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Dastarkhwan impérial moghol
À la cour d'Akbar, on ne sert pas des plats l'un après l'autre comme en Europe : tout est dressé ensemble sur le dastarkhwan, une grande nappe de cuir et de brocart étalée à même le sol ou sur une estrade basse. Les convives, assis en tailleur, piochent dans une mosaïque de mets. L'Ain-i-Akbari, le grand registre administratif rédigé par le ministre Abu'l-Fazl, classe la cuisine impériale en trois familles : les plats sans viande (sufiyana, pour les jours d'abstinence), les plats de viande accompagnés de riz, et les plats de viande seuls. Riz parfumés, ragoûts épicés, pains, sorbets glacés et douceurs cohabitent dans un même tableau.
Signature : Le safran du Cachemire (zafran)
Filaments rouge-or récoltés dans la vallée du Cachemire que l'Empire moghol contrôlait, le safran teinte et parfume les grands plats de fête, le lait sucré et même certaines boissons. Trempé dans un peu de lait tiède ou d'eau de rose, il devient l'or comestible de la table impériale — luxe discret qu'Akbar, qui mangeait pourtant avec mesure, réservait aux mets dignes d'un empereur.

Akbar le Grand à table

5 recettes d’époque