Anne Royall est une écrivaine et journaliste américaine, considérée comme l'une des premières femmes reporters professionnelles aux États-Unis. Autrice de récits de voyage, elle fonda des journaux dénonçant la corruption et défendant la séparation de l'Église et de l'État.
Anne Royall(1769 — 1854)
Anne Royall
États-Unis
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Naît en 1769 dans le Maryland (colonies britanniques d'Amérique)
- Publie en 1826 son premier récit de voyage, 'Sketches of History, Life, and Manners in the United States'
- Fonde en 1831 à Washington le journal 'Paul Pry', puis 'The Huntress' en 1836
- Jugée en 1829 comme 'common scold' (femme querelleuse), un procès resté célèbre
- Meurt en 1854 à Washington dans une grande pauvreté
Œuvres & réalisations
Premier livre d'Anne Royall, récit de voyage qui la révèle comme observatrice acérée de la société américaine et la lance dans la carrière littéraire.
Roman d'aventures, seule œuvre de fiction d'Anne Royall, témoignant de sa volonté de vivre de sa plume.
Série en trois volumes mêlant récits de voyage et attaques contre la corruption et l'influence du clergé, qui lui valut de solides inimitiés.
Volumes de voyages décrivant la Pennsylvanie et le Sud, précieux témoignages sur la vie quotidienne et les villes de la jeune République.
Lettres décrivant la frontière de l'Alabama, source historique sur la colonisation du Sud au début du XIXe siècle.
Hebdomadaire fondé et rédigé par Anne Royall pour dénoncer la corruption des fonctionnaires et défendre la séparation de l'Église et de l'État.
Second journal d'Anne Royall, qu'elle dirigea jusqu'à sa mort à 85 ans, faisant d'elle l'une des premières femmes éditrices de presse aux États-Unis.
Anecdotes
En 1829, Anne Royall fut traînée devant un tribunal de Washington et reconnue coupable d'être une « common scold », une mégère querelleuse, l'une des dernières condamnations de ce genre dans l'histoire américaine. On envisagea de la plonger dans le Potomac attachée à une chaise (le « ducking stool »), mais le juge la condamna finalement à une amende, payée par deux journalistes venus la soutenir.
Devenue veuve, Anne Royall crut hériter de la fortune de son mari, mais la famille de celui-ci contesta le testament pendant des années. Ruinée et âgée de plus de cinquante ans, elle se mit à voyager et à écrire des récits de voyage pour survivre : c'est la pauvreté qui fit d'elle une écrivaine professionnelle.
Une légende tenace raconte qu'elle aurait interviewé le président John Quincy Adams en s'asseyant sur ses vêtements pendant qu'il se baignait nu dans le Potomac, refusant de les rendre tant qu'il n'aurait pas répondu. L'histoire est presque certainement apocryphe, mais elle illustre la réputation d'audace de celle que beaucoup considèrent comme la première femme reporter des États-Unis.
À plus de soixante ans, elle lança et dirigea seule deux journaux successifs, « Paul Pry » puis « The Huntress », depuis Washington. Elle y dénonçait sans relâche la corruption des fonctionnaires et défendait farouchement la séparation de l'Église et de l'État, s'attirant de nombreux ennemis parmi les mouvements évangéliques de son temps.
Anne Royall avait pour habitude de se rendre directement au Capitole et dans les bureaux du gouvernement pour interroger sénateurs et ministres, sans rendez-vous. Son franc-parler la rendit redoutée : on disait que les hommes politiques s'abonnaient à son journal autant par crainte d'y être épinglés que par intérêt.
Sources primaires
Récit de ses voyages à travers les jeunes États-Unis, mêlant descriptions des villes, portraits de personnalités et observations sociales mordantes sur la société américaine des années 1820.
Recueil en plusieurs volumes où elle poursuit ses chroniques de voyage et attaque nommément la corruption, l'hypocrisie religieuse et les missionnaires qu'elle accuse de menacer la liberté républicaine.
Lettres décrivant la vie sur la frontière de l'Alabama, les paysages, les colons et les mœurs du Sud au début du XIXe siècle.
Hebdomadaire fondé et rédigé par Anne Royall à Washington, consacré à la dénonciation de la corruption des fonctionnaires et à la défense de la séparation de l'Église et de l'État.
Second journal d'Anne Royall, qu'elle dirigea jusqu'à sa mort, poursuivant son combat contre la corruption et pour les libertés civiles.
Lieux clés
Région de naissance d'Anne Newport en 1769, dans une famille modeste avant son départ vers la frontière de Pennsylvanie.
Domaine de William Royall où la jeune Anne fut d'abord servante puis épouse, et au sujet duquel éclata la bataille d'héritage qui la ruina.
Ville de la frontière du Sud où Anne Royall séjourna et qui inspira ses Letters from Alabama.
Capitale où elle s'installa, publia Paul Pry et The Huntress, fut jugée comme « common scold » et mourut en 1854.
Siège du Congrès qu'Anne Royall arpentait pour interroger sénateurs et représentants, en pionnière du journalisme politique.
Objets typiques

