Sherpa népalais ayant participé à de nombreuses expéditions himalayennes au XXe siècle. Figure emblématique de la communauté sherpa, il contribua à plusieurs ascensions majeures dans l'Himalaya en tant que guide et porteur d'altitude.
Ang Tsering(1904 — 2002)
Ang Tshering
9 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Sherpa népalais actif au XXe siècle dans les expéditions himalayennes
- Membre de la communauté sherpa, peuple originaire des hautes vallées du Népal
- Participant aux expéditions d'altitude dans la région de l'Everest et de l'Himalaya
- Représentant du rôle essentiel des sherpas dans l'histoire de l'alpinisme
Œuvres & réalisations
La réalisation la plus marquante de la carrière d'Ang Tsering : il survécut à la terrible tempête qui tua Willy Merkl et huit autres membres de l'expédition. Son courage lors de la descente dramatique et son témoignage de l'événement en font une figure incontournable de l'histoire de l'alpinisme himalayen.
Ang Tsering accumula une expérience unique en participant à de nombreuses expéditions himalayennes au cours de plus de trois décennies de carrière active. Sa longévité professionnelle et sa fiabilité reconnue par les chefs d'expédition européens en faisaient un Sherpa de premier rang.
Dans la seconde partie de sa vie, Ang Tsering contribua à la formation des nouvelles générations de Sherpas, transmettant ses techniques d'altitude, sa connaissance des itinéraires et les leçons tirées des drames auxquels il avait survécu.
Devenu l'un des derniers témoins vivants des grandes expéditions des années 1920-1940, Ang Tsering fut sollicité par des historiens, journalistes et documentaristes pour recueillir ses souvenirs des expéditions pionnières. Ses récits constituent une source orale irremplaçable.
Anecdotes
En juillet 1934, Ang Tsering participa à l'expédition allemande sur le Nanga Parbat, dirigée par Willy Merkl. Une tempête dévastatrice s'abattit sur l'équipe lors de la descente, tuant trois alpinistes européens et six Sherpas. Ang Tsering survécut à cette catastrophe après plusieurs jours d'errance dans des conditions extrêmes, devenant l'un des rares témoins vivants de l'une des plus grandes tragédies de l'histoire de l'alpinisme.
Durant la tempête du Nanga Parbat, Ang Tsering fit preuve d'un courage exceptionnel en aidant à porter Willy Merkl, le chef d'expédition, affaibli par l'altitude et le froid intense. Malgré ses efforts, Merkl mourut sur la montagne. Le témoignage d'Ang Tsering sur ces événements dramatiques constitue l'une des sources directes les plus précieuses sur la catastrophe de 1934.
Ang Tsering vécut assez longtemps pour observer la transformation radicale de l'alpinisme himalayen. Né à l'époque où les premières expéditions exploraient à peine les approches de l'Everest, il mourut en 2002, alors que des centaines d'alpinistes atteignaient chaque année le sommet. Il représentait le lien vivant entre deux époques fondamentalement différentes de l'exploration de haute montagne.
Dans la communauté sherpa, les porteurs d'altitude comme Ang Tsering n'étaient pas simplement des employés des expéditions étrangères : ils étaient des professionnels hautement qualifiés qui choisissaient les expéditions auxquelles ils participaient et transmettaient leur savoir aux générations suivantes. Ang Tsering fut l'un des pionniers de cette professionnalisation du métier de Sherpa, fondée sur la réputation personnelle et l'expérience accumulée.
Sources primaires
Le récit de Fritz Bechtold, survivant de l'expédition, relate les témoignages des Sherpas survivants dont Ang Tsering, décrivant les efforts héroïques et désespérés pour descendre la montagne sous la tempête et porter les blessés.
Le Himalayan Club consignait les performances, la fiabilité et la progression des Sherpas recrutés pour les grandes expéditions himalayennes. Les engagements successifs d'Ang Tsering y étaient répertoriés, attestant de sa réputation professionnelle.
Dans son récit de l'ascension victorieuse de 1953, Buhl évoque la mémoire de la catastrophe de 1934 et les témoignages des Sherpas survivants, dont Ang Tsering, qui incarnaient la mémoire vivante de la montagne.
L'Alpine Journal publia les rapports et témoignages de la catastrophe de 1934, incluant les récits des Sherpas survivants sur le déroulement de la tempête et les tentatives de sauvetage au sein de l'équipe.
Lieux clés
Berceau de la communauté sherpa, la région du Khumbu, au pied de l'Everest, est la terre natale d'Ang Tsering. C'est là que se transmettaient de génération en génération les savoir-faire des guides de haute montagne et la connaissance intime du terrain himalayen.
Darjeeling était la base arrière des grandes expéditions himalayennes de l'entre-deux-guerres. Le Himalayan Club y recrutait et évaluait les Sherpas ; Ang Tsering y séjournait régulièrement entre les expéditions pour négocier ses engagements.
Surnommé 'la montagne tueuse', le Nanga Parbat fut le théâtre de la tragédie de 1934 dont Ang Tsering fut l'un des rares survivants sherpas. Cette épreuve marqua profondément sa vie et forgea sa réputation de rescapé courageux.
L'Everest, que les Sherpas nomment Sagarmatha ('déesse mère du monde'), était le grand objectif des expéditions himalayennes et le cœur du territoire traditionnel sherpa. Ang Tsering vécut toute sa vie dans l'ombre de ce sommet mythique.
Principal bourg du Khumbu, situé à 3 440 mètres d'altitude, Namche Bazaar était le point de départ logistique des expéditions vers l'Everest. C'est là que les Sherpas se retrouvaient, négociaient leurs engagements et organisaient les caravanes de portage.
Objets typiques

Avant l'ère des cordes synthétiques, les expéditions himalayennes utilisaient des cordes de chanvre lourdes et peu élastiques. Ang Tsering apprit à les manipuler, les nouer et les réparer dans des conditions de froid extrême lors de ses premières expéditions.

