Éric Tabarly est un navigateur et officier de marine français, figure majeure de la course au large. Vainqueur de la Transatlantique en solitaire en 1964 et 1976, il a révolutionné la conception des voiliers de course et inspiré toute une génération de skippers français.
Éric Tabarly(1931 — 1998)
Éric Tabarly
France
8 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 24 juillet 1931 à Nantes
- Remporte la Transatlantique en solitaire (OSTAR) en 1964 sur Pen Duick II, devenant un héros national
- Gagne une seconde fois la Transat anglaise en solitaire en 1976 sur Pen Duick VI
- Forme et inspire une génération de skippers (Alain Colas, Olivier de Kersauson, Marc Pajot)
- Disparaît en mer le 13 juin 1998, tombé de son voilier Pen Duick au large du pays de Galles
Œuvres & réalisations
Première grande victoire française dans une course océanique en solitaire. Elle fit de Tabarly un héros national et lança l'âge d'or de la course au large en France.
Série de voiliers qu'il conçut ou fit construire, chacun explorant une innovation : contreplaqué léger, multicoques en aluminium, grands ketches. Ils révolutionnèrent l'architecture des bateaux de course.
Exploit consistant à mener seul un voilier conçu pour un équipage nombreux. Cette nouvelle victoire confirma sa domination sur la course transatlantique en solitaire.
En battant un record vieux de 1905, Tabarly démontra le potentiel des foils, technologie qui équipe aujourd'hui les voiliers de course les plus rapides du monde.
Livre dans lequel Tabarly raconte sa traversée victorieuse. Un témoignage direct qui contribua à populariser la voile auprès du grand public français.
Recueil de souvenirs publié peu avant sa mort, où il livre sa vision de la mer, des bateaux et de la course, et transmet l'expérience d'une vie de navigateur.
Influence durable sur une génération de skippers (Colas, Kersauson, Pajot, Poupon). Beaucoup firent leurs armes à ses côtés avant de devenir des champions à leur tour.
Anecdotes
En 1964, Éric Tabarly est un officier de marine quasi inconnu lorsqu'il s'élance dans la Transatlantique anglaise en solitaire (OSTAR) sur Pen Duick II, un ketch qu'il a lui-même dessiné en contreplaqué. Son régulateur d'allure tombe en panne dès les premiers jours : il barre presque toute la traversée à la main. Il arrive le premier à Newport sans savoir qu'il a battu le favori britannique Francis Chichester, et découvre à son arrivée qu'il est devenu un héros national. Le général de Gaulle le fait chevalier de la Légion d'honneur.
Le nom « Pen Duick » signifie « mésange noire » en breton. Le tout premier Pen Duick était un cotre de 1898 dessiné par l'architecte écossais William Fife, racheté par le père d'Éric en 1938. La coque en bois étant pourrie, le jeune Tabarly la sauve dans les années 1950 en moulant une nouvelle coque en plastique sur l'ancienne. Ce voilier l'accompagnera toute sa vie.
En 1980, Tabarly bat le record de la traversée de l'Atlantique Nord à la voile sur le trimaran à foils Paul Ricard. Le record précédent, détenu par la goélette américaine Atlantic, datait de 1905 et tenait depuis soixante-quinze ans ! En misant sur les ailerons immergés (foils) qui font « voler » la coque, Tabarly se montre une fois encore en pionnier de la technique.
Tabarly a formé et inspiré toute une génération de skippers — Alain Colas, Olivier de Kersauson, Marc Pajot, Philippe Poupon — au point qu'on parle de « l'école Tabarly ». Homme rare en paroles, presque timide à terre, il fuyait la célébrité et préférait le silence du large aux honneurs. Sa discrétion et sa rigueur ont fait de lui une légende.
Dans la nuit du 12 au 13 juin 1998, Tabarly rejoignait l'Écosse à bord de son vieux Pen Duick, celui de 1898, pour un rassemblement de voiliers Fife. En pleine mer d'Irlande, par gros temps, il est frappé par la corne du mât lors d'une manœuvre de voile et tombe à la mer. Il disparaît à 66 ans, sur le bateau même que son père lui avait transmis. Son corps sera retrouvé un mois plus tard par des pêcheurs.
Sources primaires
Récit de première main de sa traversée victorieuse de 1964 : il y raconte la panne de son régulateur d'allure et les semaines passées à barrer seul, jour et nuit, son ketch Pen Duick II à travers l'Atlantique.
Dans ce livre de souvenirs publié peu avant sa mort, Tabarly revient sur sa passion de la mer, la saga des Pen Duick et sa conception exigeante de la course au large, loin des honneurs et de la médiatisation.
Tabarly y décrit la conception et les choix techniques audacieux de ses voiliers successifs, du cotre de 1898 restauré jusqu'au grand ketch Pen Duick VI mené en solitaire malgré une taille prévue pour un équipage.
Lieux clés
Ville natale de Tabarly, né le 24 juillet 1931. Grand port de l'estuaire de la Loire ouvert sur l'Atlantique.
Port breton emblématique de la course au large, étroitement associé à Tabarly et à ses Pen Duick. Haut lieu de la voile sportive française.
Région de l'École navale où Tabarly se forma comme officier de la Marine nationale et pilote de l'aéronavale.
Port de départ de la Transatlantique anglaise en solitaire (OSTAR), que Tabarly s'élança d'y disputer en 1964 et 1976.
Port d'arrivée de l'OSTAR, où Tabarly toucha le premier en 1964 et 1976, scellant ses deux victoires transatlantiques.
Zone où Tabarly tomba à la mer du Pen Duick dans la nuit du 12 au 13 juin 1998, alors qu'il faisait route vers un rassemblement de voiliers en Écosse.
Objets typiques

