Ahuizotl(1450 — 1502)

Ahuitzotl

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MythologieSpiritualitéCultureRenaissanceMésoamérique préhispanique, à l'apogée de la civilisation aztèque (XIVe–XVIe siècle), tradition recueillie au moment de la conquête espagnole

Créature légendaire de la mythologie aztèque, l'Ahuizotl est un monstre aquatique ressemblant à un petit chien, à la fourrure noire et lisse, doté d'une main préhensile au bout de la queue. Tapi dans les lacs et les étangs, il attire et noie ses victimes pour dévorer leurs yeux, leurs dents et leurs ongles.

Questions fréquentes

L'Ahuitzotl est une créature aquatique légendaire de la mythologie aztèque, souvent décrite comme un petit chien noir à la fourrure lisse, doté d'une main préhensile au bout de sa queue. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne les dangers des eaux du lac Texcoco et des canaux de Tenochtitlan : il attire ses victimes en imitant les pleurs d'un enfant ou en faisant remonter poissons à la surface, puis les noie avant de ne dévorer que leurs yeux, leurs dents et leurs ongles. Moins un simple monstre qu'un agent de Tlaloc, le dieu de la pluie, l'Ahuitzotl est aussi le nom et l'emblème du huitième empereur aztèque, Ahuitzotl, qui régna de 1486 à 1502.

Faits marquants

  • Décrit en détail dans le Codex de Florence de Bernardino de Sahagún (vers 1540-1585), source majeure sur les croyances aztèques
  • Son nom en nahuatl (āhuitzotl) signifie « chien d'eau » ou « épineux aquatique »
  • Représenté comme un petit animal à fourrure noire avec une main au bout de la queue, vivant dans les eaux du bassin de Mexico
  • Selon la croyance, ses victimes noyées étaient honorées par le dieu de la pluie Tlaloc et rejoignaient son paradis, le Tlalocan
  • Le 8e tlatoani de Tenochtitlan, Ahuitzotl (règne 1486-1502), porte le nom de cette créature légendaire

Œuvres & réalisations

Codex de Florence, Livre XI (Historia general de las cosas de Nueva España) (vers 1577)

Description la plus complète et la plus citée de l'ahuitzotl, recueillie par Sahagún auprès d'informateurs nahuas. Source de référence pour toute la mythologie de la créature.

Pierre de dédicace du Templo Mayor (1487)

Monument commémorant l'agrandissement du grand temple sous Tizoc et Ahuitzotl. Il porte le glyphe-nom de l'empereur, c'est-à-dire l'image de la créature.

Codex Mendoza (vers 1542)

Manuscrit pictographique post-conquête où le glyphe d'Ahuitzotl figure la petite bête aquatique à la queue-main, fixant son iconographie.

Vocabulario en lengua castellana y mexicana, Alonso de Molina (1571)

Premier grand dictionnaire nahuatl-espagnol, qui enregistre « auitzotl » et atteste la diffusion du mot et de la créature dans la langue.

Codex Telleriano-Remensis (vers 1563)

Manuscrit colonial illustré relatant la lignée des souverains, dont Ahuitzotl, et reproduisant son glyphe inspiré du monstre.

Anecdotes

Le nom de la créature fut donné au huitième empereur de Tenochtitlan, Ahuitzotl, qui régna de 1486 à 1502. Réputé aussi féroce que le monstre dont il portait le nom, il fit agrandir le Templo Mayor. Dans les codex, le signe qui note son nom représente justement la petite bête aquatique.

Selon le frère franciscain Bernardino de Sahagún, qui recueillit les témoignages nahuas au XVIe siècle, l'Ahuizotl noyait ses proies puis ne dévorait que leurs yeux, leurs dents et leurs ongles. Les corps remontaient intacts à la surface mais privés de ces trois parties : c'était la signature de l'attaque.

Pour appâter les pêcheurs, l'Ahuizotl faisait remonter poissons et grenouilles à la surface, comme une proie facile. On disait aussi qu'il imitait les pleurs d'un enfant depuis les roseaux ; le curieux qui s'approchait était saisi par la main au bout de sa queue et entraîné au fond.

Loin d'être maudites, les victimes de noyade étaient jugées choisies par Tlaloc, le dieu de la pluie. On ne les incinérait pas comme les autres morts : on les enterrait, le corps paré, car on croyait qu'elles gagnaient le Tlalocan, le paradis verdoyant et humide du dieu.

Parce que la mort par l'eau était sacrée, seuls les prêtres avaient le droit de relever le corps d'une victime de l'Ahuizotl. La famille recevait des honneurs au lieu de pleurer une simple noyade, signe que le défunt avait été appelé par les dieux des eaux.

Sources primaires

Codex de Florence (Histoire générale des choses de la Nouvelle-Espagne), Bernardino de Sahagún, Livre XI (vers 1577)
Il y a en cette terre un animal qui vit dans l'eau, jamais vu ailleurs, qu'on appelle ahuitzotl. Il est de la taille d'un petit chien, au poil court et lisse, aux petites oreilles pointues, au corps noir et très luisant, et il porte au bout de la queue une main comme celle d'une personne.
Codex de Florence, Livre XI (suite, sur sa façon de tuer) (vers 1577)
À ceux qu'il a noyés, il mange les yeux, les dents et les ongles ; le corps n'a aucune autre blessure et remonte à la surface.
Vocabulario en lengua castellana y mexicana, Alonso de Molina (1571)
Auitzotl : certain animal d'eau.
Codex Mendoza (glyphe-nom de l'empereur Ahuitzotl) (vers 1542)
Le glyphe anthroponymique du souverain figure la petite créature aquatique à la queue terminée par une main, lue « Ahuitzotl ».

Lieux clés

Lac Texcoco

Grand lac saumâtre de la vallée de Mexico qui entourait Tenochtitlan. Ses eaux et ses tourbillons étaient le domaine supposé de l'Ahuizotl.

Tenochtitlan

Capitale aztèque bâtie sur des îles du lac et sillonnée de canaux. La proximité constante de l'eau nourrissait la peur de la créature.

Templo Mayor

Grande pyramide double de Tenochtitlan, dont l'un des sanctuaires était dédié à Tlaloc. Elle fut solennellement agrandie sous l'empereur Ahuitzotl en 1487.

Tlalocan (lieu mythique)

Paradis verdoyant et humide du dieu Tlaloc, où l'on croyait que se rendaient les noyés et les victimes de l'eau. Lieu d'abondance, de fleurs et d'eaux éternelles, parfois associé au mont Tlaloc.

Canaux de Xochimilco

Zone de chinampas (jardins flottants) et de canaux au sud de la vallée de Mexico, encore visibles aujourd'hui. Ses eaux dormantes incarnent le type de milieu où la légende plaçait l'Ahuizotl.

Voir aussi