Alexandre Scriabine (1872-1915) est un pianiste et compositeur russe. Figure du postromantisme tardif et du symbolisme, il évolua vers un langage harmonique audacieux et un mysticisme synesthésique, associant sons et couleurs.
Alexandre Scriabine(1872 — 1915)
Alexandre Scriabine
Empire russe
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1872 à Moscou, formé au Conservatoire de Moscou comme pianiste et compositeur
- Compose Le Poème de l'extase (1908), œuvre orchestrale emblématique de son mysticisme
- Crée Prométhée, le Poème du feu (1910) avec une partie de 'clavier à lumières' associant sons et couleurs
- Développe l'« accord mystique », sonorité harmonique caractéristique de son langage tardif
- Meurt prématurément en 1915 à Moscou, laissant inachevé son projet mystique total, le Mysterium
Œuvres & réalisations
Œuvre de jeunesse encore romantique, marquée par l'influence de Chopin, qui révèle son talent de pianiste-compositeur.
Recueils de pièces brèves jalonnant toute sa vie, miroir de l'évolution de son langage du romantisme vers l'audace harmonique.
Vaste fresque orchestrale en trois mouvements traduisant son cheminement spirituel vers l'extase et l'affirmation de soi.
Poème symphonique manifeste de sa maturité, où la musique cherche à exprimer l'élan créateur menant à la jouissance suprême.
Œuvre pour orchestre, piano, chœur et « clavier à lumières », fondée sur l'accord mystique : un sommet de sa pensée synesthésique.
Cycle de dix sonates qui constitue le cœur de son œuvre, des premières pages postromantiques aux dernières aux harmonies presque atonales.
Poème pour piano évoquant une montée progressive vers une lumière incandescente, parmi ses ultimes chefs-d'œuvre.
Anecdotes
Au Conservatoire de Moscou, le jeune Scriabine avait pour camarade de classe Sergueï Rachmaninov : les deux pianistes prodiges étaient à la fois amis et rivaux, et remportèrent ensemble les médailles de fin d'études en 1892.
Scriabine avait de petites mains qui peinaient à atteindre une octave. À force de travailler des œuvres très exigeantes de Liszt et Balakirev pour rivaliser avec ses condisciples, il se blessa gravement la main droite. Convaincu de ne jamais guérir, il composa alors des pièces pour la main gauche seule.
Le compositeur était persuadé de percevoir les sons en couleurs : pour lui, le do était rouge, le ré jaune, le fa rouge sombre. Cette association entre musique et lumière l'amena à imaginer un « clavier à lumières » projetant des couleurs dans la salle pendant l'exécution de son poème symphonique Prométhée.
Sous l'influence de la théosophie de Madame Blavatsky, Scriabine rêvait d'une œuvre totale appelée « Mysterium », mêlant musique, danse, parfums et lumières, qui devait être jouée pendant sept jours au pied de l'Himalaya et provoquer la fin du monde et la naissance d'une humanité nouvelle. Il mourut avant d'avoir pu la composer.
Sa mort fut aussi soudaine qu'absurde : un furoncle apparu sur sa lèvre s'infecta et provoqua une septicémie. Le compositeur, qui se croyait appelé à transformer l'univers, s'éteignit à 43 ans des suites de ce petit bouton, dans le même appartement moscovite où il était né.
Sources primaires
Je suis le but de tous les buts, la fin de toutes les fins. Je suis Dieu. Je suis le néant, je suis le jeu, je suis la liberté, je suis la vie.
L'Esprit, joueur, l'Esprit, désirant, l'Esprit créant tout par le jeu, s'abandonne à la béatitude de l'amour.
La musique est un chemin vers la révélation. Quelle puissance redoutable possède celui qui sait ce qu'il veut dire et qui le dit.
Pour Scriabine, composer n'était pas écrire de la musique mais accomplir un acte théurgique, transformer le monde par le son.
Lieux clés
Ville natale de Scriabine, où il fit ses études au Conservatoire et où il mourut. Son appartement moscovite est aujourd'hui un musée.
Prestigieuse institution où Scriabine étudia le piano et la composition, puis enseigna de 1898 à 1903.
Région où Scriabine s'installa à partir de 1904, au bord du lac Léman, pour composer loin de la Russie.
Ville de Belgique où le compositeur séjourna vers 1908-1910 et où il acheva en partie le Poème de l'extase.
Grande salle de concert moscovite où furent créées plusieurs de ses œuvres orchestrales, dont Prométhée en 1911.
Dernier domicile du compositeur, transformé en musée après sa mort, conservant son piano et ses objets personnels.
Objets typiques

Instrument central de Scriabine, à la fois pianiste virtuose et compositeur. La quasi-totalité de son œuvre, des préludes aux dix sonates, naît au clavier.

Instrument imaginé par Scriabine pour Prométhée, projetant des couleurs associées aux notes pendant l'exécution. Il matérialise son rêve de fusion entre sons et lumières.

Feuillets couverts d'une écriture musicale de plus en plus complexe, où Scriabine note ses accords « mystiques ». Elles témoignent de son évolution du romantisme vers la modernité.

Petits outils du musicien servant à accorder l'oreille et à régler le tempo. Scriabine, attentif au moindre détail sonore, les utilisait dans son travail quotidien.

Cahiers dans lesquels Scriabine consignait ses réflexions mystiques et théosophiques, où il se rêvait créateur d'un monde nouveau. Ils éclairent le sens spirituel qu'il donnait à sa musique.

Ouvrages de Madame Blavatsky et de la Société théosophique qui nourrirent la pensée mystique du compositeur. Ils inspirèrent son idée d'art capable de transformer l'humanité.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Scriabine commençait souvent sa journée tard, peu enclin aux levers matinaux. Après un café, il s'installait au piano pour travailler ses œuvres, soignant chaque accord avec une minutie extrême.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la composition et à la lecture d'ouvrages philosophiques et théosophiques. Il notait ses réflexions mystiques dans ses carnets, persuadé que sa musique devait transformer le monde.
Soir
Le soir, il recevait amis, musiciens et admirateurs, jouant ses propres pièces au piano dans une atmosphère d'exaltation. Les conversations roulaient volontiers sur l'art, la spiritualité et ses grands projets.
Alimentation
Homme raffiné et un peu maniaque de sa santé, Scriabine surveillait son alimentation et craignait les microbes. Il appréciait le thé, élément central de la sociabilité russe de l'époque.
Vêtements
Il soignait son apparence, portant les costumes élégants, faux cols et cravates de la bourgeoisie cultivée du début du XXe siècle. Sa moustache fine et son allure soignée faisaient partie de son image d'artiste.
Habitat
Scriabine vécut dans des appartements bourgeois confortables, à Moscou comme en Suisse et en Belgique. Son dernier logement moscovite, garni de meubles cossus et de son piano, est devenu un musée.






