Antiochos III(241 av. J.-C. — 186 av. J.-C.)

Antiochos III

royaume séleucide

7 min de lecture

PolitiqueMilitaireAntiquitéPériode hellénistique, époque des royaumes issus du partage de l'empire d'Alexandre et de la montée en puissance de Rome (IIIe-IIe siècle av. J.-C.).

Antiochos III dit le Grand fut un roi séleucide qui régna de 223 à 187 av. J.-C. Il restaura l'empire séleucide par de vastes campagnes vers l'Orient, mais fut vaincu par Rome, ce qui marqua l'avènement de la puissance romaine en Méditerranée orientale.

Questions fréquentes

Antiochos III (241-187 av. J.-C.) est un roi séleucide qui a régné de 223 à 187 av. J.-C. Ce qui lui vaut le surnom de « le Grand », c’est sa grande expédition vers l’Orient entre 212 et 205 av. J.-C. : il a restauré l’autorité séleucide de la Médie jusqu’aux confins de l’Inde, concluant même un accord avec le roi indien Sophagasenos pour obtenir des éléphants de guerre. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il a redonné à l’empire séleucide l’ampleur qu’il avait sous Séleucos Ier, avant que Rome ne vienne briser son élan.

Faits marquants

  • Monte sur le trône séleucide en 223 av. J.-C.
  • Mène l'« anabase » (212-205 av. J.-C.), grande expédition vers l'Orient qui lui vaut le titre de « Grand »
  • Accueille Hannibal à sa cour après sa fuite de Carthage
  • Vaincu par les Romains aux Thermopyles en 191 av. J.-C., puis à Magnésie du Sipyle en 190 av. J.-C.
  • Signe le traité d'Apamée en 188 av. J.-C., cédant l'Asie Mineure ; meurt en 187 av. J.-C.

Œuvres & réalisations

Grande anabase orientale (212-205 av. J.-C.)

Vaste campagne militaire qui restaura l'autorité séleucide de la Médie jusqu'aux confins de l'Inde, valant à Antiochos le surnom de « le Grand ».

Conquête de la Cœlé-Syrie (Ve guerre de Syrie) (202-200 av. J.-C.)

Annexion de la Cœlé-Syrie et de la Palestine au détriment de l'Égypte lagide, consacrée par la victoire de Panion en 200 av. J.-C.

Réorganisation administrative de l'empire (vers 220-205 av. J.-C.)

Réforme du gouvernement séleucide avec la nomination de vice-rois et le renforcement du culte royal pour unifier un territoire immense.

Restauration de l'autorité en Asie Mineure (vers 216-213 av. J.-C.)

Répression de la révolte du gouverneur Achaïos, assiégé et capturé à Sardes, qui rétablit le contrôle séleucide sur l'Anatolie.

Expansion en Thrace et en Europe (196 av. J.-C.)

Passage en Thrace et refondation de Lysimacheia, geste d'ambition européenne qui provoqua l'inquiétude et l'hostilité de Rome.

Politique monétaire à grande échelle (223-187 av. J.-C.)

Frappe massive de tétradrachmes d'argent à son effigie dans de nombreux ateliers, diffusant son image et finançant ses armées.

Anecdotes

Pour conclure la paix avec le roi indien Sophagasenos vers 206 av. J.-C., Antiochos III obtint des éléphants de guerre supplémentaires, ramenant ainsi sa cavalerie d'éléphants à environ 150 bêtes. Cette grande expédition vers l'Orient, qui le mena jusqu'aux confins de l'Inde, lui valut le surnom prestigieux de « Mégas », le Grand.

En 209 av. J.-C., devant la cité rebelle de Bactres, Antiochos remporta une bataille contre le roi gréco-bactrien Euthydème, mais fut blessé à la bouche et perdit plusieurs dents lors d'un combat de cavalerie. Malgré sa victoire, il reconnut la royauté d'Euthydème plutôt que de s'enliser dans un siège interminable.