Outil fondamental de l'alpiniste des années 1930, le piolet permettait à la fois la progression sur neige et glace et l'arrêt d'une chute par la technique du piolet-canne ou du piolet-ancre. Les porteurs d'altitude comme Ang Tsering le maîtrisaient avec expertise.

Ces armatures métalliques fixées aux chaussures permettaient de progresser sur les pentes verglacées de l'Himalaya. Dans les années 1930, ils étaient encore artisanaux et leur fixation imparfaite représentait un danger réel en haute altitude.

La tente Meade, légère et résistante au vent, était le refuge standard des camps d'altitude dans les années 1930. Les Sherpas comme Ang Tsering étaient chargés de les installer, de les sécuriser avec des cordes et de les démonter lors des progressions entre les camps.

Indispensable en haute altitude, le réchaud permettait de faire fondre la neige pour obtenir de l'eau potable et préparer des repas chauds. Sa manipulation délicate dans le froid et à faible pression atmosphérique était une compétence clé des Sherpas.

Vêtement traditionnel sherpa, la chuba est une longue robe de laine épaisse à double épaisseur. Même en expédition, Ang Tsering combinait cet habit ancestral avec les équipements europé fournis par les expéditions, constituant une tenue hybride efficace pour le froid.

Cette longue écharpe de soie blanche est offerte lors des moments importants dans la tradition bouddhiste tibétaine et sherpa. Avant chaque départ en expédition, Ang Tsering recevait une khata de sa famille, symbole de protection et de bon augure pour l'ascension.
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Vie quotidienne
Matin
Ang Tsering débutait ses journées très tôt selon la tradition sherpa. En expédition, le lever avait lieu avant l'aube pour profiter des conditions de neige gelée, plus ferme et sûre que la neige de l'après-midi. Au village, il commençait la journée par des prières bouddhistes devant l'autel domestique et participait aux travaux agricoles dans les champs de pommes de terre et d'orge des hautes vallées du Khumbu.
Après-midi
En expédition, les après-midis étaient consacrés au transport des charges entre les camps d'altitude, à l'installation des tentes et à la vérification du matériel. De retour au Khumbu, Ang Tsering s'occupait de l'entretien des yaks, animaux de trait indispensables au transport des marchandises et au labour des champs dans ces vallées où les chevaux ne peuvent vivre.
Soir
Le soir en expédition, Sherpas et alpinistes européens se retrouvaient dans les tentes pour partager un repas chaud et planifier la journée suivante. Avant les étapes périlleuses, Ang Tsering récitait des prières bouddhistes et des mantras de protection. Au village, les soirées rassemblaient la famille autour du feu de bouse de yak séchée, seul combustible disponible à ces altitudes dépourvues d'arbres.
Alimentation
En altitude, Ang Tsering consommait les aliments fournis par les expéditions : chocolat, biscuits, conserves de viande, soupes en poudre et thé sucré. Dans sa vie quotidienne, son alimentation sherpa comprenait le tsampa (farine d'orge grillée mélangée au thé au beurre), le dal bhat (lentilles et riz), les pommes de terre bouillies et le thé au beurre de yak salé, boisson chaude et nourrissante indispensable dans ce milieu de haute altitude.
Vêtements
En expédition, Ang Tsering portait les équipements fournis par les organisations européennes : knickerbockers de laine, pull-over en laine épaisse, veste rembourrée, moufles doublées et chaussures de montagne renforcées. Dans sa vie quotidienne au Khumbu, il arborait la tenue sherpa traditionnelle : la chuba de laine à double épaisseur, les bottes de felt (feutre pressé) et le bonnet de laine vivement coloré tissé à la main.
Habitat
La maison sherpa traditionnelle est une robuste construction en pierre à deux niveaux. Le rez-de-chaussée sert d'étable en hiver pour protéger les yaks et les chèvres du froid extrême ; le premier étage abrite les pièces de vie, organisées autour d'un foyer central en argile avec une évacuation de fumée dans le toit. Les murs sont ornés de thangkas (peintures bouddhistes) et de niches abritant des statuettes et des offrandes. En expédition, Ang Tsering partageait les tentes d'altitude avec ses compagnons sherpas.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Participation à l'expédition allemande sur le Nanga Parbat
1934
Carrière de Sherpa professionnel sur plusieurs décennies
1920-1950
Transmission du savoir sherpa de haute altitude
1950-1980
Témoignage historique sur l'alpinisme de l'entre-deux-guerres
1970-2000






