Biographie

Alisher Navoï (1441-1501) est le plus grand poète de langue tchagatay et le père fondateur de la littérature ouzbèke. Haut fonctionnaire et vizir à Hérat sous le sultan Husayn Bayqara, il dédia sa vie aux lettres et au mécénat. Son œuvre colossale, dont le « Khamsa », a élevé le turc oriental au rang de langue littéraire majeure.

Alisher Navoï(1441 — 1501)

Alisher Navoï

empire timouride

6 min de lecture

LettresPoète(sse)Écrivain(e)PolitiqueRenaissanceL'Empire timouride (XVe siècle) connaît une Renaissance culturelle d'exception à Hérat : mécénat princier, miniature, poésie persane et turque y fleurissent simultanément, dans un dialogue constant entre civilisations iranienne et turco-mongole.

Questions fréquentes

Alisher Navoï (1441-1501) est le plus grand poète de langue turque tchagatay et le père fondateur de la littérature ouzbèke. Haut fonctionnaire et vizir à Hérat sous le sultan Husayn Bayqara, il consacra sa vie à la poésie et au mécénat des arts.

Citations célèbres

« Un homme sans savoir est comme un arbre sans fruit.»
« La langue est le miroir du cœur.»

Faits marquants

  • Né en 1441 à Hérat (actuel Afghanistan), au cœur de l'Empire timouride
  • Ami d'enfance du futur sultan Husayn Bayqara, dont il devient le vizir vers 1472
  • Compose le « Khamsa » (Quintet, 1483-1485), cinq épopées en tchagatay répondant aux classiques persans de Nizami
  • Rédige le « Muhakamat al-lughatain » (1499), traité comparant le turc et le persan, plaidant pour la dignité du turc littéraire
  • Mécène exceptionnel : finance mosquées, bibliothèques, hôpitaux et soutient de nombreux artistes à Hérat

Œuvres & réalisations

Khamsa (Les Cinq Poèmes) (1483-1485)

Cycle de cinq grands poèmes narratifs en turc tchagatay, réponse magistrale au modèle persan de Nizami, chef-d'œuvre de la littérature turque.

Khazain al-Maani (Le Trésor des pensées) (années 1490)

Vaste ensemble de quatre divans réunissant sa poésie lyrique, organisé selon les âges de la vie.

Muhakamat al-Lughatayn (Le Jugement entre les deux langues) (1499)

Traité comparant turc et persan pour affirmer la dignité littéraire de la langue turque : texte fondateur de la fierté linguistique ouzbèke.

Majalis al-Nafais (Les Assemblées des hommes distingués) (vers 1491)

Anthologie biographique des poètes de son temps, source historique majeure sur la vie littéraire de Hérat.

Lisan al-Tayr (Le Langage des oiseaux) (1499)

Poème mystique inspiré de la 'Conférence des oiseaux' d'Attar, allégorie soufie de la quête spirituelle.

Fondations architecturales de Hérat (années 1470-1490)

Financement de mosquées, madrasas, ponts et canaux : mécénat qui transforma la cité et son territoire.

Anecdotes

Alisher Navoï et le futur sultan Husayn Bayqara ont grandi ensemble sur les bancs de l'école à Hérat. Devenus adultes, l'un devint souverain, l'autre son plus proche conseiller : une amitié d'enfance qui façonna toute une Renaissance culturelle.

Dans un traité célèbre, le « Jugement entre les deux langues », Navoï voulut prouver que le turc tchagatay pouvait rivaliser avec le persan, langue reine de la poésie. Il aligna des dizaines de mots turcs sans équivalent persan pour montrer la richesse de sa langue maternelle.

Grand vizir immensément riche, Navoï dépensa sa fortune non pour lui-même mais pour la cité : on lui attribue le financement de près de 370 édifices, dont des mosquées, des collèges, des ponts et des canaux d'irrigation autour de Hérat.

Navoï ne se maria jamais et n'eut pas d'enfants. Il disait avoir consacré sa vie entière à la poésie et au service du royaume, considérant ses livres et ses fondations comme sa véritable descendance.

Ami du grand poète persan Jami, Navoï fréquentait aussi le peintre Behzad, maître de la miniature. Hérat réunissait alors dans un même cercle poètes, peintres, musiciens et savants, faisant de la ville un foyer artistique éblouissant.

Sources primaires

Muhakamat al-Lughatayn (Le Jugement entre les deux langues) (1499)
Navoï y démontre la supériorité expressive du turc tchagatay sur le persan pour la poésie, en multipliant les exemples de mots turcs intraduisibles.
Majalis al-Nafais (Les Assemblées des hommes distingués) (vers 1491-1492)
Recueil biographique où Navoï dresse le portrait de centaines de poètes contemporains qu'il a connus, précieuse source sur la vie littéraire de Hérat.
Khamsa (Les Cinq Poèmes) (1483-1485)
Réponse en langue turque au cycle des cinq masnavis de Nizami et d'Amir Khusraw, comprenant notamment 'Farhad et Shirin' et 'Leyli et Majnun'.
Babur-nama, mémoires de Babur (vers 1530)
Babur, petit-fils de la génération suivante, y écrit qu'Alisher Navoï fut un homme sans égal, protecteur des gens de talent comme nul autre n'en connut.

Lieux clés

Hérat (actuel Afghanistan)

Capitale culturelle des Timourides et ville natale de Navoï, foyer de la miniature et de la poésie où il vécut et fonda ses édifices.

Samarcande (actuel Ouzbékistan)

Grande cité timouride où Navoï poursuivit ses études dans sa jeunesse, capitale de Tamerlan et centre de savoir.

Astarabad (actuel Gorgan, Iran)

Province du nord de l'Iran dont Navoï fut brièvement gouverneur pour le compte du sultan Husayn Bayqara.

Machhad (actuel Iran)

Ville sainte du Khorassan proche de Hérat, important centre religieux et intellectuel de l'espace timouride.

Mausolée de Navoï à Hérat

Lieu où le poète fut inhumé après sa mort en 1501, longtemps vénéré comme celui d'un bienfaiteur de la cité.

Liens externes & ressources

Œuvres

Khazain al-Maani (Le Trésor des pensées)

années 1490

Muhakamat al-Lughatayn (Le Jugement entre les deux langues)

1499

Majalis al-Nafais (Les Assemblées des hommes distingués)

vers 1491

Lisan al-Tayr (Le Langage des oiseaux)

1499

Fondations architecturales de Hérat

années 1470-1490

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Voir aussi