Biographie

Le Bunyip est une créature de la mythologie des peuples aborigènes d'Australie, censée hanter les marais, billabongs, criques et points d'eau. Décrit comme un esprit aquatique menaçant qui dévore ceux qui s'approchent de l'eau la nuit, il incarne les dangers réels des zones humides australiennes.

Bunyip

Bunyip

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MythologieSpiritualitéCultureMystiqueReligieux/seAvant J.-C.Le Bunyip appartient au Temps du Rêve (Dreamtime) des cultures aborigènes australiennes, traditions orales transmises depuis des dizaines de milliers d'années avant notre ère, bien avant la colonisation européenne du XVIIIe siècle.
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Questions fréquentes

Le Bunyip est une créature des traditions des peuples aborigènes d'Australie, rattachée au Temps du Rêve (Dreamtime). On le décrit comme un esprit aquatique malfaisant qui hante les marais, les billabongs et les trous d'eau, et qui dévore ceux qui s'approchent de l'eau la nuit. Il incarne avant tout les dangers réels des zones humides australiennes.

Faits marquants

  • Figure de la mythologie aborigène australienne, transmise oralement depuis des millénaires avant notre ère
  • Réputé habiter les marais, billabongs, criques et points d'eau stagnante du continent australien
  • Décrit de façon très variable selon les régions : pelage sombre, défenses, queue de cheval ou nageoires, cri terrifiant
  • Au XIXe siècle, les colons européens reprennent le terme, et des ossements fossiles (diprotodon) sont parfois attribués au Bunyip vers 1840-1850
  • Le mot « bunyip » est passé dans l'anglais australien pour désigner un imposteur ou une chose illusoire

Œuvres & réalisations

Récits du Temps du Rêve sur les esprits des eaux (tradition orale millénaire)

Corpus de récits aborigènes faisant du bunyip un gardien et un péril des points d'eau, transmis oralement.

The Life and Adventures of William Buckley (John Morgan) (1852)

Mémoires qui diffusent le témoignage de Buckley sur le bunyip du lac Modewarre auprès du public colonial.

Challicum bunyip (figure au sol) (≈ 1851 (relevé))

Géoglyphe aborigène représentant un bunyip, l'une des rares traces matérielles de la croyance.

The Aborigines of Victoria (Robert Brough Smyth) (1878)

Ouvrage ethnographique qui consigne les croyances relatives au bunyip dans le Victoria.

« Bunyip aristocracy » (Daniel Deniehy) (1853)

Expression politique passée dans la langue australienne, signe de l'ancrage culturel du bunyip.

The Bunyip of Berkeley's Creek (Jenny Wagner) (1973)

Album jeunesse devenu classique qui réinvente le bunyip en quête de sa propre identité.

Anecdotes

Le mot « bunyip » est entré dans la langue anglaise vers 1845 ; il vient des langues aborigènes du sud-est de l'Australie, probablement le wemba-wemba ou le wergaia, où il désignait un esprit ou un mauvais génie des eaux. C'est l'un des rares mots aborigènes adoptés très tôt par les colons britanniques.

En 1846, un étrange crâne trouvé sur les rives de la Murrumbidgee fut exposé à l'Australian Museum de Sydney comme « crâne de bunyip ». Des foules se pressèrent pour le voir, mais les naturalistes conclurent qu'il s'agissait du crâne déformé d'un veau ou d'un poulain.

William Buckley, un bagnard évadé qui vécut une trentaine d'années parmi les Wathaurong, affirma dans ses mémoires avoir vu plusieurs fois un bunyip dans le lac Modewarre, sans jamais en distinguer le corps entier. Les Aborigènes, disait-il, le craignaient profondément et refusaient d'en manger.

En 1853, l'orateur Daniel Deniehy se moqua du projet de créer une noblesse coloniale héréditaire en Nouvelle-Galles du Sud en parlant d'une « aristocratie bunyip » (bunyip aristocracy). L'expression est restée célèbre en Australie pour désigner une élite prétentieuse et ridicule.

Près de Fiery Creek, dans le Victoria, les Aborigènes avaient tracé sur le sol une grande silhouette de bunyip, appelée le « Challicum bunyip », qu'ils entretenaient et qui fut relevée par des colons vers 1851. Le dessin marquait l'endroit où, selon la tradition, un bunyip aurait été tué.

Sources primaires

Geelong Advertiser, article sur le « Bunyip » (juillet 1845)
Les ossements trouvés sont attribués par les indigènes à un animal qu'ils nomment Bunyip, une créature redoutée qui habite les eaux profondes et les marais.
John Morgan, The Life and Adventures of William Buckley (1852)
Dans le lac Modewarre vivait, disaient-ils, un être étrange et terrible qu'ils appelaient Bunyip ; je l'aperçus à plusieurs reprises mais n'en vis jamais une partie autre que le dos, couvert de plumes ou de poils.
Robert Brough Smyth, The Aborigines of Victoria (1878)
Le Bunyip est décrit par les indigènes comme un esprit malfaisant des eaux, hantant les rivières et les billabongs, et l'on attribue à sa présence la disparition de ceux qui s'aventurent près de l'eau.
Australian Museum, Sydney — exposition du « crâne de bunyip » (1847)
Un crâne présenté comme celui du Bunyip a attiré une foule considérable, jusqu'à ce que l'examen scientifique le rapporte à un jeune animal domestique difforme.

Lieux clés

Lac Modewarre (Victoria)

Plan d'eau où William Buckley et les Wathaurong situaient un bunyip ; l'un des lieux les plus cités de la légende.

Challicum, Fiery Creek (Victoria)

Site du « Challicum bunyip », figure tracée au sol marquant l'endroit où un bunyip aurait été tué.

Bassin Murray-Darling

Réseau de rivières, marais et billabongs du sud-est australien, cœur géographique des récits de bunyip.

Australian Museum, Sydney

Lieu de l'exposition du « crâne de bunyip » en 1847 qui transforma la créature en sensation coloniale.

Rivière Murrumbidgee

Cours d'eau où fut trouvé en 1846 le crâne énigmatique présenté comme appartenant à un bunyip.

Voir aussi