Amon fut le quatorzième roi de Juda, fils de Manassé, qui régna vers 642-640 av. J.-C. Comme son père, il pratiqua le culte des idoles et abandonna la foi yahviste. Il fut assassiné par ses propres serviteurs après seulement deux ans de règne.
Amon(663 av. J.-C. — 639 av. J.-C.)
Amon
royaume de Juda
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Règne vers 642-640 av. J.-C. comme roi de Juda
- Fils de Manassé et père de Josias
- Poursuivit les pratiques idolâtres introduites par son père
- Assassiné par ses serviteurs après deux ans de règne (2 Rois 21:23)
- Son fils Josias lui succéda et mena une grande réforme religieuse
Œuvres & réalisations
L'acte théologiquement le plus marquant d'Amon fut de perpétuer sans repentir les pratiques religieuses étrangères instaurées par son père : culte de Baal, d'Astarté et des «astres du ciel». Cet héritage syncrétiste forma le repoussoir idéologique de la future réforme yahviste de Josias.
Malgré son court règne de deux ans, Amon maintint le fonctionnement de l'État judéen en tant que vassal d'Assurbanipal, assurant le paiement du tribut, la gestion des provinces et la continuité de l'administration palatiale héritée de Manassé.
Paradoxalement, le règne d'Amon et son assassinat provoquèrent l'accession de Josias, l'un des plus grands réformateurs religieux de l'histoire de Juda. Dans la narration biblique, Amon représente le dernier moment d'obscurité spirituelle avant une renaissance yahviste radicale.
Anecdotes
Amon monta sur le trône à l'âge de vingt-deux ans et régna à Jérusalem pendant deux ans seulement. Contrairement à son père Manassé qui, selon les textes bibliques, finit par se repentir et revenir au culte de Yahvé, Amon ne connut jamais ce retournement spirituel : il maintint jusqu'à sa mort le culte des idoles et sacrifia aux multiples dieux de la région.
En 640 av. J.-C., des serviteurs de la cour ourdirent une conspiration et assassinèrent le roi Amon dans son propre palais. Mais le «peuple du pays» — expression biblique désignant probablement une élite de propriétaires terriens — se souleva contre les conspirateurs, les mit à mort et plaça sur le trône le fils d'Amon, le jeune Josias, âgé de seulement huit ans.
Amon fut inhumé dans le «jardin d'Ouzza», un jardin privé attenant au palais royal de Jérusalem, là où son père Manassé avait également été enterré. Ce lieu funéraire royal, mentionné dans les Livres des Rois, reste aujourd'hui non identifié avec certitude par les archéologues.
Le nom «Amon» porte une ambiguïté fascinante : il rappelle celui d'Amon-Rê, le grand dieu solaire de la religion égyptienne. Dans un contexte où Juda subissait l'influence assyrienne tout en entretenant des liens avec l'Égypte, ce nom royal pouvait évoquer des connexions avec les cultes étrangers que les prophètes yahvistes condamnaient précisément.
Selon la tradition biblique, Amon multiplia les «hauts lieux» — des sanctuaires ruraux consacrés à des divinités autres que Yahvé — et rendit un culte à Baal et Astarté, divinités cananéennes associées à la fertilité. Son règne est présenté comme une rechute providentiellement nécessaire avant la grande réforme religieuse de son fils Josias.
Sources primaires
«Amon avait vingt-deux ans lorsqu'il devint roi, et il régna deux ans à Jérusalem. Il fit ce qui est mauvais aux yeux de l'Éternel, comme avait fait Manassé, son père. Il marcha dans toute la voie que son père avait suivie, servit les idoles que son père avait servies et se prosterna devant elles.»
«Amon avait vingt-deux ans lorsqu'il devint roi, et il régna deux ans à Jérusalem. Il fit ce qui est mauvais aux yeux de l'Éternel, comme avait fait Manassé, son père ; Amon offrit des sacrifices à toutes les idoles que Manassé, son père, avait faites, et il les servit.»
Les annales mentionnent les rois vassaux de la région syro-palestinienne contraints de fournir tribut et contingents militaires à l'Assyrie, illustrant la domination impériale sur Juda au VIIe siècle av. J.-C., contexte politique direct du règne d'Amon.
«J'étendrai ma main sur Juda et sur tous les habitants de Jérusalem, et je retrancherai de ce lieu les restes de Baal, le nom des idolâtres sacerdotaux [...] ceux qui se prosternent sur les toits devant l'armée des cieux.»
Lieux clés
Siège du pouvoir royal de Juda, le palais de Jérusalem fut le lieu du règne et de l'assassinat d'Amon. Les fouilles archéologiques de la Cité de David ont mis au jour des vestiges d'structures administratives de cette époque du VIIe siècle av. J.-C.
Centre du culte yahviste construit par Salomon, le Temple aurait abrité sous Manassé et Amon des autels consacrés à des divinités étrangères. Il sera purifié par Josias lors de la grande réforme de 622 av. J.-C.
Lieu de sépulture d'Amon et de son père Manassé, ce jardin privé attenant au palais royal est mentionné dans les Livres des Rois et des Chroniques. Son emplacement exact demeure inconnu des archéologues modernes.
Ancien sanctuaire du royaume d'Israël, Béthel était réputée pour ses cultes syncrétistes après la chute du Nord. Elle symbolise dans la littérature biblique le péché d'idolâtrie que perpétuent des rois comme Amon.
Capitale de l'empire assyrien sous Assurbanipal, Ninive était la puissance dominante qui pesait sur Juda à l'époque d'Amon. La vassalité assyrienne explique en partie le syncrétisme religieux toléré voire encouragé dans les royaumes tributaires.
Objets typiques

