de nature aux couleurs vives.
Deux statues colossales d'environ 18 mètres en quartzite rouge marquaient l'entrée du temple funéraire d'Amenhotep III, le plus grand jamais construit en Égypte. Elles deviennent une attraction touristique dès l'Antiquité grecque après qu'un séisme eut rendu l'une d'elles « chantante ».
Temple construit en Nubie et dédié à Amon-Rê ainsi qu'à la divinité vivante du pharaon lui-même. Il témoigne de l'extension de l'influence égyptienne et représente l'un des exemples les plus précoces de culte royal rendu à un souverain de son vivant.
Ancienne capitale administrative de l'Égypte où Amenhotep III maintint une cour secondaire et fit réaliser plusieurs monuments. La ville restait un centre économique et politique majeur, plaque tournante du commerce international avec le Proche-Orient.
