Whina Cooper
Whina Cooper
1895 — 1994
Nouvelle-Zélande
Militante maorie néo-zélandaise, Whina Cooper a consacré sa vie à la défense des droits fonciers de son peuple. En 1975, à 80 ans, elle a conduit la grande Marche pour les terres maories de Te Hapua à Wellington. Considérée comme la « Mère de la nation » maorie, elle reste un symbole de résistance pacifique.
Faits marquants
- 1895 : naissance à Hokianga, dans la région du Northland (Nouvelle-Zélande)
- 1951 : fonde la Fédération des femmes maories (Māori Women's Welfare League)
- 1975 : à 80 ans, mène la Marche pour les terres maories (Land March) de Te Hapua à Wellington, parcourant plus de 1 000 km
- 1981 : nommée Dame Commandante de l'Ordre de l'Empire britannique (DBE)
- 1994 : décès à l'âge de 98 ans, laissant un héritage majeur pour les droits autochtones
Œuvres & réalisations
Première organisation nationale de femmes maories, fondée par Whina Cooper pour défendre les droits sociaux, éducatifs et sanitaires des communautés maories. Elle en fut la présidente fondatrice.
Marche de protestation de plus de 1 000 km de Te Hapua à Wellington, organisée pour dénoncer la spoliation foncière maorie. L'événement marqua un tournant décisif dans la lutte pour les droits autochtones en Nouvelle-Zélande.
Document signé par plus de 60 000 personnes, remis au Parlement au terme de la marche. Cette pétition contribua directement à la création du Tribunal de Waitangi la même année.
Institution judiciaire permanente chargée d'examiner les violations du Traité de Waitangi. La pression exercée par Whina Cooper et le mouvement qu'elle incarna fut déterminante dans sa mise en place.
Whina Cooper soutint activement le mouvement de revitalisation de la langue et de la culture maories, contribuant à la reconnaissance du māori comme langue officielle de Nouvelle-Zélande en 1987.
Anecdotes
En 1975, à l'âge de 80 ans, Whina Cooper prit la tête de la grande Marche pour les terres maories, parcourant plus de 1 000 kilomètres de Te Hapua jusqu'à Wellington. La photographie la montrant tenant la main de sa petite-fille au départ de la marche est devenue l'une des images les plus emblématiques de l'histoire néo-zélandaise.
En 1951, Whina Cooper fonda le Māori Women's Welfare League (Ngā Rōpū Wāhine Māori Toko i te Ora), première organisation nationale de femmes maories. Elle en devint la présidente fondatrice et utilisa ce réseau pour lutter contre les inégalités en matière de logement, de santé et d'éducation touchant les communautés maories.
Née à Hokianga en 1895, Whina Cooper fut l'une des premières femmes maories à fréquenter une école missionnaire, où elle apprit à lire et écrire en māori et en anglais. Son père, Te Tai, lui enseigna très tôt la fierté de son héritage et l'importance de défendre les droits de son peuple, semant ainsi les graines de son engagement futur.
La pétition remise au Parlement en novembre 1975 portait plus de 60 000 signatures réclamant la protection des terres maories. Cet acte de mobilisation citoyenne fut l'un des facteurs ayant conduit le gouvernement néo-zélandais à créer le Tribunal de Waitangi cette même année, institution chargée d'examiner les violations du traité de 1840.
En 1981, Whina Cooper fut anoblie Dame Commandeure de l'Ordre de l'Empire britannique (DBE) en reconnaissance de son engagement pour son peuple. Loin de considérer cet honneur comme une fin, elle continua d'être une voix active pour les droits autochtones jusqu'à sa mort en 1994, à l'âge de 98 ans.
Sources primaires
« Nous, soussignés, demandons instamment au gouvernement de ne plus aliéner les terres maories et de restituer celles qui ont été prises illégalement selon les termes du Traité de Waitangi. »
« E kore e taea e tātou te noho ki raro i a rātou. Ko tō tātou whenua ko tō tātou oranga. » (Nous ne pouvons pas rester sous leur joug. Notre terre, c'est notre vie.)
« J'ai 80 ans et je marche parce que si je ne le fais pas, qui le fera ? Mes enfants et les enfants de mes enfants ont besoin de savoir que quelqu'un s'est battu pour leur avenir. »
« Les terres ne nous appartiennent pas, nous appartenons aux terres. C'est ce que nos ancêtres nous ont enseigné et c'est ce que nous devons transmettre. »
Lieux clés
Village du nord de l'île du Nord, point de départ de la grande Marche pour les terres maories en 1975. Ce lieu symbolise les origines de la résistance maorie contemporaine.
Destination finale de la marche de 1975, où Whina Cooper remit la pétition au gouvernement. Ce moment solennel marqua un tournant dans la reconnaissance des droits maories.
Région natale de Whina Cooper, au nord-ouest de l'île du Nord. Ce territoire profondément maori façonna son identité et son attachement viscéral à la terre ancestrale.
Lieu symbolique de la signature du Traité de Waitangi en 1840, fondement juridique de toutes les revendications maories. Whina Cooper y participa à de nombreuses cérémonies commémoratives.
Principale métropole néo-zélandaise, où se concentrait une grande partie de la population maorie urbanisée dans les années 1950-1970. Terrain d'action du Māori Women's Welfare League.
Galerie
Māori Land March 1975 - Petition to Parliament (20583434754)
Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Archives New Zealand from New Zealand
Māori Land March 1975 - Petition Sheet (20583549224)
Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Archives New Zealand from New Zealand