Machine en bois et fonte permettant d'imprimer feuille par feuille. C'est l'outil qui rendait possibles les journaux indépendants comme Paul Pry et The Huntress.

Instruments d'écriture courants au début du XIXe siècle. Anne Royall les utilisait pour rédiger ses récits de voyage et ses articles.

Grand coffre de bois et cuir transporté en diligence. Il contenait les affaires d'Anne Royall durant ses longues tournées d'écriture à travers le pays.
📷 Domaine public · Wikimedia Commons ↗
Feuille hebdomadaire vendue par abonnement, contenant articles, opinions et dénonciations. Paul Pry et The Huntress étaient les armes d'Anne Royall contre la corruption.

Voiture tirée par des chevaux qui assurait le transport des voyageurs sur les mauvaises routes de la jeune République. Anne Royall y parcourut des milliers de kilomètres.
📷 CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons ↗
Carnet où étaient inscrits les souscripteurs du journal. Les abonnements payés d'avance étaient la principale ressource d'un éditeur indépendant comme Anne Royall.
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Vie quotidienne
Matin
Installée dans son logement de Washington, Anne Royall commençait sa journée en lisant les journaux concurrents et le courrier de ses abonnés. Elle rédigeait ensuite ses articles à la plume, traquant les scandales à dénoncer.
Après-midi
L'après-midi, elle se rendait souvent au Capitole ou dans les ministères pour interroger directement les hommes politiques, sans rendez-vous. Elle recueillait informations et confidences qui nourriraient son prochain numéro.
Soir
Le soir, elle corrigeait les épreuves de son journal et préparait son impression avec ses aides. Âgée et pauvre, elle vivait sobrement, entourée de papiers et de livres.
Alimentation
Son alimentation était frugale, à la mesure de ses maigres revenus : pain, légumes, un peu de viande ou de poisson quand elle le pouvait. Le thé et le café faisaient partie des boissons courantes de l'époque.
Vêtements
Elle portait des robes simples et sombres typiques d'une femme âgée du début du XIXe siècle, souvent usées par la pauvreté, avec un bonnet ou une coiffe. Son apparence modeste contrastait avec sa réputation redoutable.
Habitat
Dans ses dernières années, elle vivait dans un modeste logement de Washington, qui servait aussi de bureau pour son journal. Le mobilier était sommaire et l'espace encombré de papiers et de matériel d'impression.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Sketches of History, Life, and Manners in the United States
1826
The Tennessean
1827
The Black Book; or, A Continuation of Travels in the United States
1828-1829
Mrs. Royall's Pennsylvania / Southern Tour
1829-1831
Letters from Alabama
1830
Paul Pry (journal)
1831-1836
The Huntress (journal)
1836-1854