Après sa défaite face à Rome, Antiochos accueillit à sa cour le célèbre général carthaginois Hannibal, ennemi juré des Romains, qui devint son conseiller militaire. La légende rapporte qu'Hannibal, voyant la grande armée bigarrée du roi, lança une remarque ironique : tout cet or et ce luxe suffiraient « aux Romains », c'est-à-dire qu'ils en feraient un riche butin.

À la bataille de Magnésie en 190 av. J.-C., l'immense armée d'Antiochos, forte de dizaines de milliers d'hommes et de chars à faux, fut écrasée par les légions romaines de Scipion bien moins nombreuses. Ses propres chars à faux, paniqués par les flèches, se retournèrent contre ses propres troupes et semèrent le désordre.

Antiochos III mourut en 187 av. J.-C. d'une manière humiliante pour un grand roi : à court d'argent pour payer le lourd tribut imposé par Rome, il tenta de piller le temple de Bêl à Élymaïde, en Perse. Les habitants, furieux de ce sacrilège, l'attaquèrent et le tuèrent, lui et son escorte.

Sources primaires

Polybe, Histoires, Livre XI (siège de Bactres et accord avec Euthydème) (IIe siècle av. J.-C.)
Euthydème fit valoir qu'il n'était pas juste de le priver de son royaume, car lui-même ne s'était pas révolté contre le roi, mais avait au contraire détruit les descendants d'autres rebelles. Antiochos, persuadé par ces raisons, accepta de conclure un accord et de lui reconnaître le titre royal.
Tite-Live, Histoire romaine, Livre XXXVII (bataille de Magnésie) (fin du Ier siècle av. J.-C.)
Les chars à faux, qu'Antiochos avait placés en avant, loin de causer du tort à l'ennemi, jetèrent le trouble dans ses propres rangs, car les chevaux effrayés par les traits se précipitèrent sans frein contre ses propres troupes.
Polybe, Histoires, Livre XXI (paix d'Apamée) (IIe siècle av. J.-C.)
Antiochos devra évacuer toutes les villes et les territoires situés en deçà du Taurus, payer quinze mille talents euboïques d'argent et livrer ses éléphants et ses navires de guerre.
Tite-Live, Histoire romaine, Livre XXXV (Hannibal à la cour d'Antiochos) (fin du Ier siècle av. J.-C.)
Hannibal, voyant l'armée du roi resplendissante d'or et d'argent, et interrogé par Antiochos s'il pensait que tout cela suffirait contre les Romains, répondit qu'il le croyait bien suffisant pour les Romains, si avides fussent-ils.

Lieux clés

Antioche sur l'Oronte

Capitale occidentale de l'empire séleucide, fondée par Séleucos Ier, centre du pouvoir d'Antiochos III. Une des plus grandes cités du monde hellénistique.

Bactres (Balkh)

Capitale du royaume gréco-bactrien, qu'Antiochos assiégea avant de reconnaître la royauté d'Euthydème vers 206 av. J.-C. Étape majeure de sa grande expédition orientale.

Raphia

Ville de Gaza où Antiochos subit en 217 av. J.-C. une lourde défaite face à Ptolémée IV d'Égypte. La bataille opposa des dizaines de milliers d'hommes et des éléphants.

Magnésie du Sipyle

Plaine d'Asie Mineure où l'armée séleucide fut anéantie par les légions romaines en 190 av. J.-C. Cette défaite scella la fin de l'expansion d'Antiochos.

Thermopyles

Défilé de Grèce centrale où Antiochos fut battu par les Romains en 191 av. J.-C., ce qui l'obligea à abandonner la Grèce. Lieu mythique de l'antique résistance grecque.

Élymaïde (Susiane)

Région de Perse où Antiochos III fut tué en 187 av. J.-C. en tentant de piller un temple pour payer le tribut dû à Rome. Lieu de sa mort violente.

Voir aussi