Le voilier de toute une vie, hérité de son père et restauré de ses propres mains. Tabarly y était si attaché qu'il trouva la mort à son bord en 1998.

Ketch en contreplaqué qu'il conçut pour la course en solitaire et avec lequel il remporta l'OSTAR en 1964. Sa légèreté annonçait une nouvelle génération de voiliers de course.

Multicoque équipé d'ailerons immergés (foils) faisant voler la coque, avec lequel il battit le record de l'Atlantique en 1980. Une intuition technique en avance de plusieurs décennies.

Dispositif mécanique qui maintient le cap du bateau à la place du barreur. Sa panne lors de la transat de 1964 obligea Tabarly à barrer à la main pendant presque toute la traversée.

Instrument permettant de mesurer la hauteur des astres pour faire le point en mer. Avant le GPS, c'était l'outil indispensable du navigateur solitaire pour se situer sur l'océan.

Veste et pantalon imperméables, souvent jaunes, protégeant des embruns et du froid. Vêtement de travail permanent de Tabarly lors des longues navigations par tous les temps.

Tabarly fit toute sa carrière comme officier de marine et pilote de l'aéronavale. La Marine lui accorda des congés pour courir et l'aida à financer ses Pen Duick.

Carnet où le navigateur consigne cap, météo, position et incidents. Les journaux de Tabarly ont nourri ses livres et documentent ses traversées.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Lors d'une course en solitaire, Tabarly ne dormait que par tranches de quelques minutes : au réveil, il vérifiait aussitôt le cap, le réglage des voiles et la position du bateau. Il faisait le point au sextant quand le ciel le permettait, puis avalait rapidement un repas sommaire avant de reprendre la barre.
Après-midi
L'après-midi se passait en manœuvres incessantes : changer de voile selon le vent, réparer ce qui cassait, écoper, lutter contre l'usure et la fatigue. Tabarly, méticuleux, surveillait chaque détail de son gréement, car en solitaire la moindre avarie pouvait tout compromettre.
Soir
Le soir venu, la navigation devenait plus rude : veilles de nuit pour éviter les collisions, froid, embruns et solitude face aux éléments. Tabarly affrontait l'obscurité avec un sang-froid légendaire, somnolant à peine pour rester maître de son bateau.
Alimentation
À bord, il se contentait de conserves, de plats lyophilisés, de biscuits et de café, avec une eau douce strictement rationnée. Loin de tout confort, l'essentiel était de tenir des semaines sur des vivres légers et faciles à conserver.
Vêtements
En mer, Tabarly vivait en ciré jaune, bottes et pulls de laine pour résister au froid et aux paquets de mer. À terre et en service, il portait l'uniforme d'officier de la Marine nationale, mais détestait l'apparat et préférait toujours une tenue simple.
Habitat
En course, son « logement » se réduisait à une cabine exiguë et humide, encombrée de cartes, de cordages et de matériel. À terre, fidèle à son tempérament discret, il menait une vie modeste, attaché à la Bretagne et à ses ports de la côte atlantique.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Victoire à la Transat anglaise en solitaire (OSTAR) sur Pen Duick II
1964
La saga des Pen Duick (Pen Duick à VI)
1958-1976
Seconde victoire à l'OSTAR sur Pen Duick VI
1976
Record de l'Atlantique sur le trimaran à foils Paul Ricard
1980
Victoire en solitaire : Atlantique 1964
1964
Mémoires du large
1997
« L'école Tabarly »
1964-1998