Selon la Bible, Amon entretenait dans son palais des statuettes représentant des divinités étrangères — Baal, Astarté, les astres du ciel. Ces objets cultuels syncrétistes, hérités de Manassé, symbolisaient l'abandon de la foi yahviste que condamnaient les prophètes.

L'usage de l'encens dans les rituels de Juda — yahviste ou idolâtrique — est archéologiquement bien attesté au VIIe siècle av. J.-C. Amon aurait «brûlé des parfums» aux idoles lors de cérémonies syncrétistes dans les hauts lieux et le palais.

Les rois de Juda authentifiaient leurs décrets avec des sceaux gravés. Des bullae datant du VIIe siècle av. J.-C. portant des noms hébreux ont été retrouvés à Jérusalem, témoignant de l'administration royale d'Amon et de ses contemporains.

Amon aurait maintenu des autels dédiés à Baal et Astarté dans les hauts lieux de Juda, espaces rituels ruraux rivaux du Temple de Jérusalem. Ces autels, souvent installés sur des éminences, comportaient des pierres levées et des poteaux sacrés (ashéra).

Symbole du pouvoir militaire et de l'influence assyrienne, le char de guerre était un attribut royal à Juda au VIIe siècle. Sa présence dans les textes bibliques est liée à la confiance dans les puissances étrangères plutôt qu'en Yahvé.

Vêtement distinctif des rois de Juda, influencé par les modes de la cour assyrienne. La pourpre, couleur royale d'une valeur extrême, et les broderies d'or symbolisaient la dignité royale héritée de la lignée davidique.
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Vie quotidienne
Matin
Amon commençait sa journée par des cérémonies rituelles dans les espaces sacrés du palais, où des prêtres officiants brûlaient des parfums devant les idoles héritées de Manassé. Les dignitaires de la cour se présentaient ensuite pour rendre hommage au roi et recevoir leurs instructions administratives.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux affaires de l'État : réception d'émissaires assyriens ou de délégations tribales, gestion du tribut dû à Ninive, arbitrage des litiges portés devant le tribunal royal. Des scribes royaux rédigeaient les décrets sur des tablettes d'argile ou des rouleaux.
Soir
Le soir, le roi participait à des banquets avec ses officiers et courtisans, animés par des musiciens jouant de la harpe et de la flûte. Des cérémonies aux hauts lieux avaient souvent lieu au coucher du soleil, marquant le rythme liturgique des cultes syncrétistes de la cour.
Alimentation
La table royale était abondante : pain d'épeautre et d'orge, agneau et bœuf rôtis, légumineuses, figues, grenades et raisins secs, vin de Judée et huile d'olive pressée à froid. Des offrandes alimentaires — galettes, libations de vin — étaient déposées devant les statuettes divines du palais.
Vêtements
Amon portait un manteau de lin fin teint en pourpre, brodé de fils d'or selon les modes de la cour assyrienne, avec une ceinture élaborée et des sandales de cuir. La tiare ou le bandeau d'or royal signalait sa dignité de fils de la lignée de David ; ses serviteurs portaient des tuniques de lin blanc.
Habitat
Le palais royal de Jérusalem comportait des cours intérieures, des salles d'audience aux colonnes de cèdre du Liban, des appartements privés richement décorés et un jardin privé («jardin d'Ouzza»). Les murs étaient ornés de frises sculptées et les sols de dalles de calcaire ; des lampes à huile d'albâtre éclairaient les pièces la nuit.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style visuel proche-oriental du VIIe siècle av. J.-C. : esthétique assyrienne et levantine, tons ocre, lapis-lazuli et or, figures hiératiques en relief, atmosphère solennelle et syncrétiste, lumière ambrée des feux rituels.
Ambiance sonore
Ambiance de Jérusalem au VIIe siècle av. J.-C. : chants liturgiques du Temple, percussions et fumées des rituels syncrétistes, vacarme des chars royaux et rumeurs des marchés de la Cité de David.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Maintien et consolidation des cultes syncrétistes de Manassé
642-640 av. J.-C.
Administration du royaume de Juda sous tutelle assyrienne
642-640 av. J.-C.
Règne catalyseur de la réforme de Josias
640 av. J.-C.
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Voir aussi
Personnages liés

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